Critiques Festivals IFFR 2021

[IFFR 2021] Dead & Beautiful : Nerfs à crocs

De jeunes gens beaux et riches qui se baladent dans les rues animées chinoises en pleine nuit avec un masque recouvrant leur bouche et leur nez. Serait-ce un film sur notre crise sanitaire ? Absolument pas mais le hasard fait que Dead & Beautiful arrive cette année en pleine pandémie. Un film de vampires plutôt inhabituel mais assez séduisant.

Lulu, Mason, Alex, Anastasia et Bin-Ray sont cinq amis aux fortunes colossales et qui, comme tous les gosses de riche, se permettent les plus grandes folies : voitures de luxe, vêtements haute-couture et soirées privées où le champagne coule à flot. Chaque semaine, chacun d’entre eux propose une nouvelle expérience à ses camarades histoire de pimenter un petit peu leurs vies qui se résument à dilapider leur argent. Sauf que cette fois l’expérience va beaucoup trop loin et le groupe d’amis se réveille avec… des canines de vampire. Mauvais trip ou véritable transformation ? Ce nouveau statut pousse chacun à expérimenter à outrance pour voir jusqu’où ces âmes mortes peuvent aller pour ressentir ne serait-ce qu’un petit quelque chose.

Projet porté par David Verbeek depuis bien longtemps, c’est après une flopée d’obstacles que son film réussit à voir le jour… – enfin, la nuit, les vampires, l’humour, tout ça-. Une histoire de vampires chinois n’est pas un sujet très répandu (ce qui a valu au réalisateur bon nombre de problèmes avec le gouvernement, frileux de cette représentation), et attise la curiosité. Le film débarque à fond la caisse avec sa musique pop électro, ses néons fluos et cette tendance à l’extravagance dans tout ce qu’il entreprend.

Après une simple soirée de spiritisme bizarre, voilà nos jeunes transformés en vampire. C’est à ce moment que les personnalités se dévoilent et que chacun prend un chemin différent. Mason est beaucoup plus pragmatique et refuse de faire des victimes tandis qu’Anastasia se sert de son influence sur les réseaux sociaux pour y lancer une tendance et Alexander sombre petit à petit dans une folie destructrice. Au milieu de tout ça, Lulu semble être un peu le pilier de cette histoire, elle qui ne sait quoi faire et qui voit ses amis sombrer un à un d’une manière différente.

Pas besoin de devenir un vampire pour être mort. Car il s’agit bien de ça, de cette jeunesse dorée qui se croit intouchable, qui possède tout sans pour autant ressentir quoi que ce soit et qui a besoin de pousser le curseur toujours plus loin pour se sentir vivant. On se rend également compte que cette prétendue amitié qui les lie peut être réduite à néant en un claquement de doigt. Ces cinq ami·e·s ne sont au final que des gosses de riches, aux caprices de riches et aux réactions de riches. On regrette peut-être que cette idée n’ait pas été plus poussée même si l’emballage est nickel entre le charisme et la sensualité de son casting, sa photographie soignée et sa jolie mise-en-scène.

Dead & Beautiful est bourré de bonnes intentions et même s’il est techniquement excellent, il manque d’un peu de profondeur pour souligner ce trip de gosses de riches égocentriques qui a de quoi séduire.

Dead & Beautiful de David Verbeek. Avec Gijs Blom, Yen Tsao, Aviis Zhong… 1h30

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