Critiques Festivals IFFR 2021

[IFFR 2021] Sexual Drive : Gourmand et excitant

C’est le pape François qui l’a dit, le plaisir – qu’il soit culinaire ou sexuel – est simplement divin. Il semblerait que cette affirmation ne soit pas tombée dans l’oreille d’un sourd, en l’occurence ici Yoshida Kota. Il faut dire aussi que la nourriture a toujours été propice aux suggestions sexuelles donc pourquoi se priver ? C’est un peu comme si Rocco Sifredi devenait la voix-off de Top chef (ça tombe bien le programme revient la semaine prochaine, d’ailleurs !).

Que peut-il y avoir en commun entre des haricots de soja fermentés, un cunnilingus, du Mapo Tofu, les pratiques BDSM, un bol de ramen et une femme qui mouille ? Le film Sexual Drive et surtout un mystérieux homme prénommé Kurita présent dans les trois saynètes du film avec sa boîte de marrons sous le bras tel Sacha et son fidèle Pikachu sur l’épaule. Ce drôle de triptyque dépeint trois relations de couple mais aussi – et avant tout – de sexualité. Mais comment faire un film érotique sans montrer une once d’image à caractère sexuelle ? Tout faire passer par la nourriture, pardi !

Dans la première scène titrée « Nattō », Kurika se rend chez un jeune homme qui le soupçonne d’être l’amant de sa femme. Il reconnait volontiers cette liaison allant même jusqu’à en dévoiler les moindres détails et comment cette relation a débuté (spoiler alert : avec un cathéter urinaire – madame est infirmière évidemment -). Cette dernière s’est entichée de cette relation car son couple bat de l’aile et ils n’ont pas fait l’amour depuis trois ans. Son mari et son air gringalet totalement naïf ne fait pas forcément rêver et le voilà totalement décontenancé lorsque Kurika se met à lécher un emballage de haricots de soja fermentés en comparant la texture et l’odeur à une certaine partie intime de sa dulcinée.

La seconde histoire « Mapo Tofu » se déroule auprès d’une jeune femme qui s’avère être l’ancien bourreau de Kurika au lycée. Toutes ses intimidations et agressions physiques n’ont pas eu l’effet escompté puisqu’il a depuis développé un certain attrait pour le sexe un peu violent… au point d’aimer se faire rouler dessus, au sens propre du terme. Tandis qu’Akane se re-découvre par la suite ce penchant sadomasochiste en préparant un Mapo Tofu (une sorte de tofu très épicé), de quoi faire grimper la température autant chez elle que chez son compagnon l’observant bouche grande ouverte.

Quant à notre troisième saynète « Ramen with extra back fat« , elle suit une histoire d’adultère. Ikeyama fréquente secrètement Momoka mais il est marié et les sorties avec sa belle amante se font de plus en plus rare. Désemparée d’être délaissée, elle atterrit dans un restaurant de ramen et là c’est la révélation, l’extase, l’orgasme autant culinaire que sexuel. Être entourée de tous ces hommes engloutissant leur ramen de manière quasiment bestiale rend Momoka toute chose qui n’a désormais qu’une seule envie… coucher avec le premier venu et évidemment… ce sera notre cher Kurika ! Ce dernier n’hésite pas par la suite à appeler Ikeyama pour lui décrire soigneusement tout ce qu’a pu ressentir sa bien aimée lorsqu’elle a dégusté son ramen pour le rendre fou de rage.

Ces histoires peuvent sembler anodines et poussées à l’extrême dans leur représentation hyper sexualisée mais à travers ce drôle de personnage qu’est Kurika, ce sont trois couples qui ne se comprenaient plus et qui se rabibochent (sur l’oreiller ou toute autre surface). Le cocu de la première histoire comprend enfin ce qui plaît à sa femme, Akane assume enfin ses petits plaisirs sadomasochistes et Ikeyama comprend qu’il aime Momoka bien plus que de raison et l’imaginer avec quelqu’un d’autre le rend malade. Kurika, c’est un petit peu le Jiminy Cricket du cul. D’ailleurs est-il vraiment réel ? Certaines scènes pourraient laisser penser que ce n’est que le fruit d’une imagination.

Le réalisateur se complait évidemment à filmer la nourriture de manière sensuelle, entre les filaments gluants des haricots, la sauce rouge en train de bouillir dans la casserole ou les ramens remplis à ras bord de pâtes onctueuses et sauces mouillant allègrement les lèvres dès qu’on y goûte. Sexual Drive c’était le film le plus inattendu de la sélection, clairement pas le plus déplaisant et certainement le plus drôle !

Sexual Drive de Yoshida Kota. Avec Serizawa Tateto, Hashimoto Manami, Ikeda Ryo, Sato Honami… 1h10

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