Festivals

40ème édition du festival Anima : Petits écrans, Grands talents

Nous l’écrivons dans notre article sur les cinq coups de cœur dans les courts-métrages d’Anima : bien que le festival d’animation bruxellois ait subi de plein fouet les revers de la situation sanitaire actuelle, cela ne l’a pas empêché de nous offrir une année riche. La sélection a beau avoir dû transiter sur petits écran (passage par une plateforme online oblige), elle n’en a pas moins de grandes qualités. L’interface assez simple et les prix abordables ont permis de se faire quelques découvertes, bien que l’on regrette que certains titres ne soient pas disponibles (Wolfwalkers) ou un peu tardivement (On-Gaku : Our sound , prix du meilleur long-métrage).

Nous sommes revenus sur quelques titres dans le domaine du court, passons maintenant au format long avec des titres marqués par un certain aspect cru. On pense ainsi à  Motel Rose, que l’auteur de ces lignes a eu l’excellente idée de découvrir au matin en déjeunant. Profitant d’une animation un peu plus marquée dans les mouvements, le film d’Eun-a Yeo traite de prostitution étudiante et d’une quête d’identité qui ne peut aboutir que par la violence. On se demande d’ailleurs ce qu’un Darren Aronofsky en aurait tiré en version live tant l’ironie du propos mercantile enfermant la féminité dans des carcans destructeurs et la confrontation à une double identité jusqu’à l’obsession auraient convenu à son cinéma. Clairement, le film a de quoi retourner l’estomac, ce qui ne convient pas avec une tartine au chocolat en bouche. Séance douloureuse donc pour un titre qui en vaut néanmoins la peine.

Autre quête de la perfection féminine avec Beauty Water, où l’usage d’une eau aux vertus amincissantes va jusqu’à une violence assez grandiloquente, voire un final au body horror que l’on qualifiera simplement de bizarre. Sûr que David Cronenberg se serait délecté d’un tel concept qui tourne ici par moments dans le vide mais parvient dans ses instants les plus réussis à faire preuve d’un cynisme acide, jusqu’à une conclusion qui laisse un certain état de surprise. À voir de votre côté si la proposition de Kyung-hun Cho vous laisse un goût amer ou une certaine satisfaction.

On reste en Asie avec 7 Days War , récit de rébellion adolescente qui se répercute à un niveau national. Le résultat est extrêmement plaisant et parvient à se détourner des carcans attendus dans sa tournure romantique pour offrir quelque chose de rafraîchissant et faisant du bien, surtout au vu du drame intime du film chinois Up We Soar. Long d’à peine 50 minutes, ce dernier trouve néanmoins le moyen de se rendre impactant en faisant résonner la violence d’un régime avec un amour maternel marqué par la séparation.

Si on a moins été marqué par Kill It And Leave This Town et The Nose Or The Conspiracy Of The Mavericks malgré leur technique réussie, d’autres titres ont su nous charmer, comme le suédois Topp 3. Courte (44 minutes) romance assez colorée, le film de Sofie Edvardsson confronte son couple à leurs envies respectives, permettant de se questionner sur ce que l’on est prêt à abandonner par amour tout en étant assez léger et extrêmement mignon. On aurait voulu user de ce dernier terme pour My Favorite War  au vu de son animation, mais ce serait nier son traitement d’une autre conséquence d’affrontement et de réflexions politiques par le biais d’une jeune fille devenue adulte, confrontant ainsi son regard avec un drame qui frappe.

Nous avons certes passé Josep et  Lupin III : The First (faut-il rappeler que ce sont des réussites ?) mais ces ajouts confirment la sélection qualitative de cette édition online d’Anima. On espère déjà revenir l’année prochaine, en croisant les doigts pour que l’on puisse retrouver le confort de la salle et y découvrir de nouveaux trésors dans le domaine de l’animation.

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