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[FESTIVAL QUEERSCREEN] 7 Minutes : Oeil bienveillant

Assez connu dans la sphère LGBTQ+, Ricky Mastro reste pour nous une découverte avec un premier long-métrage qui a fait l’ouverture du festival il y a quelques jours. Après quelques courts qui s’intéressaient principalement au regard porté par les parents sur l’homosexualité de leur enfant, il décide de transposer cette idée sur grand écran avec 7 Minutes.

Dans un hôtel à Toulouse, les corps sans vie de Maxime et Kévin sont retrouvés, tous les deux victimes d’une overdose de GHB. Le père de Maxime, totalement dévasté par cette perte, découvre que son fils était un habitué du club BISOU. Sans dévoiler ses motivations, il y fait la connaissance de Fabien et se plonge à corps perdu dans l’univers de son fils pour mieux le comprendre et faire son deuil alors qu’il se rapproche dangereusement de Fabien.

S’il y a bien une constante dans les films qui traitent de l’identité sexuelle c’est celle du regard des parents. Il est bien rare de trouver des parents au regard compréhensif, d’autant plus lorsque ces derniers découvrent que leur enfant se droguait également. Pourtant point de jugement chez Jean, 55 ans, policier. Dans l’impossibilité de reprendre de suite le travail comme l’impose sa cheffe, Jean découvre le club BISOU réservé aux hommes où son fils avait ses habitudes et était très apprécié. Vivant actuellement dans une sorte de flottement alors que son deuil n’est pas fait, Jean se lance à la découverte de ce club, de ses frivolités, son ambiance survoltée et ses personnages hauts en couleur.

7 minutes

D’une durée assez courte (1h18), 7 Minutes n’arrive jamais à déployer totalement son idée de base pourtant excellente. Que c’est rassurant et bienveillant de voir un parent se plonger dans l’univers de son enfant sans aucun préjugé et avec une ouverture d’esprit assez impressionnante ! Cependant, tout semble très survolé, que ce soit les nuits de folie au club, ce jeune Fabien aussi sûr de lui qu’il a l’air perdu à l’intérieur ou même Jean qui noie sa tristesse dans ce club en omettant justement le fait qu’il soit le père de Maxime. On se retrouve à suivre des personnages qui errent sans but jusqu’à un final tout aussi expédié alors qu’il aurait pu créer un impact émotionnel beaucoup plus fort par la relation entretenue entre Jean et Fabien. Tout comme son fond, la forme pêche également avec une image pas toujours travaillée et une mise-en-scène bien peu inspirée – alors qu’il y avait matière à proposer quelque chose dans ce club où s’entremêlent sexe, danse lascives et fêtes excessives -.

On ne peut décemment pas enlever le regard sans jugement et bienveillant porté sur la communauté par 7 Minutes mais on regrette cependant un manque d’engagement total dans le propos. Reste une figure paternelle qui fait du bien à voir en ces temps toujours aussi troubles.

7 Minutes de Ricky Mastro. Avec Antoine Herbez, Yohan Lévy, Paul Arvenne… 1h18

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