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Justice League Snyder’s Cut : Vision héroïque

S’il y a bien un film qu’on attendait depuis des mois – même des années pour certain·e·s – c’est le Justice League de Zack Snyder. On se souvient encore du torrent de critiques qu’avait reçu celui réalisé par Joss Whedon qui avait pris la tête du projet après que Snyder se soit retiré à cause du décès de sa fille. Une oeuvre bien pâle et désincarnée qui a laissé un goût amer à ses fans qui réclament depuis le film de Zack Snyder. Après moult péripéties, c’est finalement en 2021 que sa vision de cette Justice League voit le jour.

L’histoire est la même que la version de 2017. Superman est décédé sous les yeux de Wonder Woman et Batman. Ce dernier culpabilise et exauce un de ses vœux, celui de s’unir et de rassembler des hommes et femmes aux pouvoirs extraordinaires pour protéger la Terre. Ça tombe bien car une menace gronde, Steppenwolf compte récupérer les boîtes mères afin de re-façonner le monde à sa façon (à comprendre : détruire toute vie humaine, évidemment) et réveiller le terrible Darkseid (le Thanos de DC, si vous préférez). C’est ainsi que Batman, Wonder Woman, Flash, Cyborg et Aquaman s’allient pour contrer le mal, aidés par la suite par Superman qui reviendra d’entre les morts pour botter du cul.

Il y a bien une question légitime qu’on peut se poser lorsqu’on regarde la Snyder Cut : aurions-nous eu le même avis si le tâcheron de 2017 n’était pas sorti ? Probablement pas. Peut-être aurions-nous été moins conciliant. On ne le saura jamais. Mais s’il y a bien quelque chose qu’on ne pourra jamais lui enlever c’est sa patte unique. On le sait, Zack Snyder c’est avant tout une vision et un univers souvent très sombres. C’est d’ailleurs ce qui avait largement gêné la Warner à l’époque de Batman V Superman et au début du tournage de Justice League. Dans un univers cinématographique où Marvel a déjà pris le lead sur le film de super-héro·ïne·s qui se la joue en partie comédie là, le DCEU avait une carte à jouer dans le film de super-héro·ïne·s plus sombre, au lieu de tenter de s’aligner sur les sillons de la firme concurrente. C’est chose plus ou moins rétablie avec la Snyder’s Cut. On retrouve quelques plans du film original et de ce qu’on avait pu voir dans les premières bandes-annonces de l’époque. C’est une photographie beaucoup plus sombre, plus travaillée. Des couleurs ternes à l’image d’une planète qui a perdu sa figure de proue, une société encore en deuil et des super-héros qui perdent de leur superbe. Car oui, Justice League c’est avant tout des héro·ïne·s en proie aux doutes, à ce qu’iels sont et leur place dans la société.

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Autre exploit de la part du réalisateur, réussir à nous faire digérer un film long de quatre heures. Découpé en plusieurs chapitres, le film offre enfin la belle part aux deux lésés de 2017, à savoir Flash et Cyborg. L’occasion également de (re)voir certains personnages, que ce soit celleux de l’univers d’Aquaman – ce qui permet de cerner un peu mieux le personnage et sa non-envie de diriger les océans – ou d’offrir de nouvelles scènes à Loïs Lane ou encore Martha. Flash a de son côté une présentation en bonne et due forme qui nous montre toute l’étendue de son talent mais également sa relation compliquée avec son père. D’un autre côté on revient sur les origines et la création de Cyborg. Un personnage-clé dans le film, qui occupe quasiment la place centrale et qui permet d’inscrire définitivement le film dans cette envie de dépeindre de toutes les manières possibles le lien filial (ce n’est pas pour rien que Zack Snyder dédie le film à sa fille).

On ne peut cependant pas se leurrer, la Snyder’s Cut est loin d’être parfaite. L’excès de CGI peut donner le mal de crâne, la bande originale flirte parfois un peu trop avec le kitsch (le budget choral et violon a explosé) et la renaissance de superman toujours aussi bâclée malgré une très jolie mise en scène et une remise en question constante qui offre une dualité intéressante. Et même si le méchant a vraiment plus de gueule qu’auparavant, on en attendait encore plus quitte à flirter avec le drame et cette épée de Damoclès sur l’équipe qui, malgré l’union qui fait la force, se retrouve avec un adversaire redoutable.

Zack Snyder a brisé tous nos rêves en nous annonçant qu’il n’y aurait pas d’autres films dans sa timeline mais réjouissons-nous d’avoir eu ce Justice League. Un film héroïque et généreux loin d’être parfait mais qui transpire d’intelligence et surtout d’implication. Et au final c’est peut-être tout ce qu’on demandait.

Justice League Snyder’s Cut de Zack Snyder. Avec Ben Affleck, Gal Gadot, Henry Cavill… 4h02
Sortie le 18 mars

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