Critiques

[FIFF 2021] A thief’s daughter : Wonder Woman

À l’heure où l’on continue encore à discuter de la place des femmes dans l’industrie cinématographique, il est primordial et nécessaire de mettre en avant des films réalisés par ces dernières. C’est avec grand plaisir que nous nous plongeons dans le 43e Festival International de Films des Femmes de Créteil qui, évidemment, se déroule en ligne, avec un premier film, A Thief’s Daughter.

Sara a toujours du apprendre à se démerder toute seule. Avec un père en prison, un petit frère et un bébé sur les bras, la vie est loin d’être facile. Malgré tout, elle essaie tant bien que mal de former une petite famille accompagnée du père de son enfant – avec qui elle a rompu -. L’imprévu survient, son père sort plus tôt de prison et se met en tête de renouer des liens avec elleux. Sara va devoir alors prendre une décision aussi difficile que nécessaire : éloigner son père, quitte à passer par le tribunal pour y arriver.

La hija de un ladrón

Comment garder la tête hors de l’eau lorsque l’on a quasiment rien ? Sara est un modèle de force pour toutes ces femmes dans le monde qui traversent la même chose. Derrière son visage d’ange et sa silhouette frêle se cache une guerrière prête à tout pour former sa petite famille. Avec une mère aux abonnées absentes et un père coincé derrière les barreaux pour vol, Sara a du prendre un rôle de mère pour s’occuper de son petit frère de 7 ans ainsi que de son propre nouveau-né. Enchaînant les petits boulots, c’est quand elle décide d’avoir la garde de son frère qu’elle va tout faire pour trouver un poste stable.

Le retour de son père vient rapidement bouleverser cet équilibre précaire, surtout lorsqu’il annonce qu’il va déménager et emmener Martin avec lui. Malgré la rancœur qu’elle semble lui porter, on entrevoit des moments où elle lui ouvre la porte, comme pour lui offrir une seconde chance. C’est un véritable dilemme qui se dessine devant elle entre son ressenti personnel et son envie qu’il sorte définitivement de leur vie. S’ajoute le ressenti de son frère qui ne comprend pas tous les enjeux et ne se raccroche qu’à une chose : le retour de son père et la promesse que tout ira mieux. La caméra constamment en mouvement ne lâche jamais des yeux Sara qui semble porter toute la misère du monde sans jamais céder. Petit à petit, c’est une femme de plus en plus forte qui se dessine, jusqu’au jour du procès pour obtenir la garde de son frère. La maestria de la réalisatrice s’expose à nos yeux, un plan fixe sur celle qui répond aux diverses questions de son avocat et de la partie adverse, un masque qui se fissure enfin. Nous qui voyons depuis le début à quel point Sara est sur une corde raide, on aperçoit enfin le bout du tunnel.

Ce second film de la réalisatrice espagnole Belén Funes nous prouve qu’elle n’a strictement rien à envier à des réalisateur·ice·s qui s’inscrivent dans le film social comme les frères Dardenne ou Ken Loach. A thief’s daughter, c’est le portrait sans fard d’une warrior et surtout l’explosion à l’écran de Greta Fernández, un très joli talent à suivre.

A thief’s daughter de Belén Funes. Avec Greta Fernández, Eduard Fernández, María Rodriguez Soto… 1h42

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