Critiques Festivals FIFF 2021

[FIFF 2021] Mare : Quand y en a marre, y a Mare

S’il y a bien un type de femme qu’on représente peu à l’écran ce sont les femmes qui dépassent la quarantaine. Bien moins présentes et moins « vendeuses » que la nouvelle génération, leurs histoires sont très souvent délaissées au profit de destins plus attractifs. Andrea Štaka prend le contre-pied en filmant une mère de famille en pleine crise de la quarantaine dans ses meilleurs comme ses pires moments.

Mare est une mère de famille en apparence épanouie. Son mari est son amour de jeunesse et ils ont eu ensembles trois enfants. Tout n’est pas toujours rose évidemment dans une vie de famille mais le train-train quotidien commence à peser sur Mare. D’un milieu modeste, ils vivent près de l’aéroport dans le vacarme quotidien des allers et venus des avions. Cette vie là, Mare n’arrive pas à s’y faire. Devenue presque étrangère, elle n’aspire même pas à mieux mais juste autre chose. Alors quand un nouveau voisin jeune et séduisant arrive, Mare franchit un pas qu’elle ne pensait jamais oser.

Ton Cinéma: Mare

En une simple scène, la réalisatrice arrive à instaurer toute la problématique du film. Mare est assise aux toilettes lorsque son mari débarque pour utiliser le lavabo. Jusque là rien de bien anormal lorsque ça fait des années que le couple vit ensemble. Mais rapidement, ce sont les enfants qui débarquent à leur tour comme s’il était tout à fait normal que toute la famille se retrouve dans la salle de bains avec la matriarche sur le trône. Aucune intimité n’est offert à Mare qui doit se contenter de faire à manger, la lessive et entretenir la maison. Le plus âgé des enfants est en pleine crise d’adolescence et faire l’amour avec son mari est devenu quelque chose de quasiment mécanique. De cette vie morose, son nouveau voisin Piotr représente une lumière inespérée. Au détour d’une réparation de machine à laver, elle entreprend avec lui une relation extraconjugale et passionnée.

Un très joli travail de mise en scène est mis en place avec une image tournée en 16 mm qui donne ce grain unique et des plans constamment resserrés sur Mare, tel un oiseau en cage qui se contente d’observer ce qui l’entoure sans jamais s’y impliquer totalement. Sa relation avec Piotr lui offre une porte de sortie, un moment de folie et d’évasion qui se répercute dans son quotidien . « Y a quelque chose de changé chez toi » lui dit une de ses amies. Mare feint en prétextant l’utilisation d’huile d’olive sur ses cheveux. La mère de famille se libère, plaisante avec sa famille, se sent plus à l’aise dans son environnement mais toutes les bonnes choses ont une fin et elle revient à la raison : cette relation extraconjugale ne peut pas durer, mais grâce à elle Mare aura acquis en liberté et confiance en elle. Marija Skaricic prête ses traits gracieux à cette mère de famille d’abord invisible et qui vase dévoiler petit à petit. Son sourire solaire illumine ce joli portrait de femme en pleine crise de la quarantaine.

Même s’il est très convenu, Mare est un sympathique souffle de liberté dans cette sélection. Un film qui ne vient pas juger ses personnages mais simplement leur offrir une porte de sortie temporaire dans un quotidien étouffant.

Mare de Andrea Štaka . Avec Marija Skaricic, Goran Navojec, Mateusz Kosciukiewicz… 1h24

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