Festivals

RécapitulaBIFFF partie 1

On commence à s’habituer aux festivals de cinéma à domicile, à la couverture de longs-métrages dans le confort de chez soi avec le regret de ne pas pouvoir savourer l’ambiance qui règne normalement dans les travées des salles. L’amertume risquait d’être grande encore au vu de l’atmosphère du BIFFF, ses cris de spectateurs et ses applaudissements qui rythment chaque film avec une même ferveur communicative. Mais si l’on peut être attristé de ne pas revivre cela dans son canapé, il faut bien admettre que les organisateurs ont encore une fois prévu le coup avec une sélection pour le moment assez qualitative.

On passe rapidement sur Superdeep , découvert lors de son passage à SITGES et à Gérardmer et qui aura divisé les personnes l’ayant vu dans la rédaction. Disons que si l’ancrage rétro peut fonctionner de façon inégale, la volonté de traiter divers sous-genres horrifiques en terminant dans du body horror assez crasseux a de quoi plaire. De quoi conforter l’envie de garder un œil sur le cinéma de genre russe, toujours en plein développement sur des propositions intéressantes et menées avec une envie de divertissement permanent à défaut d’être totalement abouties.

Host

Un avantage de cette édition en ligne a été de nous faire regarder différemment Host, film en screen capture (UnfriendedSearching) qui se passe lors d’un appel Zoom pendant le premier confinement. Si le titre est assez court, son avancée graduelle dans l’horreur surprend agréablement et offre de vrais moments d’effroi qui ressortent encore plus par sa découverte sur ordinateur. Il y a là une générosité qui s’applique à aller le plus loin possible dans son format avec une efficacité extrêmement réjouissante (sauf quand on le regarde le soir seul chez soi bien évidemment). Une fois encore, discorde à la rédaction, le chargé de rapport de Gérardmer n’ayant clairement pas le même avis.

Avec The Void, Steven Kostanski nous avait offert une surprise de genre marquée par une cruauté qui nous avait retourné l’estomac lors de sa présentation au BIFFF. Son retour au festival avec Psycho Goreman était donc attendu et, si le ton est à l’extrême opposé avec ce seigneur de guerre extra-terrestre contrôlé par une petite fille, force est d’admettre que le spectacle gore est au rendez-vous. C’est drôle, assez graphique et si le tout devrait sembler ridicule aux yeux de certains, son aspect over the top dans sa mythologie et sa narration parviennent à alimenter un certain plaisir de visionnage.

C’est plutôt la tension qui nourrit ici le film d’ouverture, The Shift. Partant d’un postulat assez casse-gueule (des ambulanciers coincés avec un adolescent blessé menaçant de s’exploser après un attentat), le long-métrage parvient à esquiver de nombreuses appréhensions pour offrir un rythme presque éreintant. Heureusement, il parvient à insuffler un souffle nécessaire d’humanisme chez ses protagonistes pour mieux éviter une vision clichée qui aurait rendu le résultat vain. De quoi ne pas tomber dans une facilité et une complaisance dans son traitement pour opter vers un thriller marqué par le rejet et l’absence de compréhension destructrice.

Méandre

Autre moment de tension ici avec Méandre, le nouveau film de Mathieu Turi, qui se pose dans la même mouvance thématique que son Hostile. Le réalisateur part ainsi d’un même enfermement sentimental où l’aspect clos des lieux souligne la prison mentale de son héroïne, confrontée à une perte et qui doit retrouver « sa vie ». La sensation de claustrophobie est permanente, les surprises sont assez nombreuses et le jeu sur la colorimétrie apporte une forme de ludisme filmique qui rend ce film indispensable à voir dès la réouverture des salles.

Pas sûr qu’il sera possible de voir ce titre au cinéma, ce qui est ironique au vu de la place accordée ici aux écrans et triste au vu du grand plaisir qu’il procure. Il faut donc rattraper au plus vite Beyond the infinite two minutes, petite bombe qui arrive à mener son postulat jusqu’au bout avec des idées de plus en plus réjouissantes et en évitant une forme de répétition qui semble poindre par instants. Au début, c’est tout simplement hilarant (notamment par sa maîtrise technique). Au final, c’est étonnamment touchant, mettant ses personnages face à leur peur d’un futur qui doit dicter nécessairement leurs actions. Mais que cela ne nous empêche pas de terminer cette première session de films avec une certaine joie, en attendant de plonger un peu plus dans la sélection…

À propos Liam Debruel

Passionné de cinéma depuis ma découverte de Super 8 dans un petit cinéma de village, j'essaie de découvrir le plus de films possibles avec un éclectisme passant de Kubo et l'armure magique à Alléluia sans aucune autre transition que mon amour pour le septième art. Fan de J.J. Abrams et doté d'un humour absolument raté, je profite de ma passion pour l'écriture en rédigeant des chroniques tentant d'être pertinentes. Je reste toujours animé par mon envie de partager mon amour pour les oeuvres qui retournent mon petit coeur de belge dans tous les sens.

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