Critiques Festivals IFFR 2021

[IFFR 2021] A man and a camera : Toc, toc ?

Après une première partie entièrement en ligne, le Festival de Rotterdam nous propose depuis aujourd’hui, et ce jusqu’au 6 juin, une version hybride pour sa seconde partie. Des projections dans plusieurs salles à Rotterdam et des projections en ligne pour ceux qui n’auraient pas pu se déplacer. A cette occasion, le Festival propose une sélection très large (plus de 80 films !) brassant tous les genres possibles. Direction la catégorie Harbour qui défend un cinéma contemporain.

Que feriez-vous si un type débarquait devant votre porte, une caméra à la main et muet comme une carpe ? C’est la question que s’est posé le cinéaste néerlandais Guido Hendrikx. Sillonnant les rues d’un petit village dont on ne connaîtra jamais le nom, le réalisateur toque à chaque porte et pointe sa caméra vers les habitant·e·s en question. Alors qu’on s’imagine aisément qu’il se ferait claquer la porte au nez, le documentaire prend une tournure inattendue dès lors que cette expérience se fait reflet d’humain·e·s plus complexes.

Les premier·ère·s cobayes de l’expérience sont clairement réticent·e·s. Qui ne le serait pas ? Personne n’a envie d’être dérangé·e par un drôle de gars sorti de nulle part décidé à nous filmer et qui ne répond pas lorsqu’on l’interpelle. Un début de film d’horreur ? Peut-être. Hendrikx se frotte même à un individu particulièrement violent qui le foutra à la porte en moins de deux. Pourtant, au fur et à mesure de ses rencontres, quelque chose de curieux se dessine. Quelque chose qui va crescendo. Tandis que certain·e·s sont amusé·e·s par la situation, d’autres n’hésitent pas à entamer le dialogue, à rire, à faire des blagues. Le public se prend même au jeu de deviner ce qui va se passer derrière la prochaine porte. Et alors qu’on pourrait penser que le documentaire ne s’appuie que sur cette succession de rencontres, c’est finalement ces mêmes rencontres qui font l’essence même du film.

Là où on pense que la caméra se contenterait de rester au pas de porte, certain·e·s habitant·e·s invitent le réalisateur chez elleux. Surprenant, déroutant même de se dire qu’on laisse entrer un parfait inconnu dans notre propre maison. Une présence qui semble presque familière si bien que certaines personnes commencent à raconter leur vie, leurs problèmes, leurs inquiétudes. Comme si cette caméra les aide à se confier sans avoir peur d’être jugé·e·s. Cette humanité et cette hospitalité est totalement déroutante pour nous tant cette situation semble improbable. Et pourtant. Un habitant va même jusqu’à prévenir le réalisateur que les voisin·e·s ont prévenu la police de sa présence. Si un·e tueur·se en série rôderait dans les parages il serait bien servi avec ces gens !

Comme un alien qui débarquerait d’une autre planète pour nous observer, Hendrikx nous offre un documentaire qui flirte avec le film d’invasion aussi loufoque qu’il est attendrissant dans le portrait qu’il fait de certains individus. De la méfiance à l’hospitalité, de la violence au café offert, A man and a camera est un ovni qui sera loin de vous laisser totalement indiférent.

A man and a camera de Guido Hendrikx. 1h04

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