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[IFFR 2021] The rain falls where it will : Puisqu’il faut vivre

L’euthanasie et le droit de mettre fin à ses jours reste un débat toujours autant controversé, chez nous comme ailleurs. Peut-on décider de mettre fin à ses jours afin de ne plus souffrir ? Peut-on décider de débrancher un membre de sa famille en estimant qu’il n’y a plus rien à faire ? Et si un espoir subsistait, vous feriez quoi ?

Sara est une infirmière dévouée à son travail qui s’occupe de ses patient·e·s comme elle peut. Cependant – et de manière à défier toute déontologie – elle n’hésite pas à aider certain·e·s de ses patient·e·s à abréger leurs souffrances notamment en leur administrant une solution par intraveineuse. Un choix discutable mais qui paraît tout à fait normal pour elle, surtout lorsque la décision est prise en accord avec ses patient·e·s ou est basée sur son expertise médicale, et son bilan humain. Affectée à un nouveau patient alité chez lui, Sara voit ses convictions totalement chamboulées quand elle perçoit une lueur d’espoir. Elle essaie d’en apprendre plus sur la famille de ce dernier et finit même par militer pour que ce dernier reste en vie.

L’idée ici n’est pas de faire un procès d’intention à cette méthode médicale. Après tout, qui sommes-nous pour juger ces personnes qui veulent partir paisiblement et avec dignité. Le film nous présente aux premiers abords une jeune femme persuadée de faire ce qui est juste. Pourquoi garder en vie une personne qu’on sait condamnée ? Cela revient à faire souffrir autant cette dernière que la famille qui garde encore espoir. Durant ses journées de travail, toute une galerie de patients plus touchants les uns que les autres défile devant nos yeux. De la vieille dame oubliée de sa famille, en passant par un jeune sportif désormais paralysé après un accident ou encore un jeune homme dont on a du amputer les deux jambes et qui refuse de se nourrir, préférant se laisser mourir.

Lorsque Sara doit s’occuper de ce nouveau patient dont les chances de guérison sont quasi nulles, elle est persuadée que sa mission s’effectuera rapidement. Une fois sur place, elle devient une autre femme. L’humanité renait en elle, l’espoir aussi. Elle en est sûre, son patient va guérir. Mais que faire quand toute la famille s’est résignée à le débrancher ? Pour une fois, Sara se retrouve de l’autre côté de la ligne. Enfermée dans cette immense maison familiale, une ambiance presque angoissante règne là, comme si tout était déjà mort autour, une maison sans vie avec des habitant·e·s qui ne semblent plus tellement vivre non plus. C’est là que The rain falls where it will devient plus universel lorsqu’il s’agit simplement de parler de vie et de mort. Qui décide réellement de la vie ou de la mort de quelqu’un ? Comment se résigner lorsqu’il n’y a plus rien à faire ? Le film ne nous donne pas de réponse mais a l’intelligence d’ouvrir toutes les pistes de discussion pour englober et peut-être enfin comprendre le sujet.

Le film de Majid Barzegar arrive à nous toucher par sa dimension universelle (et surtout inévitable) en l’enveloppant dans un très bel écrin grâce à la photographie soignée et épurée de Masoud Amini Tirani donne un ton quasi chirurgical au film.

The rain falls where it will de Majid Barzegar. Avec Nazanin Ahmadi, Alireza Sani Far, Mazdak Mirabedini… 1h26

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