Critiques

Come True (Bad Dreams) : Invitation au cauchemar

Come True, renommé pour sa sortie Bad Dreams est ce qu’on pourrait appeler une œuvre complète. Dans l’œuvre d’Anthony Scott Burns, la cohérence artistique est marquée par cette impression forte que tout est à sa place, que cet ensemble permet au film d’avoir une personnalité, d’exister complètement. Come True dépasse l’ébauche, qui est souvent l’obstacle de nombreux films.

Come True installe dès les premières minutes une ambiance singulière où Sarah, une jeune lycéenne en crise semble perdue dans un monde totalement décalé. Tout cela est souligné par une musique lancinante, légère mais assez présente pour donner au film un sentiment d’étrangeté. Sarah est constamment au centre de la caméra, comme pour signifier une déconnexion avec le monde. Anthony Scott Burns invoque déjà à merveille une réalité fabriquée, angoissante qui laisse au spectateur le choix entre s’embêter avec pléthore de questions, ou se laisser embarquer dans un univers qui essaie de nous absorber.

Le film évoque un sujet déjà beaucoup traité par le cinéma : le rêve. C’est en évitant les écueils que Come True s’impose comme passionnant. Pour dormir sous un toit, Sarah trouve une entreprise qui paie des gens pour les observer pendant leur sommeil. Ces personnes en blouse blanche observent quelque chose de cryptique qui a lieu à l’intérieur des rêves des patients. Un lieu non défini dans une obscurité presque totale. Il est important de souligner que ces moments d’angoisses invoquent avec justesse l’ambiance terrifiante et pourtant intrigante des rêves. Un simple travelling avant dans un décor sombre et non défini avec des objets qui transpirent le symbolisme. Le film comprend que l’angoisse ne réside pas dans la peur, ni des monstres ni du grandiloquent, mais bien dans l’ambiance, d’objets qui saisissent des symboles ou des ombres…

Anthony Scott Burns nous rappelle Midnight Special quand il filme les nuits étranges à la recherche de sens dans la forêt. L’inspiration 80’s, où Spielberg se ressent sans non plus trop en faire avec les machines vieillottes qui arrivent à retransmettre les rêves. La mise en scène permet de dépasser ces inspirations pour en faire une œuvre unique. Dans le développement de ce personnage déphasé qu’est Sarah, on retrouve un travail d’orfèvre avec l’interprétation de Julia Sarah Stone. Très vite défigurée, par le pansement sur son œil, ou par la caméra qui aime défigurer son regard perdu et inquiet en changeant de focale.

Aussi cryptique qu’un rêve, sa fin peut en dérouter plus d’un, en décevoir d’autres, mais il est intéressant de voir en cette révélation une cohérence appréciable qui se vérifie assez facilement. Come True est un film humble, dans sa façon de traiter le fantastique. Il ne révolutionne pas le genre, n’essaie pas, mais apporte une vision d’auteur passionnante.

Come True de Anthony Scott Burns. Avec Julia Sarah Stone, Landon Liboiron, Carlee Ryski… 1h45.
Sorti le 1er juillet 2021 en VOD

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