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[CANNES 2021] Hit the road : And he won’t come back no more

Dans la famille Panahi on demande le fils. Tandis que Jafar avait en séance spéciale le documentaire The Year of the everlasting storm, son fils Panah faisait ses premiers pas à la Quinzaine avec son premier long-métrage Hit the road. Et s’il y a bien une chose certaine, c’est que le talent est héréditaire.

C’est un road movie atypique avec une famille ô combien atypique aussi. Le père est affublé d’un énorme plâtre au pied et se contente d’observer ce qui l’entoure avec un humour propre à lui – il surnomme son fils ‘macaque »-. La mère est constamment au bord des larmes pour on ne sait quelle raison. Le petit frère doit probablement être atteint de troubles hyperactifs tant il fait plus de boucan que la parade du 14 juillet. Seul le grand frère au volant reste muet comme une pierre tombale. Un bien étrange voyage se profile vers une destination inconnue aux premiers abords.

Photo du film Jadde Khaki - Photo 4 sur 6 - AlloCiné

La caméra de Panah Panahi se pose dans les contrées désertiques de l’Iran où il filme le destin de cette famille dysfonctionnelle aux premiers abords. Le réalisateur a le sens du phrasé qui fait mouche. En un instant on comprend la personnalité de chacun des personnages et derrière cette vague d’humour, on décèle rapidement une profonde tristesse. Pourtant tout est fait pour préserver la jeunesse et l’innocence du plus jeune. Rien ne nous est dit directement, les indices sont disséminés ci et là au détour d’une phrase, d’une dispute ou d’une blague. On comprend petit à petit le pourquoi du comment de ce road trip. Le grand frère va quitter l’Iran grâce à un passeur. Vers quelle destination ? Pourquoi ? Nous ne le saurons jamais. Finalement, ce n’est pas là le plus important. Ce road trip est synonyme de dernier voyage pour toute la famille qui a hypothéqué la maison pour pouvoir louer cette voiture dans laquelle elle se trouve (qui sera source de bien de scènes cocasses notamment une incluant le petit frère et un malheureux feutre indélébile). Un voyage signe de vacances pour le petit mais signe d’au revoir pour le reste de la famille dont la mère, colonne vertébrale de cette histoire qui tente de faire face à la situation.

Et c’est petit à petit que Panah Panahi dévoile tout son talent. Rien n’est laissé au hasard dans sa mise en scène. De ses plans larges se dessinent souvent deux scènes avec d’un côté un ton dramatique et de l’autre un ton comique. Rire ou pleurer ? Pleurer de rire ? Rire tout en étant ému·e ? Le réalisateur nous laisse le choix de nos émotions et réussit ce jeu d’équilibriste pour ne jamais sombrer dans le pathos de la situation. Et quel casting fabuleux et haut en couleur ! Une mention spéciale au petit Amin Simiar qui porte le long-métrage avec une fougue et un humour contagieux.

Pour un premier coup d’essai, Panah Panahi signe un premier film maîtrisé, hilarant et bouleversant à la fois. De quoi réveiller la Croisette et nous donner très envie de suivre sa carrière de près.

Hit the road de Panah Panahi. Avec Hassan Madjooni, Pantea Panahiha, Rayan Sarlak… 1h33

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