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[CANNES 2021] Haut et fort : Fausses notes en série

Dans la Compétition Officielle il y a quelques films qui nous ont fait de l’œil, et celui de Nabil Ayouch en fait partie. Il faut dire que le réalisateur a déjà démontré ses talents avec Razzia et Much Loved, on part sur de bonnes bases. Projection du film en fin de festival… et là c’est le drame. La douche froide.

Anas est un ancien rappeur qui a décidé de se tourner vers les centres culturels de Casablanca. Il se retrouve dès lors dans un quartier populaire où la jeunesse gronde et réclame sa liberté. C’est à travers le hip-hop qu’iels vont pouvoir exprimer leur colère ainsi que leurs espoirs face à un pays qui leur impose bien trop de barrières.

Le centre dans lequel est tourné Haut et fort a été crée par Nabil Ayouch lui-même, le sujet de l’expression des jeunes dans les banlieues étant un sujet important à ses yeux. Le film commence d’ailleurs sous les meilleures auspices. Un pays entravé par des convictions religieuses, une jeunesse plus libre et qui a besoin de s’exprimer sans forcément savoir comment le faire. Une idée de travail initiatique où iels vont aller au-delà de leurs idées préconçues, comprendre ce qu’est le rap et le hip-hop, comment les utiliser à bon escient pour faire passer le bon message mais aussi les limites qu’iels peuvent ou doivent s’imposer. Un travail de longue haleine où Anas ne ménage pas ses élèves, quitte à les bousculer hors de leur de zone de confort et comprendre d’où vient leur colère.

Haut et Fort

Cependant, une fois la machine lancée, tout s’enraye assez vite. L’enthousiasme qui se dégage du groupe de jeunes (tou·te·s non-professionnel·le·s) ne permet au film de combler son manque flagrant d’épaisseur. Notamment du côté d’Anas qui passe de bourreau à meilleur pote en un clin d’œil. C’est sans compter aussi sur le contexte politique entourant cette bande de jeunes qui n’est jamais mis vraiment en avant et empêcherait presque toute empathie. Et ce n’est pas un des coups de sang à la fin qui vient sauver le long-métrage. S’il y a bien une chose à laquelle on a échappé, c’est de le retrouver au Palmarès tant il cochait de base toutes les cases pour repartir avec un prix. Dommage tant tout ce qui est dépeint est intéressant mais jamais totalement abouti. Il nous reste un film qui se laisse regarder, jamais marquant, toujours anecdotique. Et quand on voit de quoi Nabil Ayouch est capable avec un Much Loved, on se demande ce qui s’est passé entre temps.

Haut et fort apparaît très clairement l’un des films les plus faibles de cette compétition. On retient le vent frais qu’apporte ce groupe de jeunes, accompagné d’une bande son entraînante. C’est toujours mieux que rien.

Haut et fort de Nabil Ayouch. Avec Ismail Adouab, Anas Basbousi, Meriem Nekkach… 1h42
Sortie le 10 novembre

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