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The Wolf of Snow Hollow : Thunder Snow

On vous parlait il y a quelques jours de The Beta Test présenté en avant-première au dernier Festival de Deauville. Hasard du calendrier, le Festival européen du film fantastique de Strasbourg présentait également le film ainsi qu’un autre de son réalisateur Jim Cummings : The wolf of Snow Hollow. Un évènement pour un film qui n’a malheureusement pas trouvé de distributeur français, et qui est l’occasion de confirmer un talent que l’on aime déjà beaucoup par ici.

John Marshall est un homme qui a déjà bien de problèmes personnels à régler entre son père malade qui refuse de prendre sa retraite, les relations houleuses avec sa fille et son ex-femme toujours sur son dos. Mettez-lui en plus une série de meurtres et c’est la goutte de café qui fait déborder la tasse.

Lorsque nous avions rencontré Jim Cummings en 2018, il nous avait déjà fait part de ce prochain projet, à savoir un film de loup-garou. Exit les petits moyens et la quasi-auto-production pour travailler avec la MGM sur The Wolf of Snow Hollow. Une expérience bien différente où le réalisateur/scénariste/acteur n’avait pas le libre arbitre et avait un cahier des charges à respecter (notamment des scènes obligatoires imposées par le studio) comme il nous l’explique lors du Q&A après la séance. Néanmoins, le film est loin d’être dénué de sa patte habituelle.

Dire & Disappointing Lessons of Masculinity in THE WOLF OF SNOW HOLLOW –  Father Son Holy Gore

Snow Hollow semble être une petite bourgade perdue au fin fond des montagnes où rien de bien intéressant ne s’y déroule jusqu’à ce que PJ et Brianne y débarquent. Le jeune couple loue un chalet pour le week-end et après une petite embrouille futile au restaurant local, c’est entre amoureu·ses·x qu’iels profitent de cette fin de soirée confortablement installé·e·s dans leur jacuzzi. Quoi de mieux pour finir en apothéose que de proposer à sa dulcinée de nous rejoindre sous la douche ? Malheureusement, la pauvre n’aura le temps de rien, se faisant sauvagement dépecer sur le perron du chalet. Les premières conclusions mènent à suspecter le petit-ami mais rapidement, un second meurtre vient ébranler la ville. Mode opératoire similaire, un morceau du corps manquant, une sauvagerie sans nom et surtout des habitant·e·s qui commencent à avoir peur et accusent la police d’être incapable d’arrêter le suspect. Toute la mission repose désormais sur les frêles épaules de John Marshall, un policier qui veut bien faire mais est parasité par des problèmes personnels et des co-équipier·e·s persuadé·e·s que le coupable n’est nul autre qu’un loup-garou.

Pour celleux qui avaient déjà vu son précédent film Thunder Road, vous serez probablement étonné·e·s de voir un policier ressemblant étrangement à Jim Arnaud : même dégaine et quasiment mêmes problèmes. On pourrait se poser quelques questions quant à savoir si le réalisateur ne tomberait pas déjà dans une certaine zone de confort en ressassant les mêmes histoires. Et si Jim Arnaud de Thunder Road avait décidé de prendre le large pour mener une vie un peu plus paisible à Snow Hollow ? À mesure que le film avance, Cummings distille ses indices, éloignant sa fiction de sa précédente lubie. Ce n’est pas un film sur un homme mais bien une enquête policière pour savoir qui se cache derrière ces meurtres sanguinolents : Un tueur en série ? Un habitant du coin ? Un loup-garou comme beaucoup le suggèrent ? Les pistes sont maigres et leurs embranchements mènent à toutes les conclusions possibles et imaginables en plus de jouer avec nos nerfs pour nous faire croire tout et son contraire.

Film] The Wolf of Snow Hollow, de Jim Cummings (2020) - Dark Side Reviews

Jim Cummings fait une nouvelle proposition en s’aventurant dans le film de genre sans jamais cacher ses influences – Fargo ou encore The Thing -, sans pour autant se contenter de les copier/coller. Le budget offert par le studio reste maigre (2 millions de dollars) mais lui permet malgré tout une certaine aise, lui qui est habitué à des moyens plus minimes. De quoi se permettre plus de pirouettes, de s’amuser avec le montage et la photographie si bien que le film réussit à être terrifiant. Mais Jim Cummings reste Jim Cummings, ses touches d’humour ne sont jamais bien loin, notamment grâce à une écriture toujours aussi fine de ses personnages dont le sien. Un policier père de famille et ancien alcoolique qui a du mal à gérer ses responsabilités paternelles, professionnelles, familiales avec un père mourant. John Marshall crie, souvent (on commence à connaître la passion du réalisateur pour des personnages qui ont du mal à garder leur sang-froid) mais reste attendrissant dans ses tentatives de réussite même si on aurait voulu peut-être qu’il creuse un peu plus ce sillon pour mettre encore plus en exergue sa détresse.

Jim Cummings fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes qui osent, qui fabriquent et qui se font la voix d’un nouveau cinéma d’auteur. Malheureusement pour nous, The Wolf of Snow Hollow n’est pas parvenu jusqu’à nous. Reste à espérer qu’un jour un·e distributeur·ice nous fasse le plaisir de s’en occuper (ou vous pouvez passer par un import néerlandais si vous ne pouvez pas attendre).

The Wolf of Snow Hollow de Jim Cummings. Avec Jim Cummings, Robert Forster, Riki Lindhome… 1h23

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