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CANNESERIES 2021 : Liberté série

Pour sa 4ème édition, le festival CANNESERIES nous a très gentiment invité à découvrir, en avant-première, les diverses séries qui composeront la sélection officielle en compétition du 8 au 13 octobre 2021. 10 séries longues et 10 séries courtes rythmeront ainsi la croisette durant cette nouvelle édition du festival. Cependant, il est important de noter que CANNESERIES sera également accessible gratuitement en ligne pour tous ceux n’ayant pas la possibilité de traverser la France jusqu’à Cannes durant ce pluvieux mois d’octobre. Pour cela rien de plus simple, il vous suffit de vous rendre sur le site officiel du festival. Vous pourrez y retrouver les séries courtes, disponible durant toute la durée du festival, les séries longues pour une durée de 48h après leur diffusion à Cannes, ainsi que diverses rencontres en lignes avec les équipes de productions et de réalisations. Nous avons ainsi visionné l’intégralité de cette compétition officielle afin de vous proposer nos coups de cœur.

Commençons avec les séries courtes, et notamment les deux séries françaises qui, dans cette partie de la sélection, se situent aux antipodes l’une de l’autre. Tout d’abord, I-ART (Intelligence Artistique) se démarque comme étant la série la plus informelle de ce festival. À la croisée des genres, elle mélange aussi bien le drame familial, la science-fiction et la danse. I-ART est une série d’anticipation dans laquelle chaque être humain vit connecté à une conscience collective et où l’on enferme, au sein d’un laboratoire, les « non-connectables » dont le corps exprime un rejet de cette technologie par une forme de danse exprimant la maîtrise autonome de son corps et de son esprit. La série obtient ici sa première diffusion mondiale et vous ne pourrez qu’être submergé par la beauté et la maitrise de la photographie de Jeff Lesellier et Raphael Aupy.

I-ART

Changement d’ambiance, la seconde série française présente dans la sélection séries courtes est Larguée, une série humoristique aux épisodes de trois minutes et au sujet simplissime : à chaque épisode, au sein d’un même café, une jeune femme se fait larguer par des personnes différentes. Jouissant également ici de sa première diffusion mondiale, Larguée est une vraie réussite. La série doit premièrement cela à l’interprétation impeccable de Kaycie Chase qui, à chaque épisode, réinvente son propre personnage afin de lui fournir des couches de personnalité supplémentaires. De plus, les différents scénarios apportent chacun leur situation propre, n’hésitant pas à, dès les premiers épisodes, assumer et jouer avec l’aspect répétitif qu’impose le concept. Les scénarios sont également signés de Kaycie Chase qui laisse la mise en image de son projet à Clara Quilichini. 

Restons dans les séries courtes mais changeons de pays. À CANNESERIES, vous aurez également la chance de découvrir Sheeker, une série Kazakhstane sur un jeune homme adoptant un travail de livreur de drogue dans le but de financer ses études. Peu à peu, celui-ci se fait happer à l’intérieur de la spirale infernale que représente cette organisation. La série se démarque par un traitement visuel moderne : extraits de jeux vidéos, éclairage aux néons, utilisation de jump cuts, montage dynamique, séquences en caméra portée, apparition des SMS à l’écran… Tout, dans Sheeker, provient du cliché de la série pour adolescents post-Netflix. Cependant, la série maitrise bien plus ces éléments que la majorité de ses homologues et parvient à fournir, dès son premier épisode, une base narrative solide et prometteuse. 

Sheeker

Enfin, une dernière œuvre se démarque dans cette compétition des séries courtes. Il s’agit de Je voudrais qu’on m’efface, production canadienne de Eric Piccoli qui, sous forme de série chorale, suit la vie des habitants d’un immeuble de Montréal. Trois enfants, Mélissa, Eddy et Karine, sont au centre de cette histoire portant sur la future destruction d’un logement social et de l’impact que la nouvelle de ce délogement a sur leur entourage respectif. À travers une réalisation crue, l’âpreté progressive des adultes est de plus en plus dure à supporter, la série embrassant pleinement le regard, apeuré, des enfants qu’elle filme. Ainsi, les récits de Mélissa, Eddy et Karine s’entrecroisent à la fois de manière physique mais surtout de manière thématique, le montage n’hésitant pas à faire entrer en résonance, de manière simultanée, les situations que chacun subit. Violences conjugales, maltraitances, abandons, harcèlements… tout, dans cette série, appelle à l’alarmisme. Constamment sur un ton grave, Je voudrais qu’on m’efface parvient, dès son premier épisode, à fournir des séquences marquantes tant elle nous touche, à l’image de celle où Eddy, dans le but de couvrir les cris de sa mère violentée, joue de la trompette dans sa chambre, seul, au bord des larmes. 

La section séries longues contient, quant à elle, moins de surprises. Il y a cependant une série qui se détache parmi les dix présentées : Dreams of Alice, une production fantastique Russe. Puisant des inspirations de Twin Peaks à Guillermo Del Toro, la série passionne immédiatement grâce à la maestria avec laquelle elle expose, dès les premières minutes, son univers si particulier. Dans Dreams of Alice, il est question d’une adolescente essayant d’empêcher que se réalise ses rêves semblant prémonitoires. Les lieux dans lesquels l’action prend place semblent tous plus angoissants les uns que les autres. Magasin, lycée, hôpital, forêt… chaque endroit, de par son hostilité apparente, semble cacher un secret enfoui, dont il refuse la possible découverte. Ici, chaque plan se montre plus ingénieux que le précédent et, progressivement, la série installe une ambiance qui lui est propre, se détachant rapidement des modèles qu’elle convoque.

Ces cinq productions constituent ainsi nos coups de cœur de cette nouvelle édition de CANNESERIES. N’hésitez pas à voguer également vers les autres séries qui vous sont proposées, il est toujours bon de le rappeler, toutes gratuites et accessibles à tous, en ligne, sur toute la durée du festival. Françaises, belges, russes, norvégiennes, américaines, israëlienne, de Arte, Netflix, Sky, Canal +, Prime Video… le festival libère les séries, maintenant c’est à vous d’en profiter !

Pour avoir accès aux différentes séries proposées, suivez ce lien : https://canneseries.com/fr/online

Larguée, FRANCE, 2021 – 8×3′

I-ART, FRANCE, 2018 / 2021 – 8×8’

Sheeker, KAZAKHSTAN, 2020 – 8×17’

Je voudrais qu’on m’efface, CANADA, 2021 – 8×20’

Dreams of Alice, RUSSIE, 2021 – 8×48′

À propos Florent Ringot

Considère que George A. Romero est bien plus politique qu'on ne le laisse croire. Ne peut s'empêcher de se demander ce qu'aurait été la carrière de David Lynch sans Mel Brooks, de Wes Craven sans cauchemars, de Johnny Depp sans Nicolas Cage... Estime que les plateformes de streaming tuent le cinéma, mais quel plaisir d'avoir accès à l'intégrale de Lavalantula en 2 clics. Pense que la qualité prime sur la quantité, mais que ce n'est pas une raison pour ne sortir que 3 films de genre français par an.

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