Critiques Festivals FIFIB 2021

[FIFIB] Soy Libre : Et pourtant si enclavé

Cannes s’invite un peu partout cette année ! Après avoir présenté une partie de ses films de la Compétition Officielle 2021 au dernier Festival du cinéma américain de Deauville, c’est aujourd’hui l’ACID qui vient passer une tête à Bordeaux qui lui a laissé pour l’occasion carte blanche. C’est ainsi qu’on a pu découvrir aujourd’hui Soy Libre, premier documentaire de Laure Portier.

Le documentaire s’étale sur quinze années et tient comme fil conducteur la relation qu’entretient Laure avec son petit frère Arnaud. Tantôt ensemble comme sur les premières images tournées dans une cité, tantôt avec seulement Arnaud comme commandant de bord grâce à une caméra que sa sœur lui a donné pour qu’il puisse lui envoyer des rushs de ses aventures aux quatre coins du monde.

Cette autopsie s’apparente à un véritable chemin de croix pour Arnaud qui nous dévoile son histoire. Un père absent qui a choisit sa petite amie plutôt que son fils, une mère violente, des familles d’accueil, des centres éducatifs inadaptés et une vie jonchée de petites magouilles et infractions qui poussent le jeune homme à partir. C’est à partir de ce choix que découle le reste du long-métrage où on assiste à la naissance d’un autre homme tout en observant les dynamiques frère-sœur qui s’opèrent tout du long. D’abord plus proches que jamais, un premier éloignement se crée lorsqu’il part en Espagne puis au Pérou où le fossé se creuse alors qu’il prend part à de violentes émeutes dans le pays. Impossible pour Laure de contacter son frère alors qu’elle vient d’arriver au pays. Une très courte séquence montre la distance qui s’est installée entre eux avant de se retrouver une fois qu’Arnaud a trouvé l’équilibre qu’il cherchait depuis tant d’années avec une femme et un nouveau-né.

Soy Libre

Cependant, on ressort assez mitigé·e de cette séance. Ce microcosme que Laure crée empêche toute identification, et tout ce qu’on arrive à voir à l’écran est « le frère » de Laure et non pas le visage d’une jeunesse qui a énormément de choses à dire. La réalisatrice intercale par moments des images tournées par ce dernier, manquant également de profondeur pour nous marquer. Malgré quelques séquences bien senties (notamment celles au beau milieu des émeutes qui dégagent quelque chose de très fort avec aucun mot prononcé, ou encore les retrouvailles entre Arnaud et sa grand-mère gravement malade), la plupart des plans ne montrent aucun intérêt.

Loin d’être mauvais, Soy Libre reste quelque chose de très académique et dans les clous si bien qu’on sent qu’il y a matière à faire beaucoup plus. Le documentaire de Laure Portier s’apparente peut-être plus à une thérapie personnelle qu’autre chose.

Soy Libre de Laure Portier. Avec Arnaud Gomez, Jacqueline Puygrenier… 1h18
Sortie le 9 mars 2022

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