Critiques

The Unholy : crois-moi sur parole (d’évangile)

Le cinéma horrifique fantastique basé sur la religion a toujours connu diverses itérations, notamment par le succès toujours aussi marqué de l’incontournable Exorciste. Malheureusement, les réussites sont rares et tombent dans une forme de cléricalisme ardent là où William Friedkin parvient à amener un fond de scepticisme dans son traitement religieux. Les retours sur The Unholy font craindre pareils soucis thématiques, enveloppant le tout dans une horreur médiocre qui tente de copier au mieux les Conjuring et autres réussites du genre. Le résultat s’avère aussi attendu mais avec une certaine nuance qui nous fait éviter de tomber dans une même agressivité à son propos.

L’histoire est d’un classique plutôt prévisible, installant un journaliste peu scrupuleux dans le chemin d’un potentiel miracle qui se révèle de plus en plus démoniaque. Le récit s’entame dans une forme de vulgarité apparente, par cette ouverture subjective cherchant à installer sa piste narrative avec une brutalité peu effective. C’est d’ailleurs dans ses éléments horrifiques que le film pêche le plus, peu aidé par certains effets spéciaux ratés. Jamais The Unholy ne terrifie réellement malgré ses promesses, tentant d’instituer un vecteur horrifique plat malgré un design qui se veut intéressant.

Les bonnes idées se dessinent ailleurs, notamment dans le traitement médiatique de son événement religieux. Opposant le scepticisme de son héros face à la foi inébranlable d’une sainte en devenir, le film semble dresser le portrait d’une société en quête de miracles, avec ce que cela relève de réappropriations financières et culturelles. En ce sens, certains aspects auraient pu mieux exploser avec une certaine ironie qui se dessine dans quelques plans mais ne se construit jamais réellement, alourdie par un premier degré tantôt bienvenu, tantôt trop convenu. Ce dernier terme amène d’ailleurs la faiblesse d’un scénario bien trop vu pour amener une réelle surprise malgré la volonté d’y dessiner une forme de solidité à l’instar de certains dérivés du Conjuringverse, avec plus ou moins de réussites.

Il en sort une sensation amère, celle de voir poindre par instants les bases d’un potentiel film de genre passionnant, à défaut d’être novateur, appuyé par la certaine conviction d’interprétation de Jeffrey Dean Morgan et Cricket Brown, relevant le niveau plutôt basique de l’ensemble. C’est quand le récit s’appuie sur cette confrontation et les répercussions de fond qu’il s’avère plus intéressant que dans son aspect horrifique raté. L’enfer est pavé de bonnes intentions et il est dommage que ce soit celles-ci qui fassent transparaître tout ce qu’aurait pu être The Unholy pour être réellement convaincant.

The Unholy d’Evan Spiliotopoulos Avec Jeffrey Dean Morgan, Cricket Brown, Katie Aselton… 1h40.

Sorti le 7 juillet 2021.

À propos Liam Debruel

Passionné de cinéma depuis ma découverte de Super 8 dans un petit cinéma de village, j'essaie de découvrir le plus de films possibles avec un éclectisme passant de Kubo et l'armure magique à Alléluia sans aucune autre transition que mon amour pour le septième art. Fan de J.J. Abrams et doté d'un humour absolument raté, je profite de ma passion pour l'écriture en rédigeant des chroniques tentant d'être pertinentes. Je reste toujours animé par mon envie de partager mon amour pour les oeuvres qui retournent mon petit coeur de belge dans tous les sens.

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