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A confession : victimes collatérales

À force d’écrire sur des œuvres de fiction, il peut nous arriver d’oublier que la réalité procure assez d’événements tragiques pour que l’on se sente moralement étouffé·es. Si vous êtes du genre à être rapidement tendu·e devant n’importe quelle histoire, mieux vaut ne pas vous lancer dans A confession sous peine de voir votre tension artérielle augmenter de manière significative, surtout quand on connaît les bases de cette série en six épisodes (la disparition il y a dix ans de Sian O’Callaghan).

L’approche visuelle se fait quasi documentaire, avec un traitement rappelant l’exercice de reconstitution. Cela peut déplaire quand on s’attend à quelque chose de plus esthétisé mais cela sert au mieux un traitement passionnant dans ce qu’il dévoile en législation et en drame dans une enquête passionnante. Il se développe même une forme de respect dans son intimité, notamment par le biais d’une scène majeure filmée par une vitre en extérieur. On observe certes ce drame par un point de vue multiple mais c’est comme si le tout se voulait être le plus en accord avec la réalité de l’affaire pour mieux souligner son drame sans tomber dans une complaisance facile mais contreproductive.

La structure même de la série détonne de manière à mieux souligner la retranscription de cet enlèvement et ses répercussions sur la famille de la victime ainsi que le policier au cœur de l’enquête. Nous ne dévoilons pas les ficelles mais le parti pris se révèle une nouvelle fois pertinent par le traitement global accordé à ses personnages, cherchant à garder l’humain·e dans le tragique, ainsi que l’absurdité d’une affaire par toutes les répercussions qui explosent avec tourments et fracas. Le casting se révèle équitablement au diapason, trouvant une solidité exemplaire dans leur incarnation tout en amenant un cœur dans ce qui aurait pu sonner factice, voire vulgaire.

Gérant au mieux une volonté réaliste proche de la reconstitution d’ensemble tout en gardant un facteur émotionnel fort, A confession surprend avec une douleur plutôt intense et une tension dramaturgique à son apogée. Ne jugeant pas ses personnages pour mieux les faire affronter les événements, la série de Jeff Pope y trouve un intérêt permanent, rendant le visionnage en une traite obligatoire tout en adressant ses reproches à un système policier par son matériel originel (le livre écrit par Stephen Fulcher). C’est surtout quand A confession brosse ses personnages jusqu’à la moelle dans leurs interrogations respectives que celle-ci s’appuie comme un très bon moment de télévision.

A confession de Jeff Pope Avec Martin Freeman, Imelda Staunton, Siobhan Finneran, … Disponible chez Elephant Films depuis le 27 octobre(6 épisodes de 45 minutes)

À propos Liam Debruel

Passionné de cinéma depuis ma découverte de Super 8 dans un petit cinéma de village, j'essaie de découvrir le plus de films possibles avec un éclectisme passant de Kubo et l'armure magique à Alléluia sans aucune autre transition que mon amour pour le septième art. Fan de J.J. Abrams et doté d'un humour absolument raté, je profite de ma passion pour l'écriture en rédigeant des chroniques tentant d'être pertinentes. Je reste toujours animé par mon envie de partager mon amour pour les oeuvres qui retournent mon petit coeur de belge dans tous les sens.

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