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The King’s Man : Beauf Gentleman Origin

Quand on voit une fin d’année comme celle-ci, où un Matrix et un Spider-Man font leur apparition comme une énième extension d’un univers, nous avons le droit d’être un minimum emmerdé par la programmation d’un troisième film Kingsman. Est-il possible de voir exister le blockbuster en dehors d’une logique de duplications du récit ? Dès son annonce, The King’s Man : Première Mission est un projet de film qui faisait déjà souffler, tant l’impression d’avoir fait le tour est présente. Là où No Way Home fonce dans un cynisme puant, Matrix Resurrections analyse et critique se besoin pulsionnel de renouer avec une nostalgie et des désirs d’enfants de voir vivre ses héros ad vitam aeternam. Quid de Kingsman ?

The King’s Man : Première Mission se pose comme un projet venant d’une autre époque. Les origines de la toute première agence de renseignement indépendante pendant la première guerre mondiale. Loin d’un cynisme reprochable à d’autres, Matthew Vaughn reproduit tel un naïf un récit classique, bien rodé, sans réelle intention d’inventer l’eau chaude mais ayant une vocation divertissante. Quand il est question de divertissement, il n’est pas dit que l’appréciation se fait avec un « débranche le cerveau » typique, défense des amoureux des dernières productions marvéliennes. Mais plutôt parce qu’on voit une inventivité dans l’exagération et la mise en scène du réalisateur, faiseur d’icônes en donnant vie à des personnages comme Raspoutine, d’un kitsch hilarant. The King’s Man apparaît spontané dans sa manière de traiter son histoire, mais on décèle rapidement chez son conteur une envie de traiter de la première guerre mondiale comme une blague grassement élaborée.

Moqueur sans finesse, ou plus communément appelé le Beauf Gentleman, Matthew Vaughn nous embarque dans une aventure haletante ou il nous est enfin possible d’observer une scène d’action convenablement filmée accompagnée d’un humour aussi gras que nos repas de fin d’année. Meilleur que le second volet, le film donne de l’allure à une première guerre mondiale hallucinée. The King’s Man installe une ambiance, un univers qui se détache du réel pour créer un imaginaire de personnages historiques totalement débiles, bien que nécessaires. C’est ce côté jusqu’au boutiste qui donne du caractère à une œuvre qui semblait déjà condamnée. Un sauvetage bien heureux, notamment à travers des choix de scénario plutôt surprenants.

Il convient cependant de souligner une photographie parfois souillée par des CGI plutôt ratés et des rajeunissements à la limite du tolérable. Son habillage musical est également plus qu’oubliable tant il pioche dans les stéréotypes des films d’action, où les basses font office de mélodie. The King’s Man ne raconte pas grand chose, mis à part la création de cette entité. Le rapport père-fils existant entre Conrad et le duc d’Oxford est le seul tissu empathique existant. Il est utile tant le reste de l’œuvre n’est que détournement, construit autour d’un univers pulp aux personnages débridés. Cette empathie voulue n’existe jamais vraiment par un manque de conflit marquant entre Conrad et son père. Le film donne cette impression d’avoir existé en tant que blockbuster des années 2000, comme s’il avait ignoré l’évolution des codes de ce cinéma à gros sous. Il y arrive tout particulièrement par un grostesque fascinant dans l’écriture et d’un récit qui continue à faire honneur à Mark Millar.

The King’s Man surprend par sa volonté de concevoir un regard conscient et régressif de la première guerre mondiale. Son scénario est classique, mais l’ennui est aux abonnés absent tant ses personnages nous amusent à travers un humour gras et des chorégraphies appliquées.

The King’s Man : Première Mission de Matthew Vaughn. Écrit par Karl Gajdusel et Matthew Vaughn. Avec Gemma Arterton, Ralph Fiennes, Harris Dickinson… 2h11

Sortie le 29 décembre 2021

1 comment on “The King’s Man : Beauf Gentleman Origin

  1. De toute façon, mon préféré est le premier volet !!
    En réalité, j’avoue que j’étais déçue par le début du film, et que je ne voyais pas trop l’intérêt…
    Comme je l’ai dis dans mon article : Taron Egerton et Colin Firth m’ont manqué ! Mais Ralph Fiennes rattrape le tout😉

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