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Les Cobayes : la maladie de désamour

La figure du couple s’avère tellement installée dans nos fictions que l’on en oublie souvent les rouages qui s’y dessinent. En effet, une fois cette étape sociale atteinte, que reste-t-il ? Tout encore. Il y a la crainte de la répétition morne du quotidien, l’inquiétude de la perte mais également la distance qui se crée, sans qu’on ne s’en aperçoive avant la chute. Toute personne qui a connu cette place dans le couple sait que la fiction aura beau brosser des portraits de personnes amoureuses (ou non) ensemble, il reste encore de la matière à brosser. C’est d’ailleurs le cas dans ce premier long-métrage d’Emmanuel Poulain-Arnaud, apparemment passé inaperçu alors que le second, Le Test, est déjà dans les salles.

Le point de départ de ces Cobayes s’avère intéressant tant il est reconnaissable parmi les angoisses des personnes en couple. Charlotte et Adam sont malheureux·ses malgré la naissance de leur premier enfant. Ils décident de servir de cobayes pour un traitement qui prétend ranimer le désir dans le couple. On imagine de pareille idée d’histoire plusieurs pistes, notamment dans ce traitement médicamenteux qui a pu offrir de vraies pépites sur l’amour comme l’excellente série Maniac. Le long-métrage multiplie les orientations malgré sa courte durée, comme s’il ne savait pas sur quel pied danser pour mieux orienter sa narration. La maladresse de l’intention se ressent, ce qui est dommageable au vu de la qualité du reste.

Sans se révéler transcendant, Les cobayes parvient à bien croquer ces inquiétudes sociales au sein des mécanismes du couple, notamment grâce au bagout de ses deux acteurs principaux. On sent poindre la comédie quasiment sociale, un plan rappelle à du burlesque total, mais qu’importent ces tonalités plutôt disparates, le film parvient à ménager le traitement de ses deux héros. Il y a un aspect quasiment attendrissant à les suivre dans ces mésaventures où ronge discrètement le trouble du couple.

S’il ne révolutionne rien en soi,  Les cobayes attendrit doucement et parvient même à faire sourire par sa représentation du couple battant de l’aile et prêt à tout pour papillonner à nouveau. Sa sortie discrète n’aura pas su rendre justice à l’intérêt qui se crée pour un long-métrage modeste mais aux pistes néanmoins présentes pour susciter l’intérêt, surtout chez les angoissé·es de l’amour.

Les Cobayes d’Emmanuel Poulain-Arnaud. Écrit par Noé Debré et Emmaniel Poulain-Arnaud. Avec Thomas Ngijol, Judith Chemla, Dominique Valadié… 1h20
Sorti le 10 novembre 2021

À propos Liam Debruel

Passionné de cinéma depuis ma découverte de Super 8 dans un petit cinéma de village, j'essaie de découvrir le plus de films possibles avec un éclectisme passant de Kubo et l'armure magique à Alléluia sans aucune autre transition que mon amour pour le septième art. Fan de J.J. Abrams et doté d'un humour absolument raté, je profite de ma passion pour l'écriture en rédigeant des chroniques tentant d'être pertinentes. Je reste toujours animé par mon envie de partager mon amour pour les oeuvres qui retournent mon petit coeur de belge dans tous les sens.

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