C'est au cinéma Critiques

Le médecin imaginaire : Ça strabe sévère

Que les États-Unis tremblent, le Marvel Cinematic Universe trouve un adversaire de taille chez nous en la personne d’Alban Ivanov. Saltimbanque qu’on a déjà eu l’habitude de voir dans des comédies à la qualité souvent inexistante, il a décidé de mettre les bouchées double cette année car en l’espace de trois mois ce n’est pas dans un ni même deux films qu’on le retrouve… mais bien dans cinq ! Le dernier en date (pour le moment) c’est Le médecin imaginaire, une comédie qui fait peur tant sur le papier que pendant la bande-annonce mais comme on dit, il n’y a que les con·nes qui ne changent pas d’avis… ou celleux qui n’ont pas peur de remettre en cause leur cinéphilie.

Alex, alias DJ Wathu, est une star reconnue du monde de la nuit qui enchaîne les concerts aux quatre coins du monde sans aucun répit, poussé par une manager (Clotilde Courau) quitte à faire un burn-out sur scène qui ne sera pas sans conséquences puisqu’à son réveil le voilà alité, le médecin lui annonçant une fracture du coccyx. Pendant sa période de convalescence, le voilà affublé d’Abdel, un homme très gentil au demeurant mais qui a raté son concours d’aide-soignant pour la douzième fois. De manière assez improbable, et suite à des événements qui le sont tout autant, les deux lient une amitié assez forte poussant l’un à revenir sur le devant de la scène et l’autre à prendre les rennes de sa vie.

Si on nous avait dit un jour qu’on se retrouverait à écrire une critique positive d’un film avec Alban Ivanov, on aurait peut-être déjà fermé le site pour éviter ce drame. Et pourtant, le film est… drôle ? Il est vrai qu’avec l’un des scénaristes de Le Grand Bain on partait avec quelques bases. On ne dit pas qu’on se retrouve devant le fleuron de la comédie française, d’ailleurs le scénario est quasiment absent, seulement là pour prétexter le buddy movie qui lie Alex et Abdel, sans parler de la caméra peu inspirée. Mais alors, qu’est-ce qui a bien pu nous séduire là-dedans ?

Le film d’Ahmed Hamidi possède un atout assez redoutable : Fatsah Bouyahmed (également co-scénariste) qui porte le long-métrage à lui seul. Rien n’a d’intérêt, ni Alban Ivanov qui lui sert seulement de side-kick dont on se fout totalement, ni même cet étrange arc impliquant un vol de téléphone et permettant d’introduire les personnages de Booder et Smaïn en agents de police marocains aussi doués que nos poulets français. Pourtant, à chaque fois que le personnage de Fatsah Bouyahmed ouvre la bouche, vous êtes presque sûr·e de rire, jamais de lui, toujours avec. La naïveté de son personnage et son envie de bien faire auprès de tout le monde le rend ultra attachant des les premières minutes, le film réussissant même à développer son arc autour de son envie de devenir aide-soignant et l’amour qu’il tente en vain de déclarer à Nassima avec plus ou moins de succès. Cette gouaille contagieuse ne vole pas très haut certes mais a le mérite d’être sincère.

On va pas tenter de vous convaincre d’aller voir Le Médecin imaginaire (il y a beaucoup d’autres films qui méritent d’être vus en ce moment) mais on peut au moins souligner le fait que dans le flot de comédies françaises qui nous inondent chaque année, celle-là est plutôt rafraichissante et drôle dans son genre.

Le médecin imaginaire réalisé par Ahmed Hamidi. Écrit par Ahmed Hamidi et Fatsah Bouyahmed. Avec Alban Ivanov, Fatsah Bouyahmed, Clotilde Courau… 1h25
Sortie le 27 avril 2022

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