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[CANNES 2022] Alma Viva : Alma lève toi

La Semaine de la critique est intéressante à suivre, un vivier de nouveaux·velles cinéastes à l’image de Jesse Eisenberg qui assure l’ouverture de la sélection de cette édition. La compétition peut désormais commencer avec Cristèle Alves Meira et son mystérieux Alma Viva.

Comme chaque été, la jeune Salomé passe ses vacances au Portugal, dans un petit village niché dans les montagnes avec ses oncles, sa tante et surtout sa grand-mère, Avô, qu’elle aime et admire plus que tout. Malheureusement, cette dernière décède brusquement dans son sommeil. Salomé est inconsolable. Tandis que les adultes s’écharpent sur les détails de l’enterrement et font ressurgir d’anciennes rengaines, Salomé est comme possédée par l’esprit de sa grand-mère qui cherche à se venger de celles qui l’ont blessée auparavant. Une nouvelle qui fait rapidement le tour du village qui a toujours cru que la grand-mère était une sorcière.

On a eu un peu de mal à appréhender Alma Viva aux premiers abords. D’abord chronique d’un été aux côtés de la pétillante Salomé. Puis frappe la mort qui vient bouleverser les rapports entre les membres de la famille : la tante qui s’est occupée d’elle pendant des années refuse de payer la pierre tombale, sa sœur (la mère de Salomé) est mal vue car elle a déserté le Portugal pour refaire sa vie en France, le frère aveugle qui essaie de prendre tout ce qui vient avec pragmatisme et enfin un dernier frère absent du récit provoquant la colère des deux sœurs. Alors que la famille s’écharpe entre elle mais aussi avec le reste du village (notamment la voisine dont le mari l’a trompé avec la grand-mère), Salomé erre dans le village affublée de la chemise de la défunte. La petite semble habitée, sa grand-mère n’étant visiblement pas prête à passer dans l’au-delà tant qu’elle n’aura pas réglé ses comptes.

Les sujets se mélangent pour en faire quelque chose de pas toujours digeste, dans une première partie qui a tendance à s’éparpiller, avant de nous rattraper lorsque la frontière entre vivants et morts se fait beaucoup plus floue. Jusqu’où Salomé/Avô sont-elles capables d’aller pour se venger ? Le long-métrage lorgne vers le film de sorcière et de possession avec beaucoup de pudeur et d’élégance avant de s’en éloigner pour repartir sur quelque chose de plus brouillon : les sempiternelles querelles dont on connaît les causes puisqu’elles nous ont été expliquées plus tôt. Ce n’est que dans sa dernière partie que le film dévoile quelque chose de beaucoup plus poétique et émouvant. Un incident vient bouleverser tout l’équilibre du village en même temps que l’enterrement de la grand-mère, exacerbant ainsi les tensions et les non-dits jusqu’à atteindre un point de non retour dans la violence. C’est à ce moment que la réalisatrice arrive à nous transporter dans quelque chose de fabuleusement poétique, point d’orgue d’un film qui se veut émancipateur et libérateur. Ce dernier acte nous convainc que Cristèle Alves Meira est une réalisatrice avec énormément de potentiel.

Début de Semaine de la critique plutôt timide mais prometteur avec un film maladroit mais plein de bonnes volontés et surtout de bonnes idées, notamment grâce à une photographie solaire et une actrice principale, Lua Michel, exceptionnellement charismatique.

Alma Viva de Cristèle Alves Meira. Avec Lua Michel, Ana Padrão, Jacqueline Corado… 1h25

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