Top Gun : Maverick. Et Tom Cruise ressuscita le blockbuster américain ?

Le cinéma hollywoodien est-il mort, asphyxié par une logique mercantile outrancière ou un conformisme formel ennuyeux ? Il faudrait disserter des heures de la proposition pour la nuancer autant que faire se peut, ou bien au contraire la valider avec véhémence. Pourtant, il y a là avec Top Gun : Maverick un objet qui peut mettre tout le monde d’accord…

Pete Mitchell (Tom Cruise) est toujours la tête brulée du premier opus. Après un montage d’images de décollage/atterrissage rappelant le début du premier Top Gun, le film démarre sur une séquence où Maverick doit atteindre Mach 10 pour sauver un projet de prototype d’avion hypersonique, avec ce même prototype. Après avoir réussi, il décide de pousser la chose : Mach 10.1…Mach 10.2… Mach 10.3. Et c’est l’explosion. Le programme d’essai est ainsi arrêté par l’amiral Cain qui désire plus que tout mettre Maverick au placard. Pourtant, un ordre d’un certain amiral Tom Kazansky « Iceman » (Val Kilmer), ancien camarade-rival de Mitchell, fait qu’il est envoyé en mission spéciale en tant qu’instructeur à Top Gun, l’école qui l’avait formé.

Y sont rapatriés les meilleurs pilotes des précédentes promotions (récentes !). Maverick est chargé de les pousser jusque dans leurs retranchements, de créer un esprit d’équipe et de les former en trois semaines seulement aux conditions extrêmes de l’opération aérienne (une mission impossible ?), nécessaires si on veut que la mission soit réussie tout en maintenant les pilotes en vie. Seulement, dans l’équipe, se trouve le fils de l’ancien camarade de Maverick, Goose, décédé dans un accident vu dans le premier volet, qui en veut beaucoup au nouvel instructeur de Top Gun…

Scénaristiquement, le long-métrage est d’une simplicité sans nom. Il ne faut s’attendre à aucune surprise. Les dialogues sont souvent fonctionnels mais pas indigents. On y trouve beaucoup de références ou de clins d’œil au précédent film, et le scénario emprunte au premier volet une grande partie de ses ressorts narratifs. Mais alors, recette éculée d’un énième blockbuster-suite-remake ennuyeux ? Et bien pas du tout. Il est vrai que si on y cherche une quelconque audace narrative, on n’en trouvera pas – à l’exception peut-être du traitement fait au personnage de Val Kilmer qui tire une tête malgré sa grave maladie, pour l’apparition d’un « Iceman » assez déchirante. Pour le reste, Top Gun : Maverick est un plaisir de tout instant, car visuellement stimulant.

Économe en effets spéciaux numériques, le long-métrage présente des scènes d’action assez virtuoses et inédites, portées notamment par des plans pris depuis l’intérieur du cockpit qui rendent compte des sensations intenses des pilotes. Les scènes visent à rechercher le vraisemblable du voltige en avion de chasse, tout en confrontant les personnages à des situations extrêmes, ce qui crée une tension permanente. C’est impressionnant, haletant et ça cherche la dose de plaisir régressif et simple nécessaire à ce type de production.

Il peut ainsi être lu sur plusieurs niveaux : la réactualisation d’un film d’action de pilotage d’avion de chasse, la confirmation de la nécessité d’une ambition visuelle dans le cinéma à grand spectacle hollywoodien, la volonté de la part de Tom Cruise d’incarner cette ambition, se mettant lui-même en scène en pilote ringardisé par les drones pilotés par des IA.

Tom Cruise, toujours en forme

Si le cinéma hollywoodien arrive parfois au bout de sa propre logique, Tom Cruise rappelle qu’il existe encore un potentiel filon créatif. Si la formule mis ici en titre est excessive, il n’en demeure que le film sera probablement un des meilleurs divertissements de l’année, et sinon un des plus honnêtes. Après Mission Impossible : Fallout, Tom Cruise et ses équipes dépoussièrent une fois de plus le blockbuster d’action hollywoodien. Et cela mérite bien qu’on passe deux heures en vol supersonique dans le cockpit d’un F-18.

Top Gun : Maverick réalisé par Joseph Kosinski, écrit par Jim Cash et Christopher McQuarrie. Avec Tom Cruise, Miles Teller, Jennifer Connelly… 2h11.

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