Mes jours de gloire : Affronter sa propre réalité

Vincent Lacoste est l’un des acteurs les plus populaires du paysage cinématographique français. Depuis Les beaux gosses, sa notoriété n’a cessé de croître au même titre que son implication dans une grande variété de films, au cœur desquels il incarne assez souvent le même personnage, de sorte que l’on peut être amené à parler de « film Vincent Lacoste » dès que son nom figure à l’affiche. Ce phénomène semble être le point de départ du premier long-métrage d’Antoine de Bary, Mes jours de gloire, une « dramédie » lacostienne imparfaite mais pleine de charme.

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Dark Waters ou l’exemple du thriller politique qui régale

Commande de Mark Ruffalo pour Todd Haynes, Dark Waters vient éclabousser nos écrans avec un scandale politique impressionnant et inquiétant. Il s’agit là de l’occasion pour le cinéaste, déjà bien reconnu, de se prêter à l’exercice du thriller politique, et force est de constater qu’il s’y colle avec brio. Il raconte ici l’histoire de Rob Bilott (Mark Ruffalo), fraîchement nommé associé d’un grand cabinet d’avocat, spécialisé dans la défense des gros industriels, et contacté par Wilbur Earl Tennant (Bill Camp) qui lui signale que la société DuPont pollue ses champs en Virginie-Occidentale. L’avocat, hésitant, se lance alors dans l’enquête pour aider ce fermier, sans avoir conscience de l’ampleur de ce qui l’attend.

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Lettre à Franco : Papi (re)fait de la résistance

La mode est aux films historiques sur des personnes ignorées aux actes pourtant fort à en croire la sortie simultanée de Le cas Richard Jewell par Clint Eastwood et Lettre à Franco d’Alejandro Amenábar. Autre point commun entre ces deux métrages : leur médiocre qualité – on renvoie à notre critique sur Richard Jewell si vous désirez en savoir plus à son sujet, bien que le film d’Eastwood soit plus captivant et moins vain que celui dont il est question ici. Direction l’Espagne où la chaleur estivale en 1936 a fait tourner la tête à un pays, alors en quête de reconstruction politique, mais aussi au réalisateur qui semble s’être évanoui en cours de route.

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Conflit : Portrait de(ux) femmes face à la pression sociale

Monteur pour Max Ophüls ou Marcel L’Herbier, Léonide Moguy est avant tout un cinéaste à la filmographie assez courte mais intéressante. Se mettant en marge de ses contemporains très ancrés dans le réalisme poétique, comme Jean Renoir ou Marcel Carné, il opte davantage pour des thèmes assez tabous pour l’époque, une mise en avant prononcée des femmes, sous la forme de mélodrames enjoués. Son quatrième film Conflit en est un très bon exemple.

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Le tango de Satan : De la fin de toute chose…

Prendre le temps de voir les choses. Voilà ce qui résume bien Le tango de Satan, et l’œuvre de Béla Tarr en général, mais cela évoque également le spectateur qui décide de se plonger dans une aventure assez folle, d’une durée de 7h30, de laquelle il ne peut sortir indemne. Cette plongée dans la campagne hongroise du début des années 90, d’une richesse immesurable, reste un des accomplissements cinématographiques des plus notables et, à l’occasion de sa première véritable sortie en France, il est nécessaire de revenir sur ce film unique.

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Autant en emporte le vent : retour sur un géant du cinéma hollywoodien

Autant en emporte le vent, voilà un nom qui suinte le cinéma. Auréolé avec huit oscars à sa sortie et considéré par beaucoup comme la plus grande histoire d’amour jamais projetée dans une salle obscure, il s’agit d’un film à l’aura unique qui symbolise parfaitement une certaine ère hollywoodienne. Épique, dantesque, démesuré et touchant mais aussi révisionniste et raciste, les adjectifs manquent pour évoquer ce monument du septième art, la production David O. Selznick par excellence qui, après 81 ans d’existence, demeure encore aujourd’hui une œuvre incontournable de la culture populaire.

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L’homme du sud : cultiver sa liberté

Alors que la seconde guerre mondiale touche à sa fin, Jean Renoir, illustre cinéaste français retranché outre Atlantique depuis quelques années alors, réalise son troisième film américain, L’homme du sud (The Southerner en version originale). Un film pas forcément très connu dans nos contrées mais loin d’être à oublier dans la carrière du réalisateur.

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