Nona et ses filles : Prodige et tracas

Deux ans après le fantasque Notre Dame, Valérie Donzelli signe en 2021 la réalisation de sa première (mini-)série enchanteresse Nona et ses filles co-écrite par la scénariste Clémence Madeleine-Perdrillat (Mixte, En thérapie (saison 2)).

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Si on chantait : Bienvenue chez les ch’biteuls

On l’attendait tou·tes avec impatience mais ça y est, Si on chantait est ENFIN sorti ! Inutile de souligner la joie qui a submergé notre cœur à la seule écoute entêtante du tube incontournable de Julien Clerc. Alors, on vous débriefe tout ça ici, en-bas…

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Illusions perdues : une fresque intemporelle

En 2015, Xavier Giannoli nous prenait de court avec Marguerite qui avait remporté trois César dont celui de la meilleure actrice pour son héroïne Catherine Frot. Six ans plus tard, le réalisateur co-écrit avec le scénariste Jacques Fieschi (Police, Un cœur en hiver, L’Adversaire…) une adaptation magistrale et effrayamment moderne du roman de Balzac.

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Benedetta : Sous le Soleil de Verhoeven

Ce mois de juillet 2021 délivre enfin les fidèles de leur attente : le dernier Verhoeven est né ! Bien sûr, la recette habituelle n’a pas changée : une bonne charge contre la religion, un (généreux) soupçon de provocation, beaucoup de souffrances (c’est de bon ton !) et une tête d’affiche incontournable – Virginie Efira – pour porter le voile de la nonne la plus rock ‘n’ roll de toute l’Italie, Benedetta Carlini, dont le destin fut soigneusement rapporté par l’historienne américaine Judith C. Brown dans la biographie Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne. L’histoire se passe au XVIIème siècle, bien sûr.

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Le Bonheur : la lumière devant l’ombre

Il y a des films qui ne s’expliquent pas. Le Bonheur d’Agnès Varda, c’est un peu ça, ça ne s’explique pas vraiment. Alors, pourquoi essayer de poser des mots sur l’inexplicable ? La réponse est simple : pour vous donner envie de (re)voir cette pépite brûlante de simplicités, de hasards et d’amour, surtout…

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The Crown : décryptage d’une addiction

C’est officiel : la France est victime d’une elizabetation !

La saison 4 de la série 100% royal a fait son grand retour le 15 novembre dernier sur Netflix, entraînant rapidement un raz-de-marée de visionnages : la série s’est même hissée en première position du Top 10 France. Si le bouche-à-oreille fait son effet, on peut légitimement se demander pourquoi diable une série retraçant la vie de Sa Majesté Elizabeth II et de son entourage attire à ce point les frenchies…

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Les Apparences : du rififi chez les bourgeois

Avec Les Apparences, Marc Fitoussi signe la réalisation (et l’écriture) de son sixième long-métrage librement adapté du roman Trahie de l’écrivaine suédoise Karin Alvtegen… Si le casting est impeccable, la comparaison « chabrolienne » (que nous avons lue à peu près partout) nous a quelque peu laissés sur notre faim.

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Énorme : il a fait un bébé tout seul

Sophie Letourneur revient en fanfare six ans après la sortie de Gaby Baby Doll avec un film à l’affiche et à la bande annonce proches de la comédie populaire peu enlevée. À la lecture du pitch, cela devient même perturbant…

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L’Aventure des Marguerite : un film… magique ! (on s’éclate bien dans les titrages)

– Qu’est-ce qu’on va voir au ciné ?

– Ben chais pas, on a qu’à aller voir L’Aventure des Marguerite

– Chouette, super, allons-y !

Nous sommes d’accord, cette conversation est surréaliste. Comment peut-on aller voir un film qui porte pareil titre ? (…) Trêve de médisance. Sommes-nous des vipères ? La réponse est NON, pas cette fois. Certes, nous ne retiendrons pas ce film dans l’histoire pantagruélique du cinéma français, mais L’Aventure des Marguerite a le mérite d’exister et de s’assumer, malgré un discret engouement que nous ne comprenons guère.

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Conte d’été : mélodie salée

« Ça cause trop ! » diront les renfrognés, « y s’passe rien ! » enchériront les bornés… Alors bien sûr, si vous voulez du sang, de la bagarre et des cascades enflammées, changez de programme ! Mais diantre, posez-vous tout de même la bonne question : pourquoi faut-il impérativement regarder du Rohmer ? Réponse objective : parce que Rohmer écrit sur nos problèmes existentiels, les vrais, ceux qui charrient notre petit cœur d’artichaut. Sachez donc apprécier l’intime pensée de ces intelligentes causeries et prenez des notes s’il le faut !

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L’une chante, l’autre pas : liberté, liberté chérie

En ces temps de confinement, il fait bon se replonger dans les senventies, époque bénie où les hippies traînaient leurs breloques dans les campagnes paumées. La Grande Artiste, l’Inoubliable Agnès Varda, nous entraîne à son tour dans l’univers de ces deux copines à la destinée et au caractère bien différents. Le film, si coloré et étincelant soit-il – à l’image de son affiche complètement acidulée – expose des sujets graves. Bien sûr, il y a l’émancipation de deux femmes et de toutes les autres… mais l’on y parle aussi du suicide, de l’exil, et de la difficulté pour un artiste à gagner son pain…

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La fille au bracelet : Dans l’engrenage du doute

Stéphane Demoustier se lance dans le film de procès et signe une affaire captivante et impeccablement interprétée. Pour ne citer qu’eux : Chiara Mastroianni, Roschdy Zem et Anaïs Demoustier font partie du casting de choc… Quant à Mélissa Guers, l’actrice qui campe l’héroïne, c’est en répondant à une annonce postée sur Facebook qu’elle a retenu l’attention du réalisateur ! C’est certain, elle était faite pour le rôle. À vous, maintenant, d’affronter le regard de cette jeune femme et d’assumer le poids de l’irréfutable doute.

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Notre dame : … de la loufoquerie

En ce début de nouvelle ère, il est bon de passer le cap du gros blockbuster (coucou Maître Yoda !) et de prendre une bonne dose de drôlerie boboïsante intergalactique… car oui, nous allons vous parler de Notre dame de Valérie Donzelli. La comédienne et réalisatrice revient sur le grand écran avec une comédie romantique et merveilleuse.

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Seules les bêtes : Polar et chansonnette

Dominik Moll et Gilles Marchand (Harry, un ami qui vous veut du bien) reprennent leur collaboration et adaptent librement le roman éponyme de Colin Niel sorti en 2017. Déconcertant, leur film propose une succession de points de vue et promet au spectateur une mécanique du suspens bien huilée.

Tu t’en vas…

Non, nous ne sommes pas partis de la salle obscure bien que les premières minutes de ce thriller fragmenté soient assez déroutantes : quelque part en Afrique, un homme porte un animal sur son dos. Il frappe à une porte. Séquence suivante : une route perdue dans les Causses et un prénom qui s’affiche, celui d’Alice (Laure Calamy); c’est le premier chapitre/personnage ouvrant le fiasco hasardeux auquel nous allons assister.

En bref, Alice trompe son mari Michel (Denis Ménochet) avec Joseph (Damien Bonnard), un brave garçon qui ne sait parler qu’à son chien et à son troupeau. Joseph est un « cas social » comme le dit si bien le bourru Michel (qui se sait cocu de surcroît). Tout ce joli monde cohabite sinistrement dans cet endroit reculé lorsque l’on annonce qu’une femme a disparu (Valeria Bruni-Tedeschi). Arrive alors le gentil gendarme (Bastien Bouillon, vu très récemment chez Sébastien Betbeder dans Debout sur la montagne) qui pose plein de questions mais qui (semble-t-il) ne résoudra jamais rien parce que la femme recherchée est morte et que son corps a été déposé dans la cour enneigée de Joseph, le coupable idéal.

Paniqué (mais heureux ?) Joseph cherche donc à faire disparaître le corps de cette belle femme dans la forêt enneigée… mais c’est sans compter sa légère tendance nécrophile et son amour pour la solitude qui le poussent enfin vers la sortie de tout ce bordel terrestre. Avec la morte, Joseph partage de beaux moments de complicité (si, si !) et ensemble, ils écoutent ce standard incontournable de la chanson française qui a pour titre exhaustif « Tu t’en vas ». Oui, c’est à partir de ce moment-là que l’on accroche vraiment et que l’on se dit « c’est complètement glauque mais je reste ».

Engrenage

Mais alors, qui a tué la morte ? Bah oui, on se le demande tout de même ! Après être passé par la case « Alice » puis la case « Joseph », c’est au tour de Marion d’entrer dans la partie. Mais c’est qui Marion ? Eh bien Marion, c’est la jeune amante de la morte. Mais attention parce que la partie se corse lorsque Marion devient Amandine à Abidjan. Amandine, c’est l’arnaque de Michel. Vous suivez ?

Oui, tout ceci est invraisemblable (et drôle) et comme dans le roman, on nous fait passer d’un point de vue à l’autre pour nous emmener – par le biais de l’irrésistible montage alterné – en pleine séance de maraboutage à Abidjan. Et tout ceci n’est que le fruit du hasard, meilleur ami de la malchance qui aura fait quelques dégâts sur son passage ; reste alors à dénouer le tout par une séquence finale assez cocasse, comme le net contraste du calme revenu après la tempête.

En bref, Seules les bêtes promet aux spectateurs une intrigue bien ficelée (car tirée d’un roman) mais si le titre annonce le mystère, le processus de dévoilement de l’intrigue est quelque peu refroidissant, faute de nous emmener plus loin dans la réflexion sur les vanités de l’espèce humaine.

Seules les bêtes, de Dominik Moll. Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni Tedeschi, … Sortie le 4 décembre 2019.

Hors Normes : Leçon de Vies

Une claque. Voilà ce que l’on se prend à la sortie de la salle obscure. Le duo des Intouchables Nakache-Toledano revient bel et bien en force avec un sujet social, où la force et le courage côtoient l’injustice de la maladie. Sans pathos ni dramaturgie. Juste l’histoire de ces vies que la société a écarté de ses rangs et de celles qui les aident à mieux supporter l’insupportable quotidien de la différence.

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