Conversation Secrète : Paranoïa instinctive

Il y a quelques semaines de cela, nous découvrîmes le Final Cut d’Apocalypse Now. Une œuvre que Francis Ford Coppola a régulièrement remaniée, y ajoutant des scènes avant de les retravailler une à une pour apporter la version la plus homogène possible, un véritable plaisir à savourer de nouveau en salle. S’il peut permettre, nous l’espérons, à toute une nouvelle génération de mettre un nom sur la renommée et le génie de Coppola, le Parrain, lui aussi, fait partie de ses propositions intemporelles du maître, qui viennent instantanément au bord de toutes les lèvres lorsque le nom du réalisateur se fait entendre. Pourtant, l’ami Francis a bien plus d’une pépite dans sa besace, et il est de ses œuvres oubliées qu’il fait bon de ressortir de temps à autre.

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[DEAUVILLE 2019] The Climb : Burlesque ennuyeux

Sur les routes de Navarre, deux cyclistes. Qui discutent tranquillement de choses et d’autre. Lorsque l’un demande à l’autre s’il accepte d’être son témoin de mariage, l’autre avoue à l’un que depuis quelques temps, il couche avec sa future femme. S’en suit une course ridicule aux dialogues taillés au couteau. Petite ellipse, l’enterrement de la femme en question, qui finalement a épousé ledit copain, rajoute une forte ironie lors d’une cérémonie qui part en vrille. Tous les éléments sont là pour passer un bon moment d’humour noir.

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Rencontre avec Guy Nattiv, réalisateur de "Skin"

Lendemain de la projection du très convaincant Skin, nous retrouvons Guy Nattiv, réalisateur du film, pour parler du projet, de sa conception, de son messages et des difficultés rencontrées. À nos côtés, trois autres acteurs du milieu pour une table ronde. Nous retrouvons Adélaïde de Zickma, Frédéric de Fou de Théâtre, et Boris de Mulder Ville pour un partage de questions, que nous avons choisi de retranscrire en intégralité. 

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[DEAUVILLE 2019] Mickey And The Bear : Fuir son quotidien

Le Montana. Si on s’imagine que la terre des rednecks se limite au Texas / Kansas / Mississippi, c’est mal connaître notre chère Amérique profonde. Au milieu des concours de celui qui avale le plus de tartes, des familles sur-armées et du racisme primaire, Mickey tente de survivre, d’assumer un environnement toxique qui lui semble son fardeau par défaut, mais aussi de s’en échapper. 

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[DEAUVILLE 2019] Waiting For The Barbarians : l’attente interminable

Comme on nous l’aura bien vendu, ce Waiting For The Barbarians. Retour inattendu pour un Johnny Depp qui, selon les dires, tente un rôle de composition, présence d’un Mark Rylance qui depuis ses trois collaborations avec Steven Spielberg ne quitte plus les esprits, adaptation d’un livre par un réalisateur reconnu dans les sphères cinéphiles, le projet a tout pour plaire. Dès les premiers instants, la photographie nous entraîne dans une poésie patiente, prenant le temps de la contemplation. 

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Music Of My Life : Blinded By The Passion

A star is born et Bohemian Rhapsody auront beau nous avoir fait souffrir, ils auront donné à nouveau confiance aux producteurs pour lancer des projets où la musique est à l’honneur. En quelques mois, on a pu savourer l’excellent Rocketman, l’inégal mais sincère Yesterday, et l’intriguant Music Of My Life, film anglais mettant à l’honneur un immense artiste américain, Bruce Springsteen.

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[DEAUVILLE 2019] Ham On Rye : disparition solaire, puis scénaristique

Le Ham On Rye est un sandwich assez réputé aux États-Unis, consistant en une tranche de jambon disposée sur du pain de seigle, généralement accompagné de salade et de tomates. Évidemment, pour ne pas masquer le goût, les dites tomates doivent être coupées en fines rondelles, et la sauce reste légère, pour n’apporter qu’un accompagnement permettant de savourer le fameux mets. Faites maisons, elles peuvent se composer de mayonnaise ou de ketchup, mais aussi de recettes plus alambiquées telles que…..Bon, vous voyez pas le rapport ? Nous non plus. 

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[DEAUVILLE 2019] The Wolf Hour : Fenêtre sur rue pas secrète

New York, le Bronx, fin des années 70. Quartier en effervescence, en proie à une criminalité sauvage, où l’ambiance se mêle à la peur. Là, dans un appartement qu’elle délabre avec laxisme, June, célèbre auteure victime d’un succès qui l’a plongé dans un état de paranoïa total, regarde le monde à travers sa fenêtre, et alimente sa peur de l’extérieur, des autres, des dangers qu’elle constate se mêlant à ceux qu’elle s’invente. 

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[DEAUVILLE 2019] Share : Reconstruction face à l’oubli

2019. Les derniers « Don Juan » et autres êtres abjects qui justifient leur pensée unilatérale par leur amour inconditionnel des femmes peuvent retourner se terrer dans les méandres d’où ils auraient du rester : aujourd’hui, la culture du viol, on en parle. Alors oui, on va se faire marteler par tous les bords les scandes issues de Me Too, des Balance Ton Porc, et de tout ce qu’il faudra pour que le message passe. Parce que visiblement, si les langues se délient, et que tout le monde se retrouve enfin face à ces actes, que l’on soit coupable direct ou complice volontairement aveuglé, rien n’est acquis, et le chemin va être encore long. Et quand on voit le portrait malheureusement réaliste que nous dévoile Share, on ne peut que se sentir encore mal. 

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Skin : L'échappée infernale

À l’heure où la montée des extrêmes atteint une nouvelle apogée bien trop importante, le cinéma est là pour s’approprier le sujet et en parler avec la pertinence aléatoire qu’on lui connaît. On consomme donc cette thématique dangereuse de toute les manières, pour le meilleur et pour le pire : Spike Lee qui oublie d’ajouter le soupçon de gravité nécessaire pour que son Blackkklansman fonctionne ; Daniel Ragussis qui, au contraire, conserve trop de sérieux au point d’en rendre son Imperium imbuvable, parler des suprémacistes est un exercice délicat. Guy Nattiv, avec un angle radicalement différent, compte changer la donne. 

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