[CANNES 2017] Mobile Homes : Y a comme un petit air de Xavier Dolan

Il y a certains films qu’on attend, d’autres moins et enfin d’autres qui nous surprennent et qui participent à la magie du Festival de Cannes. Pourtant face au concert de M sur la plage le choix aurait pu être vite fait mais chez OSFUC, on est plutôt très content d’être allés voir Mobile Homes présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Premier long-métrage de Vladimir de Fontenay qui reprend là le scénario de son court-métrage du même titre.

Fuir ou s’installer ?

Ali et Evan sillonnent les routes entre les Etats-Unis et le Canade pour leurs différents petits trafics dans l’optique d’acheter une maison. Un couple dysfonctionnel dont le fils d’Ali est la première victime puisqu’il est régulièrement utilisé dans ces petites magouilles. A bout, Ali s’enfuit avec Bone pour essayer de se créer enfin une vie même si les décisions à venir risquent d’être compliquées.

Un drame familial confiné dans un van miteux avec pour seule idée celle du foyer. Evan se rattache à l’idée d’acheter une maison pour eux trois avec l’argent gagné de manière peu honnête tandis qu’Ali a une vision plus réaliste et donc plus pessimiste de la réalité. Après une énième frasque de la part de son petit-ami, elle s’enfuit et se retrouve dans un mobile-home qui au final représente peut-être toute ce qu’elle désire. S’ancrer verticalement dans la société avec une maison tout en gardant cete possibilité de fuir horizontalement comme elle l’a toujours fait avec Sean.

Une famille dysfonctionnelle qui malgré la violence s’aime et ne cherche qu’une chose : le bonheur. Dans une certaine mesure et dans la problématique engagée, ce film a des allures de Xavier Dolan? L’amour, la famille, le conflit mais surtout le portrait d’une mère, une mère perdue face à ses responsabilités de mère et qui tentera le tout pour le tout pour que son fils soit heureux malgré tout. L’esthétique du film rappelle également les films de Xavier Dola notamment avec ces gros plans au niveau du visage.

Avec un trio assez charismatique, le jeune Bone fait ses débuts au cinéma et quels débuts ! Drôle et touchant, cet enfant nous séduit d’un regard. D’ailleurs tout comme ses parents entre le charisme indéniable de Callum Turner et la beauté fragile d’Imogen Poots.

Mobile Homes est un joli bijou qui mérite d’y prêter attention malgré ses quelques imperfections mais une scène finale touchante et belle de simplicité. D’ailleurs la standing ovation reçue à la fin de la séance augure de belles choses pour ce film.

[CANNES 2017] Day 04 : « Attends ma glace ! »

Encore une semaine avant la fin du Festival alors on ne lorgne pas et on continue de se nourrir de films même si on en profite aussi de temps en temps parce que c’est Cannes quand même ! Au programme de ce dimanche : de l’apéro, de la standing-ovation et une plage en délire.

Qui dit dimanche, dit forcément petite grasse matinée. Après tout on a bien le droit de se reposer un peu quand même. Et de toute manière impossible de voir un film ce matin puisque j’avais rendez-vous à 11h au pavillon Unifrance pour remettre le Prix France Culture à… La Jeune Fille Sans Mains ! Un autre prix a également été remis à Monsieur Costa Gravas en personne avant de profiter de la petite terrasse, du soleil et de l’apéro à volonté. Elle est dure la vie cannoise hein ?

Un bon déjeuner après et rendez-vous à l’espace Miramar sur la Croisette pour la Semaine de la critique. Oui bon impossible de voir tous les films proposés à Cannes mais cette catégorie est quasiment une catégorie sûre et pour preuve, Gabriel et la montagne diffusé cet après-midi là est une jolie réussite dans son genre.

Normalement j’aurais dû aller au concert de M sur la plage qui avait lieu ce soir-là mais à la place je suis allée au Mariott pour la Quinzaine des réalisateurs et la projection de Mobile Homes en compagnie de l’équipe du film. Bon évidemment juste avant je suis enfin allée manger cette glace qui me tentait tant avant de filer pour ma séance de 20h30. Et bien je suis plutôt contente de ce changement de dernière minute puisque la projection s’est terminée par une belle et longue standing ovation pour toute l’équipe.

Journée plutôt calme au final mais ça c’est pour mieux revenir dès demain parce que lundi soir risque d’être une très très grosse soirée (non je ne spoilerai pas). Allez les amis on se dit à demain pour de plus folles aventures.

[CANNES 2017] Come Swim : Kristen Stewart, une future grande réalisatrice ?

Habituée du Festival de Cannes, Kristen Stewart est cette année présente non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice. La jeune femme a décidé de commencer modestement avec un court-métrage de 17 minutes prénommé Come Swim avec Josh Kaye et qui dépeint la vie d’un homme entre rêves et désillusions le tout dans une atmosphère oppressante et onirique. Alors est-ce que Kristen Stewart a réussi son pari ? Il semblerait que oui.

Une première oeuvre très personnelle

Ce n’est pas une nouvelle pour personne, Kristen Stewart a une personnalité et un univers bien à elle ce qui fait d’ailleurs d’elle l’une des meilleures actrices de sa génération. Come Swim se démarque par son univers très marqué par les influences de sa réalisatrice. On est dans quelque chose qui oscille entre rêve et réalité sans jamais vraiment nous dire le mot de la fin mais nul besoin pour comprendre et apprécier l’oeuvre. Un peu comme une expérimentation, le personnage principal vacille, se perd, se noie dans les paroles de Kristen Sewart en fond sonore. Que veut-elle ? Qui est-elle ? Que représente-t-elle ? A vous de vous faire votre propre opinion. C’est expérimental certes mais loin d’être inaccessible puisque libre à chacun d’y lire ce qu’il veut.

L’univers et les couleurs rappellent parfois dans une certaine mesure A Cure For Life, la musique est assourdissante, les images sont puissantes, bref ce sont 17 minutes courtes mais 17 minutes intenses.

Présenté lors d’une séance spéciale au Palais des Festivals, ce court-métrage a reçu une salve d’applaudissements mérités en tout cas à OSFUC on a adoré. Désormais nous n’attendons plus qu’une chose, que Kristen Stewart nous offre son premier long-métrage car s’il est de la même qualité que Come Swim, elle pourrait devenir une très grande réalisatrice.

[CANNES 2017] 120 Battements par minute : Et si elle était là notre Palme d’Or ?

On l’attendait impatiemment le film qui allait faire parler de lui sur la Croisette et cocorico il est français et fait drôlement écho à l’actualité notamment en Tchétchénie. Après avoir reçu un très joli accueil à Cannes, il n’y a aucun doute sur le fait qu’il en sera de même lors de sa sortie en salle au mois d’août. 120 Battements par minute se replonge dans les années 90 alors que le problème du SIDA est soigneusement évité par les politiques. A Paris, les activistes d’ACT UP mettent alors tout en oeuvre pour mettre en lumière cette maladie et au sein du groupe, un nouveau venu va tomber sous le charme d’un des leader : Sean.

Emotion et justesse du propos

Au cours de ces 2h20, le réalisateur passe habilement de l’action menée par ce groupe d’activistes à la dure réalité qui se cache derrière c’est-à-dire la maladie. Plongés au coeur de leur quotidien, on y découvre leurs joies, leurs peines mais aussi leurs peurs et leurs histoires d’amour à l’image de celle vécue entre Sean, activiste de la première heure et Nathan, toute jeune recrue d’ACT UP. L’un est atteint du sida et sa santé se détériore rapidement tandis que l’autre a réussi à passer entre les filets alors qu’un de ses ex est décédé de la maladie. Deux parcours différents qui ne laissent pas indifférents de par la beauté de cette amour et la sincérité qui en dégage.

Mais 120 Battements par minute c’est aussi une association, ACT UP, qui a lutté pendant des années à coup d’actions sanglantes (au sens strict du terme) afin de faire entendre leur voix et celles de toutes les personnes atteintes du sida et oubliées par la société. La force que dégage certaines scènes est assez renversante d’ailleurs tout comme le film dans son intégralité.

La sexualité est un sujet également abordé dans ce film mais d’une manière assez surprenante. Brute de décoffrage mais tellement réaliste et simple, sans artifices. Le réalisateur film les corps nus avec beaucoup de poésie et de pudeur et évidemment les prestations des deux acteurs principaux Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois n’y sont pas pour rien puisqu’ils portent le film à bout de bras et forme probablement l’un des plus jolis couple au cinéma.

Le Festival de Cannes n’en est qu’à son quatrième jour de compétition et pourtant certains se détachent déjà du lot. Et il est certain que 120 Battement par minute vient doucement de tracer son petit chemin jusqu’à la Palme d’Or.

[CANNES 2017] Day 03 : « Clint Eastwood ou Kristen Stewart ? »

Malgré la fatigue (il est actuellement 2h du matin lorsque je vous écris cet article) et les problèmes d’Internet me revoilà bel et bien avec l’épisode 3 de mon séjour cannois. Au programme aujourd’hui : ma dignité mise de côté, une probable Palme d’Or et John Travolta qui fait danser Cannes allez c’est parti !

Dois-je encore vous rappeler le rituel du matin ? Et non rendez-vous pour les invitations d’ailleurs la file se fait de moins en moins longue, les gens ont du mal à se réveiller visiblement. 8h45, l’heure de découvrir les invitations qui nous sont proposés et là que votons-nous ? Une invitation pour le premier long-métrage de Kristen Stewart en séance spéciale ce qui veut dire qu’elle sera là mais, oh malheur ! Un peu avant c’est une autre séance spéciale avec Clint Eastwood en personne pour présenter une version restaurée d’Impitoyable. Clint Eastwood ou Kristen Stewart mon cœur balance mais je me tiens à la directive que j’ai cette année : soutenir les films français et les premiers long-métrages. Bon certes c’est un court-métrage mais cela reste le premier de la jeune actrice alors on fonce et on soutient Kristen Stewart. Au passage on récupère des invitations pour le concert de M qui aura lieu dimanche soir c’est-à-dire ce soir à l’heure où vous lisez l’article.

Matinée plutôt tranquille jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’est projeté aujourd’hui au Grand Théâtre Lumière un film français en compétition : 120 Battements par minute. D’après les premiers retours de la presse il vaut le coup mais evidemment je n’ai pas d’invitation alors je prends mon courage à deux mains, je mets ma dignité de côté et je me poste devant le Palais avec une petite pancarte pour peut-être essayer d’obtenir ce fameux ticket. Heureusement qu’on était encore le matin sinon j’aurais fini en steak haché sur la place c’est certain. Mais malgré tout ça fonctionne puisque que quelqu’un m’a gentillement donné son invitation. Mission accomplie il ne reste plus qu’à rentrer à l’appartement pour manger et courir voir ce film juste après. Et vous savez quoi ? Heureusement que j’ai eu cette place parce que la Palme d’Or est là les gars et oui !

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Une fois sorti, on court pour retrouver Kristen Stewart au cinquième étage du Palais des festivals puisqu’elle vient cette année non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice avec un premier court-métrage dont j’ai hâte de vous parler : Come Swim. Simple, efficace bref c’est réussi. Et comment finir cette journée en beauté ? Et bien avec une petite séance de cinéma à la plage avec Saturday Night Fever et 40 ans plus tard, la magie et le déhanché sont toujours là.

Rendez-vous dès demain pour de nouvelles aventures !

[CANNES 2017] They : Et pourtant ça commençait tellement bien…

They avait tout pour être un sacré concurrent à la Caméra d’Or 2017. Sa réalisatrice avait été repérée quelques années plutôt par Jane Campion, la voilà aujourd’hui en Séance Spéciale à Cannes pour un premier long-métrage, un drame plus précisément. J a 14 ans et prend des médicaments pour retarder sa puberté car « They » sont en plein questionnement quant à cette identité sexuelle. Fille ou garçon ? Son coeur balance sans jamais lui donner la réponse jusqu’au jour où ses parents sont contraints de partir. C’est alors que sa soeur Lauren et son petit-ami débarquent à la maison et c’est lors d’un dîner dans la famille de ce dernier que tout va changer.

Un bon début, une bonne fin… mais où est le milieu ?

Un synopsis au point et un casting plutôt alléchant notamment ce personnage de J, tout commençait bien pour ce film délicat et poétique. Le questionnement de J sur son identité sexuelle, cette liste qu’ils font pour savoir s’il est fille ou garçon ou parfois même rien, ses tenues qui varient du pantalon à la robe… Tout était fait pour que nous plongions dans la réflexion complexe de cette personne et puis c’est le drame puisqu’il n’y a strictement plus rien.

J est engloutie dans cette réunion familiale sans intérêt où l’on voit plus souvent le petit-ami de Lauren qu’autre chose à tel point qu’on oublie que J est dans la maison. Le film souffre de grosses longueurs et d’un scénario qui part en lambeau au fur et à mesure qu’il avance et nous on contemple ce naufrage qui nous fait quand même bien de la peine parce que le film avait de quoi faire la surprise. Le scénario était là, la poésie, le sujet abordé était intéressant et son acteur principal Rhys Fehrenbacher aurait pu être mille fois plus impressionnant encore.

They est un premier long-métrage un peu raté malheureusement même si l’intention était là, la réalisatrice se perd dans son film en le sous-exploitant totalement et malheureusement la force de jeu du personnage principal n’arrive à combler ce trop plein de lacunes.

[CANNES 2017] Day 02 : « Il faut soutenir les premiers longs-métrages c’est important »

Une journée plus calme pour ce vendredi 19 mai, date d’anniversaire de ma soeur au passage mais vous n’en avez strictement rien à foutre j’en suis certaine. Au programme deux films, Rihanna qui m’est passée devant le nez et le retour d’insultes qui n’étaient plus utilisées depuis le Roi Arthur. Allez, suivez le guide.

La météo n’était pas de notre côté ce matin alors j’ai dû malheureusement dire adieu à mon petit footing matinal et le remplacer par une heure en plus de sommeil, ce qui n’était peut-être pas plus mal au final. Evidemment retour à l’espace Cannes Cinéphile pour récupérer quelques petites invitations. Malheureusement pas de Okja ni de Jupiter’s Moon en vue alors à place j’ai opté pour la version restaurée et entière de Yol, primé à Cannes en 1982 ainsi qu’une séance spéciale de They, premier long-métrage d’Anahita Ghazvinizadeh.

Tandis que mes compatriotes sont partis sont partis voir d’autres films, j’en ai profité pour boire un café avec une certaine personne chevelue dénommée Christophe Carrière qui n’a pas hésité à me traiter de crétine et d’abruti. Et oui maintenant vous le savez, en 2017 il y a encore de vieilles personnes qui utilisent ces insultes. Soyez donc outrés avec moi. Au passage je me rends compte que moi et les visages ça fait deux puisque j’ai cru voir Rihanna passer devant moi. Etait-ce elle ou pas ? En tout cas j’ai peut-être raté une occasion de prendre un selfie avec elle, dommage.

On referme la parenthèse café pour en revenir à l’essentiel : le cinéma (bah oui c’est le Festival de Cannes quand même). Rendez-vous Salle Buñel au cinquième étage du Palais des Festivals pour Cannes Classic. Une sélection de très haute qualité des meilleurs films qui ont défilé au Festival depuis 70 ans. L’occasion de découvrir ou re-découvrir des chefs-d’oeuvres comme ce fût le cas avec Yol.

Et comme évidemment le cinéma bah ça fatigue un peu, c’est avec un grand plaisir qu’on s’octroie une petite pause bien méritée au bord de la mer, parmi les rochers, se lorgnant par la même occasion des yachts de luxe qui nous nargue mais nous on s’en fout, on s’est pris une glace italienne vanille-nutella et ça c’est la classe. On récupère au passage un sac « Cannes 70 » et un joli petit carnet qui ne sera pas de trop sur mon énorme pile de cahiers vierges puis direction la Salle du Soixantième pour They, un premier long-métrage qui a fait salle comble et ça fait plaisir parce que oui il est important de soutenir un premier long-métrage et qu’à choisir entre voir un film en compétition officielle au Grand Théâtre Lumière et un premier long-métrage je choisis la seconde option sans hésiter, enfin peut-être que cette fois j’aurais dû mais vous le comprendrez bien assez tôt en ayant lu ma critique.

En somme une journée plutôt assez calme mais préparez-vous parce que demain soir sur le Cinéma de la plage, La Fièvre du samedi soir est projeté alors autant vous dire que ça va danser sévère sur la plage ! Allez on se dit à demain !

[CANNES 2017] Day 01 : « Tu crois qu’on peut se prendre en photo sur le tapis rouge ? »

Je l’ai rêvé des mois, je le pensais inaccessible et pourtant forcée de constater que tout est bel et bien possible, me voilà à Cannes pour deux semaines au coeur de la folie cannoise et cinématographique. Des caméras de partout, des robes de soirées, des tapis rouges, des invitations, des films évidemment mais surtout de sacrées aventures à vivre. Alors plongez avec moi au coeur de ce qui est mon premier festival, certainement pas le dernier mais très probablement le meilleur. A hauteur de simple cinéphile je n’ai pas de quoi vous faire forcément rêver mais partager avec vous cette aventure est le minimum que je puisse faire. Alors vous êtes prêts ? C’est parti !

« Ah oui il y a déjà du monde dites-donc« 

Hier matin levé 6h30. Oui je sais dire que chez moi je ne me lève pas avant midi mais visiblement l’air de Cannes modifie mon métabolisme. Profitons-en puisque désormais le matin c’est petit footing le long de la Croisette. Ca aère les poumons, c’est agréable et ça permet de se la péter sur Instagram pendant que les autres sont en cours (oui je sais c’est un peu méchant).

IMG_1641Bon pour en revenir au cinéma quand même parce qu’on est un peu là pour ça, rendez-vous à 9h à l’espace Cannes Cinéphiles enfin celui qui nous est réservé c’est-à-dire un espace à part parce que voilà on est un peu les dessous de verre, on est inutiles mais on est quand même là. Alors il faut savoir que lorsque vous avez une accréditation cinéphile ça veut dire que vous êtes prioritaire nulle part sauf dans les petites salles réparties dans la ville alors si vous voulez avoir une chance de filer sur le tapis rouge et d’assister à une séance au Grand Théâtre Lumière mieux vaut se lever tôt et camper une bonne heure devant l’espace Cannes Cinéphile, ce que j’ai fait évidemment. Résultat : deux invitations youhou ! Une pour Wonderstruck de Todd Haynes et l’autre pour Sea Sorrow de Vanessa Redgrave.

IMG_1654Le premier film était projeté dans le Grand Théâtre Lumière et le second à la Salle du Soixantième. En ce qui concerne Wonderstruck j’ai eu le petit privilège de marcher et de grimper ces fameuses marches du Festival de Cannes, ok je vous avoue ça vous fait un petit quelque chose même si ce ne sont que de pauvres marches en béton. Rendez-vous à l’intérieur où quelques minutes plus tard ce sont notamment Julianne Moore et Michelle Williams qui viennent assister à la projection.

Tout de suite après on enchaîne avec Sea Sorrow, un documentaire rapidement pésenté par Thierry Frémaux et la réalisatrice Vanessa Redgrave. Plus petite salle, moins grandiose mais par contre les fauteuils ce sont de vrais lits ! Bref passons ce petit point literie pour en arriver à la dernière partie de notre fameuse première journée : le cinéma de la plage. Parce que oui chaque année sur la plage du Festival sur un écran géant et confortablement installés dans des transats avec notre petit plaid (merde on avait dit qu’on ne parlerait plus de literie), des films incontournables sont diffusés. Ce soir c’était donc Tout sur ma mère de Pedro Almodovar d’ailleurs le monsieur est même passé nous dire bonjour c’est pas la classe ça ? Il fait beau, il fait bon et le film est un chef-d’oeuvre, que demander de plus ?

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Et bien que ce soit vite le lendemain ! Alors comme le planning se fait au jour le jour à l’heure où je vous écris cet article (00h55), je ne connais pas encore mon programme de demain, enfin aujourd’hui puisque vous lisez l’article en ce moment mais une chose est sûre, l’aventure ne fait que commencer et je suis bien heureuse de vous emmener avec moi alors je vous dis à demain tout simplement !

Si vous voulez suivre mes aventures c’est sur Twitter, Instagram et Snapchat (marg_ow).

[CANNES 2017] Le Musée des merveilles : Une jolie fable prévisible

Après nous avoir envoûté avec Carol il y a deux ans, Todd Haynes revient avec une autre figure charismatique du cinéma américain : Julianne Moore même si cette fois son histoire se concentre exclusivement sur deux enfants. Ben et Rose ont plus ou moins le même âge, sont tous les deux sourds et sont tous les deux à la recherche de quelque chose qui se trouve à New-York. Sauf que l’une vit en 1927 et l’autre en 1977. Deux parcours bien distincts et pourtant si similaires. Tirant plus sur le mélodramatique que le simple drame, Todd Haynes n’atteint pas le niveau de son précédent film mais nous offre malgré tout une jolie parenthèse enchantée.

Une belle coordination musicale

Le Musée des Merveilles pourrait presque s’apparenter à une fable musicale. Les passages de la vie d’un enfant à l’autre peut laisser perplexe mais on ne peut qu’applaudir le travail musical fait notamment lorsqu’on découvre la vie de la petite Rose. Au lieu de nous plonger simplement dans sa vie, le réalisateur nous met à la place de cette jeune fille, résultat zéro dialogue et de simples sons et musiques pour rythmer le film. Un travail minutieux même si cela peut vite devenir lassant. La photographie du film, notamment les panoramas en noir et blancs sont assez magnifiques, bref tout est fait pour appâter le spectateur jusqu’aux bouilles d’anges de ces deux enfants qui incarnent l’innocence, la beauté et ce besoin irrémédiable de comprendre et de prendre son destin en main.

Malheureusement cette fable qui aurait pu être poétique devient vite redondante et facilement prévisible si bien qu’on attend seulement la fin pour se dire : « Et voilà j’avais raison !« . Malgré des prestations dignes de ce nom, le film n’arrive pas à nous faire décoller et à nous transporter malgré la promesse du titre et de l’affiche.

Pour le premier film vu de la Sélection Officielle, nous attendions beaucoup de la part de Todd Haynes même si c’est un film tout à fait respectable mais largement dispensable. Parce que malheureusement, parfois ça ne suffit pas de tirer sur les cordes sensibles des spectateurs. Le Musée des merveilles est un film mignon qui fera peut-être rêver les grands enfants mais qui ennuiera les adultes.

Sortie le 15 novembre

[CANNES 2017] Sea Sorrow : Un documentaire coup de poing

Pour le premier jour de festival, Vanessa Redgrave vient probablement de laisser une belle empreinte dans les esprits et au cinéma. Après plus de 90 films en tant qu’actrice, c’est aujourd’hui à 80 ans que l’actrice britannique se lance dans la réalisation avec son premier long-métrage. Le documentaire Sea Sorrow revient sur cette crise qui touche l’Europe et les réfugiés à travers des témoignages, des images d’archives, plusieurs générations qui se confrontent mais aussi le théâtre et l’histoire pour comprendre, dénoncer et peut-être enfin faire bouger les choses. Qui sait, après tout le cinéma peut parfois faire des miracles.

Une vie consacrée aux plus démunis

La beauté, le talent et la générosité de Vanessa Redgrave n’est plus à démontrer depuis de nombreuses années et pourtant avec ce premier documentaire, c’est une toute nouvelle partie de l’actrice qu’on découvre, plus intimiste, plus profonde mais qui explique surtout pourquoi elle a dédié sa vie et a usé de sa popularité pour pouvoir mettre en lumière un problème qui prend de plus en plus d’ampleur en Europe : celui des réfugiés. Un passé qu’ils cherchent à fuir à tout prix, un présent fait d’embûches et un futur plus qu’incertain, voilà ce que subissent des milliers de réfugiés que ce soit à Calais, en Italie ou encore en Grèce. Une situation presque devenue normale qui est loin de l’être pourtant.

Vanessa Redgrave et les intervenants du film pointent surtout du doigt la Grande-Bretagne et son Gouvernement totalement inactif face à la situation alors qu’ils avaient fait de nombreuses promesses. Ah la politique… alors que derrière se trouve des milliers d’être humains qui se retrouvent du jour au lendemain sans rien. Sans forcément nous prend absolument par les émotions, la réalisatrice nous alarme sur une situation qui ne fait que se détériorer à travers toute l’Europe et ne cesse de nous rappeler l’histoire et surtout les droits des hommes parce que oui dans la société actuelle on a tendant à les oublier ces droits. Loin d’être non plus pessimiste, Sea Sorrow est plein d’espoir entre ces jeunes enfants prêts à accueillir et aider des réfugiés, les différentes associations qui oeuvrent dans l’ombre et ces enfants qui ont pu se réfugier en Angleterre. Vanessa Redgrave nous prouve que c’est possible et que nous tous pouvons -et devons- faire bouger les choses.

Et comme évidemment Vanessa Redgrave est une femme cultivée et de théâtre avant tout, c’est non sans grand plaisir que des acteurs se prêtent à l’exercice du théâtre sur des pièces de Shakespeare, simple mais terriblement efficace.

C’est indéniable, Vanessa Redgrave est une femme de talent, sincère et authentique dans son propos et son approche du problème. Concourant pour la Caméra d’Or (Prix remis pour le meilleur premier long-métrage), Sea Sorrow est déjà un sacré adversaire et c’est avec élégance qu’à 80 ans, Vanessa Redgrave vient marquer le coeur et l’esprit du Festival de Cannes. En tout cas nous on vous souhaite bonne chance Vanessa !