Lux Aeterna ou quand le Chaos devient Art

Deux ans après son sublime Climax, Gaspar Noé est déjà de retour, pour notre plus grand plaisir, avec Lux Aeterna. Ce court métrage de 50 minutes, déjà passé à Cannes en séance de minuit l’an dernier, et commandé par Saint Laurent, est alors une nouvelle occasion pour le cinéaste français et fier de l’être de nous plonger dans la folie qui habite son œuvre, et ici plus précisément un tournage. À nouveau, il ne déçoit pas, au contraire, et lance la rentrée scolaire du cinéma français sur les chapeaux de roue.  

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L’avocat Du Diable : Tentations judiciaires

Pour Sidney Lumet, les dénonciations sont l’objet d’obsessions. En parallèle de ses fresques sur la corruption policière – qu’il illustre avec Serpico, Le Prince De New York ou encore Contre-Enquête -, il voue aussi une envie de s’attaquer au système judiciaire américain, où l’individualisme et le carriérisme entravent souvent les volontés de justice. Dès Douze Hommes En Colère, et bien après dans Le Verdict, on y voit un regard sévère quant à un système reposant sur des variantes parfois aléatoires, pouvant biaiser les jugements et, en conséquence, les sentences. Avec L’avocat Du Diable, il pousse cette culture de l’ego dans des enjeux manipulateurs, où les faux-semblants se mêlent à l’aveuglement volontaire.

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Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait : quand les sentiers de l’amour croisent les hasards du désir

L’amour a t-il des règles ? Est-il un sentiment à l’exploration conditionnée ou libre ? Emmanuel Mouret, dans son nouveau long-métrage, ne vient pas nécessairement répondre à ces questions mais plutôt nous montrer sa vision de l’amour à travers les destins croisés de plusieurs personnages. Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait se place alors dans la lignée d’une grande liste de films français mettant les problèmes de cœur en exergue, avec un sens exquis du dialogue, pour notre infini plaisir.

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Antoinette dans les Cévennes : l’aventurière de l’Amour

Et si la surprise de cette rentrée était un road-movie avec Laure Calamy et un âne sur les pas de Stevenson ? Aussi incongru que cela puisse paraître, ce pari de Caroline Vignal semble remporté. Pour son second long-métrage, après vingt ans d’absence, la cinéaste revient avec cette comédie aussi légère que touchante. Un film petit en apparence pour un résultat grandiose.

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Les joueuses #paslàpourdanser : la réalité du football féminin

Un an après la coupe du monde ayant eu lieu chez nous, compétition gagnée par les États-Unis, vainqueurs de la France en quarts de finale, il est l’heure de dresser un constat du football féminin. Si le nombre de licenciées augmente globalement depuis quelques années, que la visibilité croît peu à peu, Stéphanie Gillard, par son exploration du quotidien des joueuses de l’Olympique Lyonnais, vient montrer que le caractère professionnel de la discipline n’est pas encore une réalité concrète à tous les niveaux.

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Resistance : le clown s’en va-t’en guerre

Les films sur la Seconde Guerre Mondiale, cette plaie moderne. Non pas que le sujet soit inintéressant, au contraire, mais il semble tellement éculé que ça en devient indécent. D’autant plus lorsqu’il se fait le théâtre d’un cinéma voyeuriste, prenant son spectateur pour un inculte en histoire, et qu’il peut balancer tout le misérabilisme possible sans ménager ses artifices ni cacher sa honte. Après tout, des enfants sont morts, le public est donc acquis et va chialer quoi qu’il arrive.

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Ema : Fire walks with her

Quatre ans après le biopic plutôt réussi qu’était Jackie, Pablo Larraín revient pour incendier nos écrans, un an après son passage à Venise. Cette fois, on quitte la pureté de la Maison Blanche et la pâleur des apparats de la veuve Kennedy pour une tornade de couleurs vives, un ouragan dansant à travers l’histoire d’Ema. Nouveau portrait de femme donc, mais un style radicalement différent.  

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[DEAUVILLE 2020] The Nest : (false) gothic romance

Le capitalisme… cet univers impitoyable. Le Festival de Deauville s’y est très peu intéressé cette année, préférant se concentrer sur des portraits d’hommes et de femmes de la petite classe et des adolescents en proie aux doutes. Mais c’était sans compter sur Jude Law qui incarne dans The Nest un ambitieux entrepreneur qui fait tout quitter à sa famille pour tenter sa chance ailleurs.

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[DEAUVILLE 2020] The Violent Heart : Let’s thrill in love

Si vous ne savez pas ce que devient Tobey Maguire, sachez qu’il produit le film dont nous allons parler: The Violent Heart. Celui-ci arrive tout juste après le ventre mou de la compétition ( Love is love is love, Giants being lonely). Une bouffé d’oxygène et pourtant un film assez classique. Présenté comme une romance, son réalisateur a très vite souhaité s’émanciper de cette structure classique. Était-ce une bonne idée de jouer avec les codes pour surprendre le spectateur?

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