Le tango de Satan : De la fin de toute chose…

Prendre le temps de voir les choses. Voilà ce qui résume bien Le tango de Satan, et l’œuvre de Béla Tarr en général, mais cela évoque également le spectateur qui décide de se plonger dans une aventure assez folle, d’une durée de 7h30, de laquelle il ne peut sortir indemne. Cette plongée dans la campagne hongroise du début des années 90, d’une richesse immesurable, reste un des accomplissements cinématographiques des plus notables et, à l’occasion de sa première véritable sortie en France, il est nécessaire de revenir sur ce film unique.

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Le Prince Oublié : Déjà-vu au temps des rêves

S’il y a bien une annonce qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est bien celle du retrait de ce cher Michel Hazanavicius à la réalisation du troisième volet des aventures d’Hubert Bonisseur de la Bath ce non moins cher OSS 117. Confié à Nicolas Bedos, le tournage rassure autant qu’il inquiète, et nombreux sont ceux qui n’acceptent clairement pas la nouvelle. Pourtant, comme le dit l’ami Michel, le cinéma est une affaire de volonté, et celle-ci est animée de passion lorsqu’on est aux commandes d’un projet qu’on a envie de faire. Si le diptyque lui apporte sa plus grande notoriété, ses à-côtés ne sont pas en reste niveau qualité : The Artist le confirme comme le grand cinéaste qu’il est, The Search injustement ignoré montre une facette plus sombre mais maîtrisée. Le Redoutable, quant à lui, dénote de sa capacité à maîtriser un humour cinglant quel que soit le sujet. Alors pourquoi ne pas lui faire confiance pour Le Prince Oublié ?

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Autant en emporte le vent : retour sur un géant du cinéma hollywoodien

Autant en emporte le vent, voilà un nom qui suinte le cinéma. Auréolé avec huit oscars à sa sortie et considéré par beaucoup comme la plus grande histoire d’amour jamais projetée dans une salle obscure, il s’agit d’un film à l’aura unique qui symbolise parfaitement une certaine ère hollywoodienne. Épique, dantesque, démesuré et touchant mais aussi révisionniste et raciste, les adjectifs manquent pour évoquer ce monument du septième art, la production David O. Selznick par excellence qui, après 81 ans d’existence, demeure encore aujourd’hui une œuvre incontournable de la culture populaire.

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À tous les garçons : P.S. Je t'aime toujours : Romantisme à 3

Qui dit Saint-Valentin dit forcément films romantiques à n’en plus finir. Et il y a bien une chose dans laquelle s’est spécialisé Netflix (au plus grand dam de notre relecteur) : les films de Noël et les comédies romantiques. Il faut dire qu’on tient là le bon filon et après le succès du film À tous les garçons que j’ai aimés, il était normal de voir débarquer sa suite à quelques jours de la Saint-Valentin (avant le troisième volet qui viendra conclure cette saga l’année prochaine).

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La fille au bracelet : Dans l'engrenage du doute

Stéphane Demoustier se lance dans le film de procès et signe une affaire captivante et impeccablement interprétée. Pour ne citer qu’eux : Chiara Mastroianni, Roschdy Zem et Anaïs Demoustier font partie du casting de choc… Quant à Mélissa Guers, l’actrice qui campe l’héroïne, c’est en répondant à une annonce postée sur Facebook qu’elle a retenu l’attention du réalisateur ! C’est certain, elle était faite pour le rôle. À vous, maintenant, d’affronter le regard de cette jeune femme et d’assumer le poids de l’irréfutable doute.

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American Woman : Récit de vie sans à-côtés.

Lorsqu’on a vu s’avancer pour recevoir son prix Sienna Miller, on s’est demandé pourquoi tant d’honneurs. Comédienne peu connue dans nos contrées, souvent relayée au rang d’intérêt amoureux (pour se défaire de cette idée, on recommande le très bon Interview, diffusé en cette édition 2019, qui montre une palette assez large de son talent), il lui aura fallu plus d’une décennie pour obtenir un rôle qui allait nous la faire voir comme une véritable évidence. Avec American Woman, Jake Scott lui a offert un véritable rôle de composition dont elle s’est emparée avec élégance et virtuosité.

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La dernière vie de Simon : Double je

Même si l’industrie cinématographique française semble prendre un malin plaisir à bouder le cinéma de genre (l’incompréhensible absence de L’Heure de la sortie aux Césars), le cinéma regorge de réalisateurs aussi talentueux qu’ambitieux. Et c’est sur les chapeaux de roue qu’on débute ce mois de février avec un coup de coeur. Un film unique qui répond au poétique titre La dernière vie de Simon ou la vie d’un petit garçon au pouvoir extraordinaire d’être capable de se transformer dès lors qu’il touche une personne. Une bénédiction lorsqu’il était petit, devenue une malédiction en grandissant suite à un événement tragique.

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