La revanche des crevettes pailletées : Queer + Ultra

Lorsqu’on les a découvertes en 2019, Les crevettes pailletées nous ont fait vibrer, au rythme de leur homosexualité décomplexée – bien que cachant d’autres complexes –, de leur défi des conventions et des gay games, fil rouge flamboyant qui les anime, et par extension nous animent. Une équipe combative, prête à tout pour porter haute et fière ses couleurs, et un récit classique d’acceptation qui prend une tournure plus forte par la clarté de son message. Pour cette suite, la même idée est appliquée : une bande-annonce qui fait frémir, tant les homophobes apeuré·es à l’idée de se trouver devant ce condensé queer de haute volée, que par les défenseur·ses de ses chères causes, qui pourraient y voir un ramassis de cliché les desservant. Ces mêmes qui ne doivent ni connaître Maxime Govare et Cédric Le Gallo, ni avoir vu le premier opus, et qui feraient mieux de foncer en salles déflorer leurs préjugés de tous bords.

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À la folie : Schizophrénie familiale

Lucie Debray semble être abonnée aux films dépeignant des familles devenues dysfonctionnelles par une maladie mentale impactant l’un·e de ses membres. Après Une vie démente où il est question d’Alzheimer, on la retrouve dans À la folie ou quand la schizophrénie de l’une vient inévitablement impacter le quotidien des autres.

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Entretien avec Jonás Trueba, auteur de Qui à part nous : « Je crois que le cinéma peut nous rendre meilleurs »

À l’occasion de la sortie de son nouveau long métrage, le docu-fiction Qui à part nous – le deuxième seulement de cet auteur à arriver dans nos salles après le très beau Eva en août –, et avant l’hommage qui lui sera rendu au Festival International de Cinéma de La Rochelle l’été prochain, Jonás Trueba se livre à nous sur ce projet qui a mis cinq ans à se concrétiser.

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Qui à part nous : elixir de jeunesse

Filmer l’adolescence n’est pas une mince affaire, par l’aspect toujours changeant de cette phase de la vie, et les nombreux écueils ou clichés à éviter. Les jeunes sont pourtant omniprésents sur nos écrans à travers, par exemple, les innombrables séries (Élite, Sex Education, 13 Reasons why, …) et films Netflix (la saga The Kissing Booth) pour ne citer qu’eux ; les plateformes misent beaucoup sur leur jeune audience en leur proposant du contenu qui leur ressemble, sans forcément réfléchir à l’importance du regard porté sur eux. Sexualité, romances et premiers tourments alimentent le teen movie, qui peine à se renouveler et à traduire les évolutions – smartphones mis à part – des jeunes générations. Qui à part nous se place alors au croisement de toutes ces propositions, pour sonder profondément le quotidien adolescent et poser cette question : comment bien filmer l’adolescence aujourd’hui ?

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Vortex : Mort par décès

La fin de vie, ce sujet tabou. Si l’on voit souvent abordées au cinéma les questions de maladies incurables, et de longues descentes aux enfers (du Lorenzo de George Miller à, plus récemment, le combat anti-cancer de Catherine Deneuve et Benoît Magimel dans De son vivant), la mort « naturelle », de maladies quasi-exclusivement contractées par les personnes âgées, est peu abordée. Pire, elle est souvent observé par le point de vue d’un tiers, tentant d’aider ou d’apporter son soutien, et rarement la caméra ne se place dans le quotidien direct des concerné·es, pour conter leur décrépitude. Le genre s’est, avec l’excellent Relic ou plus récemment avec le plus facile Abuela, emparé de la thématique, mais la palme de l’ancrage dans une réalité pure revient à Amour, où Michael Haneke nous montre la lente avancée d’Alzheimer, en nous rappelant notre propre impuissance. Touché par les mêmes questionnements, c’est au tour de Gaspar Noé d’aborder le sujet, et d’y aller aussi frontalement que son confrère autrichien.

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La nuit aux amants : Stupeur et chuchotements

Ce 6 avril est sorti La nuit aux amants, premier long métrage de Julien Hilmoine, s’étant frayé une distribution très discrète dans quelques salles. Passion, émotions, beaucoup de promesses sont au programme, mais hors de certaines beautés formelles, le film s’enfonce dans un registre gênant, aux représentations problématiques, malgré la sincérité d’un réalisateur qui tente d’aborder la complexité de ses sujets avec bienveillance.

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En même temps : Fracture sociale, fente annale

On ne s’est jamais caché·e, à la rédaction d’On se fait un ciné, d’une certaine affection envers le cinéma de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Défenseurs des petites gens, dont les déboires oublient le microcosme parisien, et dont les personnages sont tant emprunts de naïveté idiote que de convictions farouches. Jouant sur des situations absurdes, leur plaisir à mettre leurs personnages dans des positions inconfortables devient nôtre. Dans En même temps, c’est littéralement ce qui est proposé au duo Jonathan Cohen/Vincent Macaigne, deux élus politiques aux idées opposées, collés de la teube au cul par des militantes féministes, et dont le rapprochement imposé par la glue les force à se compromettre, tant physiquement qu’intellectuellement.

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Babysitter : Dépression post misogynie

Quasiment trois ans après La femme de mon frère, l’une de nos artistes québécoises préférées, Monia Chokri revient avec un second film plus incisif et plus maîtrisé avec Babysitter ou comment démonter le patriarcat et la misogynie bien comme il faut.

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Aristocrats : L’amante de mon mari est mon amie

Que se passe-t-il lorsque votre mari fréquente un peu trop souvent une jeune et jolie hôtesse, issue d’une classe sociale différente de la vôtre, venue à Tokyo pour ses études ? On peut décider de l’ignorer pour garder les apparences, ou décider de la rencontrer pour découvrir plus de points communs qu’on ne pouvait l’imaginer.

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Ambulance : premier geste de secours

De retour sur grand écran après cinq ans d’absence, et un passage mitigé chez Netflix (6 Underground, 2019), Michael Bay revient en force avec ce qu’il sait faire de mieux ( la seule chose qu’il sait faire ?) : un film d’action survitaminé et dopé à la testostérone. Dans Ambulance, Jake Gyllenhaal et Yahya Abdul-Mateen II interprètent Danny et Will Sharp, deux frères opérant un énorme braquage de banque leur rapportant 32 millions d’euros. Cependant, afin de s’échapper, ils n’ont d’autre choix que de voler une ambulance au sein de laquelle se trouve une ambulancière et l’un des policiers blessés pendant le braquage.

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La Brigade : La communauté aux fourneaux

Louis-Julien Petit est un personnage atypique, son cinéma demeure assez singulier par ses récits mêlant humanité et émotion avec finesse. Malheureusement, La Brigade reprend la même recette que le très réussi Les Invisibles en 2019 mais le ressenti s’avère (en partie) différent.

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Notre-Dame brûle : entre deux feux

Absent des écrans de cinéma depuis la sortie, en 2015, de son sous-estimé Le Dernier Loup et après être passé, en 2018, par la case télévision avec la série américaine La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Jean-Jacques Annaud revient ce mois-ci avec un film qui, dès l’annonce de sa mise en chantier, obtenait déjà ses premiers détracteurs. Premièrement envisagé comme un documentaire, Notre-Dame brûle a finalement été pensé comme un film français à la portée internationale. Doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros, Jean-Jacques Annaud place ainsi son film dans le top 50 des films français les plus chers de l’histoire. C’est cependant un budget auquel celui-ci est habitué, un peu moins de la moitié de ses long-métrages ayant couté plus de 25 millions d’euros à produire. Le réalisateur français embrasse alors ici totalement la portée cinématographique des événements ayant marqués l’île de la cité le 15 Avril 2019.

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Alerte rouge : Panda à apprivoiser

Ici on est colère, probablement autant que Meilin Lee aka Mei Mei dans Alerte Rouge. On est en colère depuis que Disney a annoncé l’annulation de la sortie du film en salles pour privilégier leur plateforme de SVOD. Et on est encore plus en colère parce que cela fait maintenant trois films estampillés Pixar que la firme aux grandes oreilles laisse au placard (coucou Soul et Luca) là où Alerte rouge largement mérité une sortie sur de très grands écrans tant son sujet est important et peu abordé dans le cinéma d’animation.

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Murder Party : Petits meurtres entre ennemi·es

Avertissement : que celleux tronqué·es par la volonté commerciale hautement putassière de copier l’affiche d’À couteaux tirés révisent leur jugement ! Si Murder party s’inclut dans les codes du whodunit, il n’a en commun avec le métrage de Rian Johnson que le genre, et s’illustre par une identité bien à lui. Il devient de bon ton de lui laisser sa chance, même si une fois la chose faite, l’impression d’avoir vu une proposition charmante mais oubliable persiste.

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Les Meilleures : Juliette et Juliette

Pour son premier long-métrage, la réalisatrice Marion Desseigne Ravel s’est inspirée de sa jeunesse dans le quartier de la Goutte d’Or pour y dérouler son récit : une histoire d’amour entre deux jeunes femmes de banlieue dont les « clans » sont ennemis. Une première incursion remarquée avec un sujet dont le cinéma français ne s’était pas encore vraiment emparé.

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