Rétrospective Terrence Malick #1: le poète du Nouvel Hollywood

Rebelle parmi les rebelles, révolutionnaire parmi les révolutionnaires, Terrence Malick s’est fait un artisan de la représentation de cet invisible, du mystère, par des œuvres dépassant le stade du simple film pour devenir de vraies expériences sensorielles. Aussi discret pendant ses tournages que dans les médias, on ne sait que peu de choses sur cet artiste cultivant le secret, à la carrière si singulière et passionnante. Grand passionné de philosophie, qu’il a étudiée à Harvard et Oxford, il s’intéresse au cinéma à la fin des années 60. C’est à cette époque que le Nouvel Hollywood voit le jour et s’apprête à dynamiter l’industrie cinématographique. Après avoir été, entre autres, script doctor sur L’inspecteur Harry (Don Siegel, 1971), il sort son premier long métrage, La balade sauvage, en 1973, lequel marque par le style très personnel qu’il révèle, faisant de Malick un cas particulier au cœur du mouvement néo-hollywoodien. Ce film est le point de départ d’une longue et déroutante carrière.

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Jeanne la pucelle : Sans biais

Qu’il est difficile de retranscrire la réalité des figures historiques… Cette litanie, qui semblerait presque l’introduction monologuée d’un long psaume mêlé de plaintes, s’avère bien réelle tant nous pouvons la prouver par l’exemple. Dans les œuvres dédiées à des figures historiques, qu’elles soient iconiques ou pas, et quelque soit le médium qui les présente, il est toujours question de choix, tant nous ne pouvons révéler avec exactitude la vérité d’un autre temps.

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Balle perdue 2 : The fate of the furious Lino

En ce début du mois de novembre, les plateformes de streaming s’adonnent à une compétition féroce puisque Prime Video et Netflix sortent à quelques jours d’intervalle un film d’action made in France. Alors que le premier se coltine grand-père Olivier Marchal et son Overdose à la sauce téléfilm TF1, le second nous propose la suite de Balle Perdue, avec la pression de devoir faire aussi bien que son prédécesseur.

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Lifeline : Spectacle total, spectacle humain

Deux ans après Loving You, Johnnie To réalise une nouvelle commande pour la Shaw Brothers avec Lifeline, qui réunit la même équipe technique mais aussi le couple Lau Ching-Wan et Carman Lee avec pour objectif d’en réitérer le succès. L’histoire suit le quotidien de la caserne de pompiers de Tsz Wan Shan, dont l’équipe d’intervention est dirigée par Yau Sui (Lau Ching-Wan). Réputée comme étant la plus poisseuse de la soixantaine de casernes qui peuple la ville de Hong Kong, elle se voit attribuer un nouveau chef, l’officier Cheung, qui traîne une réputation de tyran insensible.

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Loving You : Love and bullets

On l’oublie souvent, mais avant d’être un auteur célébré dans le monde à partir du début des années 2000, Johnnie To a une carrière de réalisateur de studios depuis 20 ans et son premier film, The Enigmatic Case en 1980. Un réalisateur qui œuvre notamment pour la Cinema City, véritable touche-à-tout capable de passer du drame à la comédie, pour enchaîner avec un polar et un film de kung-fu, et dont le parcours est marqué par des réussites comme The Big Heat, All About Ah-Long, The Bare-Footed Kid, et The Heroic Trio.

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Clean with me (After dark) : Madame Propre

Youtube est une plateforme qui a de quoi fasciner. Créée en février 2005, elle devient virale en très peu de temps, permettant à chacun·e de poster et de visionner des vidéos en tout genre. Depuis quelques années, elle connait un tournant majeur avec l’émergence de nouveaux métiers. Ces nouveaux·velles « créateur·ices de contenus » offrent une nouvelle façon de vivre son quotidien. Gabrielle Stemmer s’est emparée d’un phénomène très américain : filmer ses journées de nettoyage/ménage.

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Werewolf By Night : Chair de Poule (mouillée)

Profitant de l’arrivée de l’automne et de son cortège de goules, vampires et tueurs psychotiques, Marvel sort de son tiroir à malices Werewolf By Night, une adaptation du comics éponyme de 1972 suivant la vie tumultueuse de Jack Russel, un loup-garou aux prises avec l’univers Marvel. Aux manettes de cette plongée dans l’horreur siglée 16+, c’est le compositeur émérite Michael Giacchino, pourtant très occupé parmi les multiples bandes originales qu’il signe régulièrement, qui tronque sa baguette pour la caméra.

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Blonde : folie et (dés)illusion

Sans nul doute un des films les plus attendus de l’année, Blonde marque le retour d’Andrew Dominik derrière la caméra, dix ans exactement après la sortie de Cogan : Killing them softly. Le réalisateur néo-zélandais connu, entre autres, pour The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, effectue avec ce nouveau film un virage à 180 degrés et choisit d’adapter le roman de Joyce Carol Oates relatant la vie de l’actrice Marilyn Monroe. Reprenant son thème fétiche de la déconstruction du mythe, Dominik emmène son personnage principal à travers les méandres de ses traumatismes et déroule en presque trois heures la descente aux enfers de l’une des plus grandes icônes américaines pour un résultat final qui, sans être franchement mauvais, ne manque pas de laisser perplexe.

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Monster : the Jeffrey Dahmer Story : portrait d’un collectif malade

Sortie sur Netflix récemment, la série Monster : The Jeffrey Dahmer Story fait partie de cette vague morbide visant à surfer sur la “célébrité” de tueur·ses en série pour en faire des adaptations questionnables, n’ayant finalement pour effet que de romantiser ces figures sans égard pour leurs victimes (on se souvient de Zac Efron en Ted Bundy pour Netflix en 2019). Il semblerait logique que cette nouvelle série sur les meurtres de Jeffrey Dahmer suive la même lignée et pourtant, la nouvelle production de Ryan Murphy se distingue, en faisant la seule chose que ses comparses ont tendance à oublier : pointer sa caméra sur les victimes et non plus l’agresseur.

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Le jour des fous : Poison d’avril

Les années 80 sont un véritable vivier pour le cinéma d’horreur qui nous a offert des slashers à foison avec une qualité qui pouvait être discutable. Parmi eux, Le jour des fous a de quoi être chaotique mais s’avère être un honnête film d’horreur qui sait s’amuser.

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Lynch/Oz : Le conte à l’heure des comptes

Figure incontournable du film documentaire par sa manière de penser la mise en scène entourant les entretiens qu’il présente, Alexandre O. Philippe a cette capacité de prendre des sujets simples, communs, qui ont souvent été abordés et sur lesquels on pense tout savoir, afin de les mener vers un ailleurs, dresser des parallèles qui rappellent que toute nouvelle lecture offre une façon de concevoir tant l’œuvre abordée que l’art qu’elle sert. The people Vs George Lucas, Memory : the origins of Alien, tant d’archives qui ont permis d’appréhender ces œuvres qui nous sont cultes, et qui ont permis au réalisateur de continuer à s’interroger sur ce qui entoure leur conception propre. Après un entretien filmé où William Friedkin revient sur l’Exorciste, c’est un gros morceau qui attend Philippe, puisqu’il décide de tisser des liens entre Le magicien d’Oz, film cultissime de Victor Fleming sorti en 1939, matrice parfaite du conte américain… et la filmographie de David Lynch.

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Lucky – Le dernier chant du merle moqueur

Au beau milieu d’une longue carrière d’acteur, John Carroll Lynch s’offre une petite escapade de réalisateur dans l’Ouest américain avec Lucky, digne représentant du cinéma indépendant qui regarde s’éteindre l’Ouest vieillissant en même temps que ses légendes. Dernier film de l’acteur Harry Dean Stanton – décédé six mois après sa sortie en salles – le long-métrage sonne comme un chant du cygne se refusant la longue agonie de l’apitoiement.

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La ruse : J’ai perdu mon corps (à la guerre)

La mention « Inspiré d’une histoire vraie » peut sembler pour certain·es une blague récurrente, une façon de nous faire croire à la véracité de quelque chose qui ne peut avoir eu lieu. Et pourtant, il serait plus logique de voir ces quelques mots comme un rappel, celui de la nature imprévisible du monde et de l’être humain. Le film du jour est bien inspiré d’une histoire vraie et, chose étrange, c’est quand il assume son fait passionnant qu’il réussit pleinement, là où son traitement romancé alourdit inutilement son propos.

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Abuela – la vieillesse aux trousses

L’obsolescence programmée de notre corps s’avère une crainte aussi sourde qu’elle est surtout inéluctable. Qu’importe tout ce que nous pourrons faire pour éviter de vieillir, rien n’empêchera au temps de s’attaquer à nous. Ainsi, il s’est développé cette crainte de la vieillesse, avec notamment ce rappel de notre mortalité qui se dessine au fur et à mesure des années. Le réalisateur espagnol Paco Plaza, connu notamment pour la saga Rec avec Jaume Balaguero, s’est approprié toutes ces inquiétudes dans son dernier long-métrage, Abuela. Et si le film a quelques pointes horrifiques attendues, c’est surtout par son traitement du corps et de l’âge qu’il effraie, de manière bien plus insidieuse que prévue. 

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The Pink Cloud : La (sur)vie en rose

Jeune réalisatrice brésilienne, Iuli Gerbase a fait ses armes dans l’écriture et la réalisation de courts-métrages pour lesquels elle remporte quelques récompenses et de nombreuses nominations dans les festivals internationaux. C’est lors du festival de Sundance qu’elle dévoile en 2021 son premier long-métrage The Pink Cloud (A Nuvem Rosa), un huis-clos versant dans la science-fiction qui n’est pas sans nous rappeler une situation mondiale pas si lointaine. 

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