Monster : the Jeffrey Dahmer Story : portrait d’un collectif malade

Sortie sur Netflix récemment, la série Monster : The Jeffrey Dahmer Story fait partie de cette vague morbide visant à surfer sur la “célébrité” de tueur·ses en série pour en faire des adaptations questionnables, n’ayant finalement pour effet que de romantiser ces figures sans égard pour leurs victimes (on se souvient de Zac Efron en Ted Bundy pour Netflix en 2019). Il semblerait logique que cette nouvelle série sur les meurtres de Jeffrey Dahmer suive la même lignée et pourtant, la nouvelle production de Ryan Murphy se distingue, en faisant la seule chose que ses comparses ont tendance à oublier : pointer sa caméra sur les victimes et non plus l’agresseur.

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Euphoria : sexe, mensonges et vidéo

Véritable phénomène depuis le début de sa diffusion, Euphoria est une série créée par Sam Levinson et se centre autour de la vie d’adolescent·es qui expérimentent l’alcool, le sexe, les relations compliquées et les addictions. Les deux saisons se concentrent sur le personnage de Rue Bennett, interprété par Zendaya, une jeune fille souffrant d’une grave addiction à la drogue. Si les prémices de la série sont prometteuses et peuvent mener à des choses intéressantes, force est de constater que, malgré son talent de réalisateur et sa patte visuelle très marquée, Sam Levinson se loupe totalement sur l’écriture.

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Obi-Wan Kenobi : miroir d’une production défaillante

Avec Dimitri, nous avons critiqué la série Obi-Wan Kenobi, mais nous ne voulions pas en rester là. Tous les reproches faits nous ont sauté aux yeux dans bon nombre d’autres productions de Disney + (Book of Boba Fett, The Mandalorian…), des productions qui semblent, selon nous, avoir abandonné toutes envies artistiques et créatives au seul profit du remplissage d’une plateforme.

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Obi-Wan Kenobi : « I have a bad feeling about this »

Comment et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Face à notre désolation à la suite du visionnage d’Obi-Wan Kenobi, Mayssa et moi-même nous sommes rejoints sur deux points : l’indifférence envers cette série et le fait qu’elle est le symbole de ces nouvelles productions qui remplissent un catalogue au lieu de l’optimiser. Tel·les des justicier·es, nous montons au créneau dans notre astronef, chef-lieu de notre pensée. Après la critique de la série ci-dessous, nous enchainerons sur la production problématique de ces nouveaux contenus qui ont oubliés toutes ambitions artistiques et créatives dans un autre article. Sur Terre, Tatooine, Naboo ou Coruscant, restez à l’affût, nous reviendrons !

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Stranger Things 4 : Netflix, le véritable antagoniste ?

782 minutes, plus de 13 heures, c’est ce que représentent, à eux seuls, les neuf épisodes de la saison 4 de la série originale de Netflix Stranger Things. Saison de tous les records, cette quatrième salve d’épisodes est tout d’abord la plus chère de l’histoire des séries télévisées. Avec un budget de 30 millions de dollars par épisode, l’intégralité des neuf chapitres fait grimper le coût de cette saison à 270 millions de dollars, soit bien au-dessus des 90 millions déboursés par HBO pour la dernière saison de Game of Thrones, somme qui semblait pourtant pharaonique au moment de sa sortie en 2019. Cette nouvelle saison de Stranger Things, c’est également 287 millions d’heures de vues dans le monde, en à peine une semaine, pour les 7 premiers épisodes ; série numéro 1 en terme de visionnage dans 83 pays ; l’épisode le plus long de l’histoire de Netflix ; le retour d’un titre des années 1980 propulsé à la tête des charts mondiaux… Le succès de cette nouvelle saison est donc indéniable. Cependant, qu’ont réellement à nous offrir ces neuf épisodes ? Et si ces chiffres n’étaient qu’un écran de fumée cachant un système de production et de diffusion maladroit, altérant la qualité de ce qu’aurait pu être Stranger Things saison 4 ?

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Rétrospective Park Chan-Wook #4 : Espionnages en tous genres

Alors que le prochain film de Park-Chan Wook est en présentation cannoise, et s’apprête à sortir dans nos salles, nous terminons cette rétrospective avec ce qui est probablement son film le plus abouti : Mademoiselle. Récit-fleuve mettant en scène de nombreuses thématiques déjà abordées par le cinéaste, le métrage constitue un point d’orgue difficile à dépasser. Six années le séparent de la prochaine proposition, durant lesquelles Park s’est laissé tenter par le format sériel.

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Dickinson : « I’m nobody ! Who are you ? »

Si le cinéma a su nous proposer pléthore de films historiques depuis sa création, il est possible de tirer de ce genre une sous-branche qui a connu un regain de popularité dans les années 90 pour devenir légion dans les années 2000 : les œuvres se passant au XIXe siècle. Présenté ainsi, cela peut sûrement paraître anodin mais si l’on cumule les Orgueil et Préjugés, Jane Eyre et autres Anna Karenina, un schéma classique commence à se dessiner, un schéma aujourd’hui repris par la télévision avec comme meilleur exemple la série Dickinson, adaptée (oh, surprise) de la vie de la poétesse Emily Dickinson. Passée sous les radars, la série nous offre néanmoins un portrait inspirant d’une femme qui, comme tant d’autres à son époque, tente de faire valoir sa voix grâce à sa plume.

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Avatar, le dernier maître de l’air : entre héritage et identité

Diffusée entre 2005 et 2008, Avatar, le dernier maître de l’air est probablement l’une des meilleures séries d’animation que le petit écran a pu nous offrir. À travers les aventures d’un groupe d’adolescent·es essayant de se construire dans un monde en perpétuel changement, la série explore au fil de ses trois saisons des thématiques fortes et intergénérationnelles grâce à une construction narrative parfaitement menée et des personnages complexes et attachants.

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Rick et Morty saison 5 : l’âge de raison ?

Quand nous sommes revenus sur Rick et Morty pour la sortie de son intégrale, nous avons abordé le tourbillon popculturel dans lequel s’est inscrit la série de Dan Harmon et Justin Roiland. Alors que les retours concernant cette dernière saison semblent plutôt mitigés, il faut bien admettre que l’esprit punk faussement puéril et réellement génial du dessin animé semble avoir atteint un niveau où l’on peut se demander quelles sont les nouvelles limites à dépasser.

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Nona et ses filles : Prodige et tracas

Deux ans après le fantasque Notre Dame, Valérie Donzelli signe en 2021 la réalisation de sa première (mini-)série enchanteresse Nona et ses filles co-écrite par la scénariste Clémence Madeleine-Perdrillat (Mixte, En thérapie (saison 2)).

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P’tit Quinquin : Pas le temps de philosopher

En 2014, Bruno Dumont réalise déjà depuis plus de 10 ans des films empreints de philosophie dans une démarche radicale autant dans son fond que sa forme. Personne ne s’attendait donc à une mini-série de sa part sur Arte et encore moins une comédie, loin des drames sérieux et psychologiquement violents auxquels il nous a habitués. Pourtant, les connaisseurs du monsieur ne seront pas si perdus puisque ce n’est ni sa méthode de travail ni sa mise en scène qui est modifiée mais seulement le genre dans lequel il travaille. Comme un peintre, il ajoute une nouvelle couleur à sa palette en l’adaptant à son cadre, celui du milieu rural de la Côte d’Opale, et à ses sujets, l’inhérente violence de l’Homme autant que sa douceur et sa sensibilité. 

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A confession : victimes collatérales

À force d’écrire sur des œuvres de fiction, il peut nous arriver d’oublier que la réalité procure assez d’événements tragiques pour que l’on se sente moralement étouffé·es. Si vous êtes du genre à être rapidement tendu·e devant n’importe quelle histoire, mieux vaut ne pas vous lancer dans A confession sous peine de voir votre tension artérielle augmenter de manière significative, surtout quand on connaît les bases de cette série en six épisodes (la disparition il y a dix ans de Sian O’Callaghan).

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The Leftovers : Du côté des survivants

Adapté du roman éponyme de Tom Perrotta, The Leftovers est une série de Damon Lindelof, l’un des scénaristes de Lost pour la télévision, une série acclamée, mais également de Prometheus au cinéma, l’un des opus de la saga Alien le plus conspué. Avec l’aide de l’auteur, Lindelof livre un brillant réquisitoire pour la mémoire des personnes qui restent, celleux qui souffrent de la perte d’un être cher mais aussi de la fragilité de l’Homme face à ses pulsions et ses croyances.

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The Night Of : derrière les barreaux

Peu d’acteurs ont connu une ascension aussi fulgurante que celle de Riz Ahmed. Après avoir commencé la décennie dernière en jouant dans des films indépendants passés quasiment inaperçus et s’être démêlé dans des rôles aussi clichés que passables, l’acteur anglais est à présent reconnu dans l’industrie du cinéma comme en étant l’une des étoiles montantes. Si ses rôles dans Rogue One en 2016 et Venom en 2018 ont considérablement amélioré sa popularité auprès du grand public, c’est dans la mini-série HBO The Night Of qu’il démontre pour la première fois l’étendue de ses talents de comédien. Unanimement saluée par la critique, la série s’implante dans le New-York moderne pour parler des problématiques qui se posent dans l’Amérique post-11 septembre ainsi que des conditions carcérales dans un système judiciaire toujours plus corrompu.

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Fondation : une histoire d’héritage

Écrite par Isaac Asimov après la Seconde Guerre mondiale, la saga littéraire Fondation est considérée comme pionnière dans le genre de la science-fiction et englobe des thèmes vastes aux préoccupations humanistes et sociales. Les livres sont largement considérés comme précurseurs et ont inspiré des classiques comme Star Wars ou Dune. Pourtant, Fondation traîne une réputation de roman inadaptable au grand écran en raison de la longueur de son récit qui s’étale sur des milliers d’années et plus de sept tomes. Nombreux·ses étaient donc celleux qui attendaient de pied ferme la série de David S. Goyer (producteur et scénariste de la trilogie The Dark Knight entre autres) et si les premières images dévoilées sporadiquement au cours de l’année passée ont permis aux fans d’espérer une adaptation de qualité, le temps est maintenant au bilan de cette première saison déjà extrêmement prometteuse.

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