[CRITIQUE] Une suite qui dérange : Dix ans plus tard, le combat continue

Il y a onze ans, David Guggenheim réalisait Une Vérité qui dérange. Un documentaire coup de poing sur le réchauffement climatique et ses conséquences couronné d’un Oscar. Aujourd’hui le fervent défenseur de la cause climatique est de retour, toujours prêt à se battre. De ses conférences jusqu’à la signature de l’accord  de Paris sur le climat, Bonni Cohen et John Shenk ont suivit Al Gore pour nous faire comprendre les enjeux climatiques et l’avenir de notre planète.  Lire la suite de « [CRITIQUE] Une suite qui dérange : Dix ans plus tard, le combat continue »

[CANNES 2017] D’après une histoire vraie : Du petit Polanski

Présenté hors compétition le dernier jour du Festival de Cannes, D’Après une histoire vraie est l’adaptation du roman du même nom de Delphine de Vigan, mise en scène par Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner et Eva Green. Quatre ans après La Vénus à la fourrure, le controversé réalisateur est de retour sur la Croisette avec un petit film. Polanski nous a habitué à mieux même si certaines critiques acerbes n’étaient pas justifiées pour autant.

Un huit-clos sans grande pertinence

Après un succès littéraire retentissant, Delphine Dayrieux subit le syndrome de la page blanche alors qu’elle commence à recevoir des lettres anonymes lui reprochant de s’être fait de l’argent sur le dos de sa famille. Retranchée chez elle et apeurée à l’idée de recommencer à écrire, sa rencontre avec le mystérieuse Elle va bouleverser sa vie puisqu’elle va s’immiscer dangereusement petit à petit dans son quotidien.

Eva Green est la valeur sûre de ce film. Sans même parler cette actrice arrive à nous transporter et nous transmettre des émotions par un sourire ou un regard. Aux premiers abords cette simple fan s’incruste dans la vie de Delphine quitte à lui prendre son identité et répondre aux mails à sa place. Eva Green crève l’écran tandis qu’Emmanuelle Seigner semble bien en-dessous comme si elle passait totalement à côté de son rôle.

Le film manque d’ambition, semble faire du sur place et explore plusieurs pistes sans forcément les faire aboutir. Roman Polanski se perd dans un huit-clos un brin simplet où les incohérences s’accumulent pour nous laisser sur une fin bâclée qui a de quoi nous laisser un goût amer.

Pourtant tout était là pour que Roman Polanski nous offre un thriller psychologique digne de ce nom et même si Eva Green sauve un peu le film par sa performance, rien d’autre n’est à retenir de ce film.

[CANNES 2017] Day 08/09/10 : « Est-ce qu’on est obligé de partir ? »

Concentré de ces derniers jours monstrueux, fous, drôles et surtout inoubliables parce que oui malheureusement c’est déjà fini. Clap de fin sur la plus belle expérience de ma vie entre coups de soleil, rencontres, désillusions et paillettes pleins les yeux. Décidément, Cannes est bel et bien magique.

Jeudi était probablement la journée la plus prolifique puisque j’ai pu voir les deux films en compétition : Good Time et Krotkaya. Le premier étant pas mal du tout et le second ayant reçu les hués du balcon, totalement incompréhensible et irrespectueux. Et enfin séance spéciale pour 12 Jours de Raymond Depardon, un magnifique documentaire dont je parlerai très bientôt (j’ai beaucoup trop d’articles à rattraper).

A contrario, vendredi fût la journée la moins prolifique puisque aucune invitation pour le dernier Ozon et quelques petits soucis techniques m’ont empêché d’aller voir In The Fade, monde cruel tsss. Alors pour compenser je suis allée faire la fête au Marriott jusqu’à trois heures du matin et toc, non mais.

Et nous voilà déjà samedi, la fin, les dernières marches à monter… C’est qu’il va me manquer ce petit tapis rouge, ces contrôles de sécurité, les files d’attentes sous le soleil de plomb et mes petites pancartes. Malgré tout on finit bien le Festival avec des invitations pour You Were Never Really Here dont je dois vous parler absolument parce qu’il est incroyable, et D’après une histoire vraie de Roman Polanski présenté hors compétition. Et nous voilà à la fin d’une folle aventure qui restera probablement la plus belle et la plus incroyable. Incessamment sous peu vous retrouverez des critiques de la plupart des films que j’ai vu mais je vais surtout conclure cet article par un grand merci à tous ceux et celles grâce à qui ce rêve fut possible malgré les polémiques et les remarques que je me suis prise en pleine gueule. Je suis consciente de la chance que j’ai eu, je vous en remercie, j’espère avoir réussi à vous faire vivre un petit peu de rêve cannois à travers Instagram, Snapchat et mon blog et je vous souhaite à tous de vivre ça au moins une fois dans votre vie.

Allez va falloir que je file parce que c’est pas qu’il y a encore 12 critiques qui m’attendent mais presque, sortez le café !

[CANNES 2017] Good Time : L’heure de gloire pour Robert Pattinson ?

Kristen Stewart avait réussi assez rapidement à se défaire de l’étiquette Twilight contrairement à Robert Pattinson malgré de jolis petits rôles notamment dans The Lost City of Z mais on attendait encore le film qui le sortirait de ce carcan de gentil vampire adulé des adolescentes. Et bien aujourd’hui c’est chose faite avec Good Time des frères Safdie, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes. Lire la suite de « [CANNES 2017] Good Time : L’heure de gloire pour Robert Pattinson ? »

[CANNES 2017] Day 07 : « Arrêtez vous allez me l’énerver »

C’est est avec un peu de retard et énormément de fatigue que je vous fais un compte-rendu du septième jour. Plus que trois jours avant la fin, la PLS me guette doucement mais sûrement mais évitons de penser à ça parce qu’hier était une bonne journée de dingue comme on les aime. Au programme : des tours de magie, la plus grande terrasse de la Croisette & un excellent documentaire.

Bon après l’échec total pour avoir des places pour le nouveau film de Sofia Coppola & Rodin  avec Vincent Lindon, je me suis rabattue sur la Quinzaine des Réalisateurs et le documentaire Nothingwood. Après une série de questions réponses drôle et animée, direction la plage pour déjeuner avec un monsieur plutôt cool répondant au nom de Christophe Carrière. Malheureusement le secret cinéphile m’interdit de vous parler de la teneur de notre conversation mais je peux vous dire qu’elle ne volait pas très haut (comme souvent avec lui de toute façon). En plus il déteste les tours de magie alors quand un magicien débarque avec son paquet de cartes bonjour la galère ! De toute façon, qui n’a jamais eu envie de frapper un magicien hein ?

Après-midi grosse détente puisque c’était petite baignade qui va bien à la plage histoire de profiter, de nager et de parfaire son bronzage avant d’enfiler la tenue de soirée et de filer sur la plus grande terrasse de la Croisette chez notre chère Sandra de Matteis. Bonne ambiance, musique à gogo (oula expression des années 80), bref c’est THE endroit où il faut être et parce que Sandra est un petit peu la Queen et qu’on l’aime et qu’elle est belle.

Le voyage touche bientôt à sa fin alors on en profite au maximum et je vous dis à tout à l’heure pour la suite des aventures cannoises !

[CANNES 2017] Day 06 : « Eh mais c’est quoi cette loge ? »

Le calme avant la tempête comme on dit. Et bien après des journées plutôt calmes, ce fut un vrai raz-de-marée hier que de folie entre la minute de silence pour Manchester, trop de places pour le Grand Théâtre, mon futur mariage & une loge présidentielle. 

Joyeux anniversaire !

Journée de dingue et c’est le moins qu’on puisse dire. Après un réveil raté à 7h, rendez-vous avec ma pancarte et ma dignité qui n’est toujours pas décidée à revenir. Hier était un jour spécial puisque le Festival de Cannes fêtait son 70e anniversaire ! Résultat seulement un film en compétition diffusé au Grand Théâtre Lumière : Hikari et une séance spéciale avec 24 Frames. Avec ma petite pancarte, j’ai récupéré quatre places pour 24 Frames mais aucune pour Hikari snif.

Mission impossible pour avoir des places pour Hikari alors j’ai sorti mon arme secrète : Christophe Carrière. Et bah oui les gars puisque j’ai réussi à récupérer deux places pour Hikari en orchestre, que demander de plus ? Du coup hop on sort un peu en avance de 24 Frames pour récupérer ces petits billets et organiser un mariage puisque j’avais promis de l’épouser s’il arrivait à me récupérer des tickets. Je devrais revoir mes promesses à la baisse la prochaine fois sinon je vais finir polygame d’ici la fin d’année. Bref je vous enverrai les faire-parts en tant et en heure.

Rendez-vous ensuite à 15h devant les marches du Palais pour une minute de silence pour les victimes de Manchester en compagnie de nombreuses stars. Après on file à la plage parce que quand même il fait 25°C, on est à Cannes et la mer nous appelle constamment. On retourne rapidement à l’appartement pour sortir la tenue de soirée, direction le Grand Palais pour la séance de 22h. Dans la file on a l’impression de ressembler à des huitres comparé aux autres femmes habillées avec des robes de prix mais on le vit bien puis finalement on arrive au Grand Théâtre.

Le ticket indique porte 3 sauf qu’il y a la 1, la 2, la 4 et la 5. Mais où est donc passée la 3 ? On demande à un gentil monsieur qui nous dit que la 3 est la porte blanche juste à côté, tiens on l’avait même pas remarqué. On ouvre la porte et là stupeur, on se retrouve dans une petite pièce cosy avec des fauteuils en cuir. Drôle d’endroit. Puis une hôtesse d’accueil nous ouvre une deuxième porte et là on se retrouve dans un petit espace séparé d’un muret, un petit peu plus en hauteur et on comprend qu’on se trouve là où est normalement le jury. TOUT. EST. NORMAL.

Et après un très beau film, une standing ovation méritée, rendez-vous à la Villa Schweppes en compagnie de Breakbot pour conclure cette soirée en beauté et en musique.

[CANNES 2017] Mise à mort du cerf sacré : Un film qui vous glace le sang

Le réalisateur décalé et à l’univers bien particulier de The Lobster est de retour. Si vous n’aviez pas aimé son précédent film passez votre chemin parce que Mise à mort du cerf sacré est tout aussi dérangeant que le précédent. Steven, brillant chirurgien est marié à Anna, ophtalmologue renommée. Ils vivent heureux dans une jolie demeure avec leurs deux enfants Kim et Bob. Cependant cette tranquillité risque vite d’être ébranlée par Martin, un jeune garçon que Steven a pris sous son aile et qui s’immisce petit à petit dans cette famille jusqu’à leur faire commettre l’irréparable.

Un film à la précision chirurgicale

Depuis le début le réalisateur grec divise et encore une fois avec son nouveau film présenté en compétition officielle il est loin de faire l’unanimité pourtant ce film s’avère efficace. Un côté très glacial que ce soit à l’image, les dialogues dénués d’émotions ou simplement l’environnement totalement aseptisé. Evidemment on retrouve cet humour noir très présent qui dissèque cette famille qui est en train de partir en lambeau. Le film reprend des codes de la tragédie grecque en les transposant dans une atmosphère beaucoup plus anxiogène. On comprend rapidement les enjeux de ce père de famille qui, pour sauver le reste de sa famille, doit sacrifier l’un d’entre eux après que Martin ai lancé un sort ou quelque chose dans le genre, entraînant lentement leur mort.

Colin Farell est de retour et semble toujours aussi efficace tout comme Nicole Kidman. La meilleure interprétation revenant à Barry Keoghan au regard glacial et au visage inexpressif qui a de quoi vous filer les jetons pendant toute la durée du film.

Entourés de le tout d’une mise en scène angoissante et une musique qui pourrait bien vous donner un AVC et on obtient du Yorgos Lanthimos comme on aime (ou pas) : décalé, incisif et noir.

[CANNES 2017] Happy End : Michael Haneke rate la marche

Figure emblématique du septième art français, Michael Haneke est de retour cette année pour présenter Happy End, une satire d’une famille bourgeoise où rien ne va. Avant le début du festival on le voyait déjà repartir avec une troisième Palme d’Or, cette fois c’est sûr que ce ne sera pas le cas. Le réalisateur visiblement en petite forme offre une satire légère, lente et qui n’a de saveur que dans ses vingt dernières minutes. 

Un film qui manque de piquant

Le décor est rapidement posé : l’ennui d’une mère de famille et ses rituels qui se retrouve dans le coma après avoir pris trop de calmants, ces mêmes calmants donnés au hamster pour voir les effets sur lui, le grand-père qui tente de se tuer en fonçant dans un arbre tandis que sa fille essaie de garder sur les rails l’entreprise de BTP avec son fils lui-même alcoolique et je m’en foutiste au possible.

Bref tout est là pour rire mais ça n’arrive jamais. C’est très long, les plans séquences sont interminables et soporifiques même si certaines tirades arrivent à nous faire sourire. Joli casting malgré tout pour Michael Haneke qui réunit là de sacrés noms du cinéma malheureusement ça ne suffit pas pour faire de ce film un bon film excepté peut-être ces vingt dernières minutes qui viendraient presque sauver le film. C’est piquant comme on aime, c’est drôle et là se trouve tout le propos du film. En fait il aurait dû faire un court-métrage on aurait gagné du temps.

Cette nouvelle journée de projections commence à nous conforter dans l’idée que 120 Battements par minute pourrait bel et bien repartir avec une Palme d’Or. Dommage pour Michael Haneke qui aurait pu réaliser un nouveau record en repartant avec une troisième Palme d’Or mais bon, il faut bien en laisser un peu pour les autres.

[CANNES 2017] Day 05 : « On tente un selfie avec Ségolène Royal ? »

Nouvelle semaine pour le Festival de Cannes et hier grosse journée puisqu’on retrouve au programme ma dignité qui n’est toujours pas ré-apparue, Ségolène Royal et Al Gore. Allez on y va !

Avant d’écrire cet article (je viens de l’écrire ce matin) je tiens à présenter mes condoléances aux familles des victimes à Manchester. Ce qui arrive est horrible, profondément choquant et j’espère qu’on s’unira tous pour lutter contre ces horreurs. On referme la parenthèse et on va essayer de vous divertir malgré tout parce qu’on est là pour ça !

Alors le matin comme d’habitude petit tout du côté Cannes Cinéphile pour voir s’il y a des invitations intéressantes. Notez que les gens se lèvent de moins en moins tôt pour y aller (trop de motivation en début de Festival c’est toujours comme ça). Beaucoup d’invitations pour Cannes Classics mais surtout une très intéressante, une séance spéciale de « An Inconvenient Sequel : The Truth of Power » avec Al Gore, un documentaire pour prévenir des dangers du réchauffement climatique. Hop on récupère une place avant de se poster devant le Palais des Festivals avec sa petite pancarte vous enlevant toute dignité mais ça a payé puisqu’en dix minutes j’ai récupéré des invitations pour Happy End & Mise à mort du cerf sacré !

J’aurais pu enchainer avec un troisième film mais choisit l’option numéro deux c’est-à-dire me nourrir et oui il faut parfois penser à manger pour éviter de tomber dans le coma dans la file (le soleil tape fort ici). On ressort de l’appartement pour voir donc cette séance spéciale mais évidemment on est obligé de faire un détour de quinze minutes, tapis rouge obligé. Ah les stars qui sont déposés au pied du tapis alors que toi tu dois te taper 30 minutes de marche c’est pas injuste ça ?

Rendez-vous à la salle du Soixantième en attendant Al Gore, Ségolène Royal, Maud Fontenoy et Yann Arthus-Bertrand notamment. Et qui dit arrivés tôt dit forcément bien placés résultat, j’avais Al Gore et Ségolène Royal deux rangs derrière moi c’est pas magnifique ça ? Avec un peu de chance j’aurais même pu avoir un selfie avec Ségolène Royal mais elle est sortie par une autre porte, ah les stars…

Allez encore une grosse journée de passée qui nous rapproche un peu plus de la fin, snif.

[CANNES 2017] Mobile Homes : Y a comme un petit air de Xavier Dolan

Il y a certains films qu’on attend, d’autres moins et enfin d’autres qui nous surprennent et qui participent à la magie du Festival de Cannes. Pourtant face au concert de M sur la plage le choix aurait pu être vite fait mais chez OSFUC, on est plutôt très content d’être allés voir Mobile Homes présenté à la Quinzaine des Réalisateurs. Premier long-métrage de Vladimir de Fontenay qui reprend là le scénario de son court-métrage du même titre.

Fuir ou s’installer ?

Ali et Evan sillonnent les routes entre les Etats-Unis et le Canade pour leurs différents petits trafics dans l’optique d’acheter une maison. Un couple dysfonctionnel dont le fils d’Ali est la première victime puisqu’il est régulièrement utilisé dans ces petites magouilles. A bout, Ali s’enfuit avec Bone pour essayer de se créer enfin une vie même si les décisions à venir risquent d’être compliquées.

Un drame familial confiné dans un van miteux avec pour seule idée celle du foyer. Evan se rattache à l’idée d’acheter une maison pour eux trois avec l’argent gagné de manière peu honnête tandis qu’Ali a une vision plus réaliste et donc plus pessimiste de la réalité. Après une énième frasque de la part de son petit-ami, elle s’enfuit et se retrouve dans un mobile-home qui au final représente peut-être toute ce qu’elle désire. S’ancrer verticalement dans la société avec une maison tout en gardant cete possibilité de fuir horizontalement comme elle l’a toujours fait avec Sean.

Une famille dysfonctionnelle qui malgré la violence s’aime et ne cherche qu’une chose : le bonheur. Dans une certaine mesure et dans la problématique engagée, ce film a des allures de Xavier Dolan? L’amour, la famille, le conflit mais surtout le portrait d’une mère, une mère perdue face à ses responsabilités de mère et qui tentera le tout pour le tout pour que son fils soit heureux malgré tout. L’esthétique du film rappelle également les films de Xavier Dola notamment avec ces gros plans au niveau du visage.

Avec un trio assez charismatique, le jeune Bone fait ses débuts au cinéma et quels débuts ! Drôle et touchant, cet enfant nous séduit d’un regard. D’ailleurs tout comme ses parents entre le charisme indéniable de Callum Turner et la beauté fragile d’Imogen Poots.

Mobile Homes est un joli bijou qui mérite d’y prêter attention malgré ses quelques imperfections mais une scène finale touchante et belle de simplicité. D’ailleurs la standing ovation reçue à la fin de la séance augure de belles choses pour ce film.

[CANNES 2017] Day 04 : « Attends ma glace ! »

Encore une semaine avant la fin du Festival alors on ne lorgne pas et on continue de se nourrir de films même si on en profite aussi de temps en temps parce que c’est Cannes quand même ! Au programme de ce dimanche : de l’apéro, de la standing-ovation et une plage en délire.

Qui dit dimanche, dit forcément petite grasse matinée. Après tout on a bien le droit de se reposer un peu quand même. Et de toute manière impossible de voir un film ce matin puisque j’avais rendez-vous à 11h au pavillon Unifrance pour remettre le Prix France Culture à… La Jeune Fille Sans Mains ! Un autre prix a également été remis à Monsieur Costa Gravas en personne avant de profiter de la petite terrasse, du soleil et de l’apéro à volonté. Elle est dure la vie cannoise hein ?

Un bon déjeuner après et rendez-vous à l’espace Miramar sur la Croisette pour la Semaine de la critique. Oui bon impossible de voir tous les films proposés à Cannes mais cette catégorie est quasiment une catégorie sûre et pour preuve, Gabriel et la montagne diffusé cet après-midi là est une jolie réussite dans son genre.

Normalement j’aurais dû aller au concert de M sur la plage qui avait lieu ce soir-là mais à la place je suis allée au Mariott pour la Quinzaine des réalisateurs et la projection de Mobile Homes en compagnie de l’équipe du film. Bon évidemment juste avant je suis enfin allée manger cette glace qui me tentait tant avant de filer pour ma séance de 20h30. Et bien je suis plutôt contente de ce changement de dernière minute puisque la projection s’est terminée par une belle et longue standing ovation pour toute l’équipe.

Journée plutôt calme au final mais ça c’est pour mieux revenir dès demain parce que lundi soir risque d’être une très très grosse soirée (non je ne spoilerai pas). Allez les amis on se dit à demain pour de plus folles aventures.

[CANNES 2017] Come Swim : Kristen Stewart, une future grande réalisatrice ?

Habituée du Festival de Cannes, Kristen Stewart est cette année présente non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice. La jeune femme a décidé de commencer modestement avec un court-métrage de 17 minutes prénommé Come Swim avec Josh Kaye et qui dépeint la vie d’un homme entre rêves et désillusions le tout dans une atmosphère oppressante et onirique. Alors est-ce que Kristen Stewart a réussi son pari ? Il semblerait que oui.

Une première oeuvre très personnelle

Ce n’est pas une nouvelle pour personne, Kristen Stewart a une personnalité et un univers bien à elle ce qui fait d’ailleurs d’elle l’une des meilleures actrices de sa génération. Come Swim se démarque par son univers très marqué par les influences de sa réalisatrice. On est dans quelque chose qui oscille entre rêve et réalité sans jamais vraiment nous dire le mot de la fin mais nul besoin pour comprendre et apprécier l’oeuvre. Un peu comme une expérimentation, le personnage principal vacille, se perd, se noie dans les paroles de Kristen Sewart en fond sonore. Que veut-elle ? Qui est-elle ? Que représente-t-elle ? A vous de vous faire votre propre opinion. C’est expérimental certes mais loin d’être inaccessible puisque libre à chacun d’y lire ce qu’il veut.

L’univers et les couleurs rappellent parfois dans une certaine mesure A Cure For Life, la musique est assourdissante, les images sont puissantes, bref ce sont 17 minutes courtes mais 17 minutes intenses.

Présenté lors d’une séance spéciale au Palais des Festivals, ce court-métrage a reçu une salve d’applaudissements mérités en tout cas à OSFUC on a adoré. Désormais nous n’attendons plus qu’une chose, que Kristen Stewart nous offre son premier long-métrage car s’il est de la même qualité que Come Swim, elle pourrait devenir une très grande réalisatrice.

[CANNES 2017] 120 Battements par minute : Et si elle était là notre Palme d’Or ?

On l’attendait impatiemment le film qui allait faire parler de lui sur la Croisette et cocorico il est français et fait drôlement écho à l’actualité notamment en Tchétchénie. Après avoir reçu un très joli accueil à Cannes, il n’y a aucun doute sur le fait qu’il en sera de même lors de sa sortie en salle au mois d’août. 120 Battements par minute se replonge dans les années 90 alors que le problème du SIDA est soigneusement évité par les politiques. A Paris, les activistes d’ACT UP mettent alors tout en oeuvre pour mettre en lumière cette maladie et au sein du groupe, un nouveau venu va tomber sous le charme d’un des leader : Sean.

Emotion et justesse du propos

Au cours de ces 2h20, le réalisateur passe habilement de l’action menée par ce groupe d’activistes à la dure réalité qui se cache derrière c’est-à-dire la maladie. Plongés au coeur de leur quotidien, on y découvre leurs joies, leurs peines mais aussi leurs peurs et leurs histoires d’amour à l’image de celle vécue entre Sean, activiste de la première heure et Nathan, toute jeune recrue d’ACT UP. L’un est atteint du sida et sa santé se détériore rapidement tandis que l’autre a réussi à passer entre les filets alors qu’un de ses ex est décédé de la maladie. Deux parcours différents qui ne laissent pas indifférents de par la beauté de cette amour et la sincérité qui en dégage.

Mais 120 Battements par minute c’est aussi une association, ACT UP, qui a lutté pendant des années à coup d’actions sanglantes (au sens strict du terme) afin de faire entendre leur voix et celles de toutes les personnes atteintes du sida et oubliées par la société. La force que dégage certaines scènes est assez renversante d’ailleurs tout comme le film dans son intégralité.

La sexualité est un sujet également abordé dans ce film mais d’une manière assez surprenante. Brute de décoffrage mais tellement réaliste et simple, sans artifices. Le réalisateur film les corps nus avec beaucoup de poésie et de pudeur et évidemment les prestations des deux acteurs principaux Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois n’y sont pas pour rien puisqu’ils portent le film à bout de bras et forme probablement l’un des plus jolis couple au cinéma.

Le Festival de Cannes n’en est qu’à son quatrième jour de compétition et pourtant certains se détachent déjà du lot. Et il est certain que 120 Battement par minute vient doucement de tracer son petit chemin jusqu’à la Palme d’Or.

[CANNES 2017] Day 03 : « Clint Eastwood ou Kristen Stewart ? »

Malgré la fatigue (il est actuellement 2h du matin lorsque je vous écris cet article) et les problèmes d’Internet me revoilà bel et bien avec l’épisode 3 de mon séjour cannois. Au programme aujourd’hui : ma dignité mise de côté, une probable Palme d’Or et John Travolta qui fait danser Cannes allez c’est parti !

Dois-je encore vous rappeler le rituel du matin ? Et non rendez-vous pour les invitations d’ailleurs la file se fait de moins en moins longue, les gens ont du mal à se réveiller visiblement. 8h45, l’heure de découvrir les invitations qui nous sont proposés et là que votons-nous ? Une invitation pour le premier long-métrage de Kristen Stewart en séance spéciale ce qui veut dire qu’elle sera là mais, oh malheur ! Un peu avant c’est une autre séance spéciale avec Clint Eastwood en personne pour présenter une version restaurée d’Impitoyable. Clint Eastwood ou Kristen Stewart mon cœur balance mais je me tiens à la directive que j’ai cette année : soutenir les films français et les premiers long-métrages. Bon certes c’est un court-métrage mais cela reste le premier de la jeune actrice alors on fonce et on soutient Kristen Stewart. Au passage on récupère des invitations pour le concert de M qui aura lieu dimanche soir c’est-à-dire ce soir à l’heure où vous lisez l’article.

Matinée plutôt tranquille jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’est projeté aujourd’hui au Grand Théâtre Lumière un film français en compétition : 120 Battements par minute. D’après les premiers retours de la presse il vaut le coup mais evidemment je n’ai pas d’invitation alors je prends mon courage à deux mains, je mets ma dignité de côté et je me poste devant le Palais avec une petite pancarte pour peut-être essayer d’obtenir ce fameux ticket. Heureusement qu’on était encore le matin sinon j’aurais fini en steak haché sur la place c’est certain. Mais malgré tout ça fonctionne puisque que quelqu’un m’a gentillement donné son invitation. Mission accomplie il ne reste plus qu’à rentrer à l’appartement pour manger et courir voir ce film juste après. Et vous savez quoi ? Heureusement que j’ai eu cette place parce que la Palme d’Or est là les gars et oui !

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Une fois sorti, on court pour retrouver Kristen Stewart au cinquième étage du Palais des festivals puisqu’elle vient cette année non pas en tant qu’actrice mais en tant que réalisatrice avec un premier court-métrage dont j’ai hâte de vous parler : Come Swim. Simple, efficace bref c’est réussi. Et comment finir cette journée en beauté ? Et bien avec une petite séance de cinéma à la plage avec Saturday Night Fever et 40 ans plus tard, la magie et le déhanché sont toujours là.

Rendez-vous dès demain pour de nouvelles aventures !

[CANNES 2017] They : Et pourtant ça commençait tellement bien…

They avait tout pour être un sacré concurrent à la Caméra d’Or 2017. Sa réalisatrice avait été repérée quelques années plutôt par Jane Campion, la voilà aujourd’hui en Séance Spéciale à Cannes pour un premier long-métrage, un drame plus précisément. J a 14 ans et prend des médicaments pour retarder sa puberté car « They » sont en plein questionnement quant à cette identité sexuelle. Fille ou garçon ? Son coeur balance sans jamais lui donner la réponse jusqu’au jour où ses parents sont contraints de partir. C’est alors que sa soeur Lauren et son petit-ami débarquent à la maison et c’est lors d’un dîner dans la famille de ce dernier que tout va changer.

Un bon début, une bonne fin… mais où est le milieu ?

Un synopsis au point et un casting plutôt alléchant notamment ce personnage de J, tout commençait bien pour ce film délicat et poétique. Le questionnement de J sur son identité sexuelle, cette liste qu’ils font pour savoir s’il est fille ou garçon ou parfois même rien, ses tenues qui varient du pantalon à la robe… Tout était fait pour que nous plongions dans la réflexion complexe de cette personne et puis c’est le drame puisqu’il n’y a strictement plus rien.

J est engloutie dans cette réunion familiale sans intérêt où l’on voit plus souvent le petit-ami de Lauren qu’autre chose à tel point qu’on oublie que J est dans la maison. Le film souffre de grosses longueurs et d’un scénario qui part en lambeau au fur et à mesure qu’il avance et nous on contemple ce naufrage qui nous fait quand même bien de la peine parce que le film avait de quoi faire la surprise. Le scénario était là, la poésie, le sujet abordé était intéressant et son acteur principal Rhys Fehrenbacher aurait pu être mille fois plus impressionnant encore.

They est un premier long-métrage un peu raté malheureusement même si l’intention était là, la réalisatrice se perd dans son film en le sous-exploitant totalement et malheureusement la force de jeu du personnage principal n’arrive à combler ce trop plein de lacunes.