Montana Story : This is the end

Tout porte à croire par son titre que Montana Story lorgnerait autour du Western, malheureusement on en est très loin. Présenté en compétition à Deauville, le film parle des conflits familiaux dans un immense décor montagneux. Cal et Erin sont frère et sœur, ils se réunissent après l’attaque cérébrale du patriarche qui les amène à devoir gérer le ranch et le père alité.

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Blood : C’est la goutte de sang qui fait déborder la poche

Cette année Deauville nous a targué non pas d’un, ni de deux mais de trois films interdits aux moins de 16 ans. Alors que La Tour devrait être interdit tout court et que X nous a fait frissonner à bien des égards, Blood a décidé de jouer la carte du vampirisme pour le meilleur… mais aussi un peu pour le pire.

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God’s Country : Le territoire des alphas

D’événements que nous suivons de loin, il est difficile de considérer les impacts, et surtout les traumas qu’ils peuvent générer chez les concerné·es. L’ouragan Katrina, et ses 1 800 mort·es, est un exemple d’un pays en crise, qui a refusé d’envoyer des secours pour les populations noires, et où la police avait pour ordre de tirer à vue sur les pilleur·ses. De ce désastre humain, nous n’en voyons que l’impact psychologique sur les rescapé·es, qui gardent sous silence leur affliction et sont des bouilloires ambulantes, prêtes à exploser à tout instant.

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At The Gates : Paranoïa commune

Lorsque l’immigration clandestine mexicaine est vue comme la promesse d’un El Dorado par les même immigré·es, la douche est souvent froide quand l’intégration est difficile, que les nationalités sont difficiles à obtenir, les boulots forcément dégradants car seuls disponibles, et que la peur de l’intervention de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) est constante, une épée de Damoclès qui peut survenir à tout moment. À l’orée de lois favorisant l’expulsion des sans-papiers américains, et alors que l’Amérique s’enfonce dans les méandres radicaux générés par l’ère Trump, à qui peuvent se fier ces personnes si leur monde s’embrase ?

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The Silent Twins : Il était deux fois

La figure des jumeaux·elles a toujours fasciné le cinéma qui en a fait bien souvent un objet horrifique – on pense à Shining ou encore Faux semblants. Ici, Agnieszka Smoczyńska s’empare de l’histoire vraie des sœurs Gibbons pour proposer un fascinant portrait fantastique d’amour sororal teinté de mystique.

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Palm trees and power lines : Été sous influence

Après un passage à la Cinéfondation en 2018 avec son court-métrage du même nom, Jamie Dack s’est illustrée au dernier festival de Sundance en remportant le prix de la meilleur réalisatrice dans la catégorie US Dramatic Competition. Et, alors qu’on évoquait l’importance du corps féminin à travers les yeux de celles qui sont concernées dans Body Parts, Palm trees and power lines inscrit définitivement sa réalisatrice parmi les nouveaux talents dont on a hâte de suivre la carrière.

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Scrap : S-crotterie

Moins déconnecté des thématiques liées aux luttes sociales que le « Grand » Hollywood, le cinéma indépendant américain s’empare souvent des sujets brûlants, et apporte un regard de témoin ou de détracteur sur la société qui l’entoure. Dans des festivals comme Sundance ou Deauville, les formes proposées sont simples, souvent pompeuses tant leurs intentions sont forcées, mais offrent dans les meilleures propositions un regard actuel, une voix à celleux qui n’ont pas forcément leur place dans la grande machine. Au milieu d’œuvres faisant parler les minorités, les oublié·es d’un monde trop rapide, on s’attend difficilement à voir Scrap, contre-pied sans cynisme qui voudrait placer les problèmes de pauvres blancs bien riches au même niveau que ceux des personnes qui n’ont pas le dixième de leur confort.

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War Pony – Il était une fois dans la réserve

Il est toujours nécessaire de voir des films qui prennent à bras le corps le sujet des réserves amérindiennes. On se souvient que tout un pan de la société américaine est la plupart du temps mis à l’écart. Dans ces rares films, toujours indépendants, il est intéressant de penser à Wind River de Taylor Sheridan, qui aborde avec une sincère âpreté la vie en réserve. War Pony est quant à lui un film nécessaire et sans ambages qui dévoile l’abandon des amérindiens à travers le chemin de vie de deux personnages.

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Watcher – Fenêtre sur Bucarest

Tout semble présager un film héritier du cinéma d’Hitchcock. Un thriller à la limite du réel, des enjeux puissants élevés par l’interprétation de son actrice principale. Watcher est le premier film réalisé par Chloe Okuno, qui a le droit à son avant-première à l’édition 2022 de Sundance. Pour son premier récit, elle nous emmène en Roumanie où nous suivons la vie d’expatriés américains. Bucarest est inconnue des yeux de Julia, jouée par Maika Monroe, qui accompagne son mari Francis, en partie originaire du pays.

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Lynch/Oz : Le conte à l’heure des comptes

Figure incontournable du film documentaire par sa manière de penser la mise en scène entourant les entretiens qu’il présente, Alexandre O. Philippe a cette capacité de prendre des sujets simples, communs, qui ont souvent été abordés et sur lesquels on pense tout savoir, afin de les mener vers un ailleurs, dresser des parallèles qui rappellent que toute nouvelle lecture offre une façon de concevoir tant l’œuvre abordée que l’art qu’elle sert. The people Vs George Lucas, Memory : the origins of Alien, tant d’archives qui ont permis d’appréhender ces œuvres qui nous sont cultes, et qui ont permis au réalisateur de continuer à s’interroger sur ce qui entoure leur conception propre. Après un entretien filmé où William Friedkin revient sur l’Exorciste, c’est un gros morceau qui attend Philippe, puisqu’il décide de tisser des liens entre Le magicien d’Oz, film cultissime de Victor Fleming sorti en 1939, matrice parfaite du conte américain… et la filmographie de David Lynch.

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Body Parts : Enquête Xclusive

À l’heure où l’on réclame et où on a besoin de plus de femmes pour raconter avec justesse le corps féminin à l’écran, Kristy Guevara-Flanagan vient faire le point avec son documentaire Body Parts. Aidée d’un joli panel d’intervenant·es diversifié·es, la réalisatrice soulève d’importantes questions pour pousser la réflexion quant à la manière qu’a l’art cinématographique de s’approprier un sujet après un siècle d’éducation par le regard masculin.

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Les Rascals : Retour à Nazi-Land

Dans le banlieue-film, on demande les extensions directes. Ces œuvres qui, si elles ont pour toile de fond l’immigration et la difficulté pour les personnes cantonnées à leur condition de s’exprimer et exister, ne restent pas enfermées entre quatre barres d’immeuble et où la caméra exproprie leurs habitant·es pour les ouvrir au monde. En nous proposant à suivre une bande de copains sans peur, cherchant à s’insérer dans la grande aventure, Les Rascals introspecte les racines réactionnaires d’un pays qui n’a de cesse de répéter ses envolées racistes, désignant pour ennemi commun celui qui pourtant ressemble à tout un chacun.

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Dual : Double jeu

Futur proche. Une personne apprenant sa mort imminente peut choisir de se faire cloner pour que ses proches n’aient pas à affronter le deuil. Véritable éponge, le double a pour mission de se renseigner au maximum pour copier les traits, la personnalité, et s’approprier les goûts de son/sa propriétaire à sa mort, afin que l’illusion soit parfaite. Mais si le clone refusait de se conformer à son identité déjà écrite ? Pire, et si la personne à la mort annoncée s’avérait en rémission, et disposée à finalement continuer le cours de sa vie ? Il y a là un semblant d’épisode de Black Mirror, auquel on rajoute une forte dose de cynisme, un humour étrangement mené mais qui parvient à faire mouche dans son flirt constant avec la noirceur du sujet.

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1-800-Hot-Nine : Allô, bimbo, bobo

1-800-Hot-Nine est ce qu’on pourrait appeler un film inespéré. Dix-huit jours de tournage avec seulement trois heures maximum par jour et un budget minime de 200 000$. Pourtant Nick Richey n’a rien lâché pour pouvoir réaliser son premier long-métrage inspiré de son enfance. Une première oeuvre qui, comme souvent, cumule les défauts inhérents à un premier essai sans être dénuée d’intérêt.

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Call Jane : Roe v. Wade all over again

En juin dernier, le monde a tremblé à l’annonce de la prise de décision de la Cour Suprême états-unienne d’interdire, à la discrétion des gouverneur·ses d’état, le droit à l’avortement. Considérant ne pas être concernés par ce qui se passe outre-atlantique, nombre de pays européens se sont pourtant empressés de lancer le sujet dans leur débat public : il n’y a qu’à voir quand, le lendemain de cette législation archaïque, nous invitons sur nos plateaux télévisés la présidente de la malheureuse Manif pour tous. Preuve en est que la liberté de disposer de son corps est universellement un droit fragile, qui s’il tombe entraîne de nouvelles lignes oppressives, et qu’il ne faut jamais relâcher sa vigilance. Comme une coïncidence hasardeuse, Call Jane, aux côtés du documentaire The Janes, retrace les pas du Jane Collective, une association clandestine qui pratiquait des avortements illégaux pour aider les femmes dans le besoin durant les années 60.

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