Charlie Says : Jacques a dit Tue les gens

Cinquante ans nous séparent du massacre de Sharon Tate par la Manson Family, date-clé qui a ébranlé le tout Hollywood. Une date anniversaire qui fait également remonter une fascination macabre pour ce moment où des hippies perdu·es se sont fait·es entraîner vers la criminalité. Quelques mois après la mort de leur gourou, le sujet redevient d’actualité, et après la sortie de Once Upon A Time In Hollywood, beaucoup de gens s’intriguent sur la réalité autour de ce culte. Si on est loin du documentaire, Charlie Says offre une retranscription de l’horreur humaine qui a opéré à la fin des années 60.

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American Woman : Récit de vie sans à-côtés.

Lorsqu’on a vu s’avancer pour recevoir son prix au festival de Deauville Sienna Miller, on s’est demandé pourquoi tant d’honneurs. Comédienne peu connue dans nos contrées, souvent relayée au rang d’intérêt amoureux (pour se défaire de cette idée, on recommande le très bon Interview, qui montre une palette assez large de son talent), il lui aura fallu plus d’une décennie pour obtenir un rôle qui allait nous la faire voir comme une véritable évidence. Avec American Woman, Jake Scott lui a offert un véritable rôle de composition dont elle s’est emparée avec élégance et virtuosité.

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Un Jour de Pluie à New York : La Poésie du quotidien.

Avec Un Jour de Pluie à New York, Woody Allen retourne à la source de son cinéma : Manhattan et son tohu-bohu incessant, Manhattan et ses habitants névrosés, Manhattan et l’hypocrisie de son élite, Manhattan et sa beauté toujours mieux magnifiée par un air de jazz. 

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The Climb : Pneu crevé

Sur les routes de Navarre, deux cyclistes. Qui discutent tranquillement de choses et d’autre. Lorsque l’un demande à l’autre s’il accepte d’être son témoin de mariage, l’autre avoue à l’un que depuis quelques temps, il couche avec sa future femme. S’en suit une course ridicule aux dialogues taillés au couteau. Petite ellipse, l’enterrement de la femme en question, qui finalement a épousé ledit copain, rajoute une forte ironie lors d’une cérémonie qui part en vrille. Tous les éléments sont là pour passer un bon moment d’humour noir.

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Rencontre avec Guy Nattiv, réalisateur de « Skin »

Lendemain de la projection du très convaincant Skin, nous retrouvons Guy Nattiv, réalisateur du film, pour parler du projet, de sa conception, de son messages et des difficultés rencontrées. À nos côtés, trois autres acteurs du milieu pour une table ronde. Nous retrouvons Adélaïde de Zickma, Frédéric de Fou de Théâtre, et Boris de Mulder Ville pour un partage de questions, que nous avons choisi de retranscrire en intégralité. 

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Mickey And The Bear : Gettin’ off their property

Le Montana. Si on s’imagine que la terre des rednecks se limite au Texas/Kansas/Mississippi, c’est mal connaître notre chère Amérique profonde. Au milieu des concours de celui/celle qui avale le plus de tartes, des familles sur-armées et du racisme primaire, Mickey tente de survivre, d’assumer un environnement toxique qui lui semble son fardeau par défaut, mais aussi de s’en échapper. 

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Bull : Pas si Red que ça

Au cœur d’une banlieue pauvre de Houston, Kris est une adolescente turbulente de 14 ans qui marche dangereusement dans les pas de sa mère qui purge actuellement sa peine en prison. Après avoir vandalisé la maison de son voisin Abe Turner – ancienne gloire du rodéo -, elle est obligée de faire amende honorable en lui filant un coup de main et au fur et à mesure, la jeune femme va se découvrir une passion pour monter les taureaux à cru mais une fois chez elle, les mauvaises fréquentations ne sont jamais bien loin.

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Waiting For The Barbarians : Depp-endance à l’ennui

Comme on nous l’aura bien vendu, ce Waiting For The Barbarians. Retour inattendu pour un Johnny Depp qui, selon les dires, tente un rôle de composition, présence d’un Mark Rylance qui depuis ses trois collaborations avec Steven Spielberg ne quitte plus les esprits, adaptation d’un livre par un réalisateur reconnu dans les sphères cinéphiles, le projet a tout pour plaire. Dès les premiers instants, la photographie nous entraîne dans une poésie patiente, prenant le temps de la contemplation. 

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Terre Maudite : Sed libera nos a malo

Fin du 18e siècle, Lizzy et son mari Isaac investissent une petite maison à la frontière occidentale américaine. Rapidement, Lizzy sent une présence maléfique qui rode autour de chez elle mais n’est écoutée par personne et certainement pas par son mari qui met ça sur le compte de superstitions religieuses. Le temps passe et la paranoïa cesse jusqu’à ce qu’un nouveau couple emménage pas loin. La paranoïa reprend de plus belle alors que leur voisine Emma semble aussi voir cet esprit maléfique. 

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Ham On Rye : Jambon pas frais

Le Ham On Rye est un sandwich assez réputé aux États-Unis, consistant en une tranche de jambon disposée sur du pain de seigle, généralement accompagné de salade et de tomates. Évidemment, pour ne pas masquer le goût, les dites tomates doivent être coupées en fines rondelles, et la sauce reste légère, pour n’apporter qu’un accompagnement permettant de savourer le fameux mets. Faites maisons, elles peuvent se composer de mayonnaise ou de ketchup, mais aussi de recettes plus alambiquées telles que…..Bon, vous voyez pas le rapport ? Nous non plus. 

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American Skin : Des maux et des mots

Le film commence de manière classique, un contrôle de routine qui nous devient beaucoup trop familier tant nous avons déjà malheureusement quelques certitudes concernant son issue. Lincoln Jefferson et son fils rentrent chez eux lorsque deux policiers les arrêtent pour un simple contrôle d’assurance. Une assurance expirée, un fils qui sort son téléphone pour filmer l’absurdité de la scène et un contrôle de routine qui vire au drame. Un an plus tard, l’officier qui a abattu le fils de Jefferson est acquitté et peut immédiatement reprendre ses fonctions. Entre temps, de jeunes étudiants en cinéma viennent à la rencontre de ce père de famille en deuil pour lui proposer de faire un documentaire sur son histoire. Un documentaire vu d’abord par son école et peut-être plus tard dans des Festivals aux yeux du monde entier. Ça, Lincoln l’a bien compris et va en faire une arme pour rendre justice lui-même. Et là où l’on pensait que le film serait un simple revenge movie, le réalisateur Nate Parker (The Birth of a Nation) décide d’aborder son film et son sujet à travers le prisme du documentaire. Le documentaire comme transmission, comme message universel à travers une jeunesse qui a le pouvoir de faire basculer les choses et notamment ce jeune étudiant Jayden, jeune afro-américain également témoin de cette violence faite envers sa communauté.

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Knives and Skin : N’est pas Lynch qui veut

Ce n’est plus à prouver pour personne, David Lynch est une véritable source d’inspiration pour les cinéastes. Certains réussissent à s’en inspirer… pour d’autres nous dirons poliment que c’est un peu plus compliqué. En tout cas avec son Knives and Skin, Jennifer Reeder ne cache pas ses inspirations Twin Peaks, Blue Velvet… Malheureusement, le résultat est loin d’être à la hauteur, très fourre-tout et prétextant la cause féministe pour exister.

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The Wolf Hour : La vraie femme à la fenêtre

New York, le Bronx, fin des années 70. Quartier en effervescence, en proie à une criminalité sauvage, où l’ambiance se mêle à la peur. Là, dans un appartement qu’elle délabre avec laxisme, June, célèbre autrice victime d’un succès qui l’a plongé dans un état de paranoïa total, regarde le monde à travers sa fenêtre, et alimente sa peur de l’extérieur, des autres, des dangers qu’elle constate se mêlant à ceux qu’elle s’invente. 

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Share : La mémoire dans la SIM

2019. Les derniers « Don Juan » et autres êtres abjects qui justifient leur pensée unilatérale par leur amour inconditionnel des femmes peuvent retourner se terrer dans les méandres d’où ils auraient du rester : aujourd’hui, la culture du viol, on en parle. On va se faire marteler par tous les bords les scandes issues de Me Too, des Balance Ton Porc, et de tout ce qu’il faudra pour que le message passe. Quand on voit le portrait malheureusement réaliste que nous dévoile Share, on ne peut que se sentir encore mal. 

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Skin : Dessine-moi un Aryen

À l’heure où la montée des extrêmes atteint une nouvelle apogée bien trop importante, le cinéma est là pour s’approprier le sujet et en parler avec la pertinence aléatoire qu’on lui connaît. On consomme cette thématique dangereuse de toutes les manières, pour le meilleur et pour le pire : Spike Lee qui oublie d’ajouter le soupçon de gravité nécessaire pour que son Blackkklansman fonctionne ; Daniel Ragussis qui, au contraire, conserve trop de sérieux au point d’en rendre son Imperium imbuvable, parler des suprémacistes est un exercice délicat. Guy Nattiv, avec un angle radicalement différent, compte changer la donne. 

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