Comment Je Suis Devenu Super-Héros : polar aux super-pouvoirs

Il en aura généré des attentes, le film de Douglas Attal. Vendu comme le « premier film de super-héros français » (c’est faux, mais forcément, ça attire), le métrage est attendu au tournant, tant il représente un carrefour potentiel pour le cinéma français : porte-étendard d’une industrie qui décide d’y aller franco et de proposer à l’écran des propositions excessivement rares dans le paysage hexagonal, ou preuve supplémentaire que les investisseurs ont « raison » de ne pas miser sur un cinéma considéré par le grand public comme « hollywoodien » ?

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Les Deux Alfred : French Tech

Les nouvelles technologies et la start-up nation sont-elles des thématiques qui ont fortement marqué Denis Podalydès ? Aucune idée, mais la coïncidence est folle lorsqu’après avoir été dirigé par le duo Delépine & Kervern et leur excellent Effacer L’historique, c’est sous la caméra de son frère Bruno qu’il développe le sujet. Sous un ton bien plus jovial et lunaire, propre au fraternel, Les Deux Alfred regarde le monde qui nous entoure avec une certaine ironie.

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Des Hommes : À la recherche du trauma

La sélection cannoise 2020 est définitivement étrange. Après un Peninsula qui a déçu plus que de raison, on découvre Des Hommes, probablement là pour la renommée de son auteur Lucas Belvaux, mais qui sera enclin aux mêmes railleries, à se demander quelles ont été les substances consommées par Frémaux et Lescure lors de leurs sempiternels visionnages sélectifs. Un casting pourtant de choix – même si l’on connait les capacités diminuées du Depardieu semi-national – mais qui se noie dans un récit bafoué, et se plante en beauté.

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Lupin III : The First – franchise essoufflée ou renouvelée ?

Il n’est jamais simple de continuer à faire vivre une franchise, surtout quand elle affiche une cinquantaine d’années au compteur. Le temps passe, les films et/ou séries s’enchaînent, alors qu’avec eux les technologies comme les attentes évoluent. Passant notamment après Seijun Suzuki – qui a délaissé ses œuvres sulfureuses le temps d’un opus de la saga animée – et surtout Hayao Miyazaki et son fameux Château de Cagliostro, Takashi Yamazaki a donc une lourde tâche pour le dixième film impliquant le gentleman-cambrioleur. Une tâche d’autant plus ardue, du fait qu’il s’agit de la première tentative d’animation en 3D pour une aventure de ce personnage.

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Resistance : Barrez-vous, cons de mîmes

Les films sur la Seconde Guerre Mondiale, cette plaie moderne. Non pas que le sujet soit inintéressant, au contraire, mais il semble tellement éculé que ça en devient indécent. D’autant plus lorsqu’il se fait le théâtre d’un cinéma voyeuriste, prenant son/sa spectateur·ice pour un·e inculte en histoire, et qu’il peut balancer tout le misérabilisme possible sans ménager ses artifices ni cacher sa honte. Après tout, des enfants sont mort·e·s, le public est donc acquis et chiale quoi qu’il arrive.

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The Nest : (false) gothic romance

Le capitalisme… cet univers impitoyable. Dans The Nest, Jude Law incarne un ambitieux entrepreneur qui fait tout quitter à sa famille pour tenter sa chance ailleurs.

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The Violent Heart : Let’s thrill in love

Daniel, un mécanicien mystérieux au passé tragique, fait la rencontre de Cassie, une étudiante sur le point d’avoir son diplôme. Le synopsis aux airs de romance semble rentrer dans les cases du genre. Cependant, The Violent Heart saisit l’ambiguïté de son histoire avec technicité. Son réalisateur ne souhaite à aucun moment se limiter à un genre précis mais décide au contraire d’installer à la moitié du film un climat de tension digne d’un thriller.

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Lorelei : Tirer la sirène d’alarme

Dans les portraits humains marquants, les récits de rédemption font foison. Avec Lorelei, présenté en compétition à Deauville, Sabrina Doyle se fait la conteuse de l’aventure croisée de deux âmes torturées, dont la rencontre permet l’explosion, et l’avancée.

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Love Is Love Is Love : Caméra-tricot

Eleanor Coppola, moins connue pour son unique métrage de fiction que pour ses épousailles avec ce cher Francis, s’essaie de nouveau à la caméra avec Love Is Love Is Love, présenté au festival de Deauville. À 84 ans, celle qui avait immortalisé l’enfer Apocalypse Now avec son excellent documentaire Au Coeur Des Ténèbres entend nous offrir une anthologie composée de trois courts-métrages, garante de trois visions de l’amour. Une heure trente plus tard, on se demande encore ce qu’elle avait envie de raconter.

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Sophie Jones : Aime-moi

À seulement 16 ans, Sophie Jones doit faire face à la mort prématurée de sa mère. Un deuil qu’elle n’arrive pas à faire, si bien que pour ressentir ne serait-ce qu’une chose, elle se lance à corps perdu dans des relations sans lendemain. Un comportement qui va doucement l’éloigner des seules personnes qui l’aiment réellement, avant qu’elle ne se rende compte que ces moments charnels sont vains et ne combleront jamais ce que le véritable amour peut offrir.

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[DEAUVILLE 2020] Holler : Avenir rouillé

Nous sommes en plein hiver et le temps semble suspendu pour Ruth et son frère qui tentent de survivre jour après jour sans que rien ne change. Alors que les perspectives d’avenir pour la jeune fille sont limitées, c’est finalement un courrier lui annonçant son admission à la fac qui va peut-être lui offrir une porte de sortie, contrebalancée par des frais de scolarité impossibles à avancer pour ceux qui peinent déjà à payer loyer et eau. Avec un père absent et une mère en prison qui refuse d’aller en désintoxication, le quotidien de ces enfants obligés d’être adultes est compliqué. Ruth se retrouve à travailler avec son frère pour une bande de ferrailleurs illégaux et se frotte dangereusement à la mort pour essayer de s’en sortir.

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Giants Being Lonely : Derrière le film, le trauma

Nous suivons Adam, Bobby et Caroline qui côtoient tous les trois le même lycée. Comme tous adolescents, ils ont leurs petits tracas du quotidien : les amis, les amours, les rivalités et la famille avec laquelle on a parfois du mal à s’entendre. D’autant plus qu’Adam et Bobby jouent dans l’équipe de baseball, et que le coach n’est personne d’autre que le père du premier. Chacun d’entre eux a des rapports compliqués avec ses parents. Adam qui doit toujours satisfaire son père sous peine d’être puni (aussi physiquement que psychologiquement) alors que la mère ne daigne dire un mot par peur de contredire son mari. Bobby dont la mère est partie et qui doit s’occuper de son père seulement bon à dormir dans le canapé, et Caroline qui a du mal à s’entendre avec sa maman. Lorsque les tensions se font de plus en plus fortes, l’ombre d’un drame n’est jamais bien loin.

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Uncle Frank : Fruit de la passion

Il est toujours évident qu’un coming-out est une épreuve pour celleux devant affronter une famille à l’éducation et aux mœurs différentes. Dans la campagne américaine de 1973, on imagine les difficultés pour un homme gay d’affirmer sa personnalité, et de faire accepter sa « différence« . Avec la douceur et la justesse qu’il avait déjà dévoilé dans ses scénarios – Six Feet Under et American Beauty, pour ne citer qu’eux -, Alan Ball nous offre avec Uncle Frank un récit initiatique profond et touchant, qui ne peut laisser personne indifférent·e.

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Last Words: L’humanité au cinéma

Le cinéma est l’art le plus juste pour saisir une époque par la force des images, par son montage ainsi que par son accessibilité et son art de la métamorphose. Il est possible aujourd’hui d’observer une certaine convergence, celle des films post-apocalypse artsy qui proposent une lecture beaucoup moins divertissante et beaucoup plus pertinente que les films à gros budget sur la même thématique. Récemment est sorti le film Light of my life de Casey Affleck, dans la même veine que Last Words de Jonathan Nassiter. Une impression se dégage de cette tendance actuelle, la fin du monde semble de plus en plus proche pour l’humanité, ce n’est plus une mauvaise blague mais bien une peur concrète. Le silence de ces films nous dit que nous, les Hommes, sommes prêt à faire notre deuil à l’avance.

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Peninsula : L’ombre d’un Zombie

On attendait avec une impatience non feinte le nouveau film de Sang-ho Yeon, le réalisateur du fantastique film Dernier train pour Busan. Innovant, malin et inattendu, il a fait l’effet d’une bombe lors de sa sortie et a rendu caduc les derniers longs-métrages traitant de zombies. Archaïque, idiot, et attendu, Peninsula fait l’effet d’un pétard mouillé. Considéré comme un film extension de l’univers proposé dans Seoul Station et Dernier train pour Busan, tout donnait envie: une Corée du Sud à l’abandon, des grands espaces où l’inventivité du réal peut s’épanouir à foison. Dernier train pour Busan était son huis-clos radical où chaque plan transpirait l’inventivité, l’idée de voir cette dernière à travers son exact opposé pouvait nous rendre curieux.

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