Aya Et La Sorcière : J’ai mal aimé

Retour des Studio Ghibli après Souvenirs de Marnie, Aya et la sorcière se voit exploité en téléfilm au Japon, même s’il verra le chemin des salles par chez nous. Présenté en séance spéciale au festival de Gérardmer, il convoie autant d’excitation que d’appréhension. Vu comme l’un des derniers « bastions » de l’animation traditionnelle et garant d’un savoir-faire typiquement japonais, le Studio Ghibli prend tout le monde à revers avec sa décision de quitter l’animation « traditionnelle » (l’assistanat par ordinateur reste toujours présent), s’attirant l’habituelle foudre du public avant que les yeux ne soient posés sur le métrage. Autre crainte plus fondée, celle de voir Miyazaki Goro aux manettes, lui qui laisse indécis avec ses deux long-métrages au compteur, pouvant passer du très passable et oubliable Contes de Terremer à la notable et chaleureuse Colline Aux Coquelicots.

Lire la suite de « Aya Et La Sorcière : J’ai mal aimé »

Mosquito State : Plus d’actions chez Baygon !

Dans la catégorie « indispensable du cinéma de genre« , on nomme le body horror ; un artifice hautement graphique, qui peut jouer avec les corps et les voir s’opérer des meilleures transformations devant nos yeux apeurés. La promesse d’un homme-moustique, c’est nombre de terreurs appréhendées, de moments où l’on risque de détourner les yeux. Ce qu’on ne savait pas, c’est qu’en plus de jouer cette carte avec habileté, Mosquito State ajoute à sa lecture un pamphlet très informatif sur la situation boursière, accompagné d’une belle remontrance anticapitaliste. Et ça, avec beaucoup moins d’habileté.

Lire la suite de « Mosquito State : Plus d’actions chez Baygon ! »

Psycho Goreman : À genoux, Belzébuth !

Présenté lors de la Nuit décalée du festival de Géradmer aux côtés de Cyst et de Slaxx, Psycho Goreman joue la carte du revival 80’s décomplexé, au ton volontairement outrancier et brossant dans le sens du poil le public de niche. Et ça fonctionne du tonnerre.

Lire la suite de « Psycho Goreman : À genoux, Belzébuth ! »

Les Animaux Anonymes : Man vs Wild

Dans un festival, outre les métrages taillés pour jouer les grands favoris de la compétition, l’occasion est pour de jeunes cinéastes et auteur·ice·s de faire connaître leur univers, et dévoiler ce qu’iels ont dans le ventre. À Gérardmer, du côté frenchy, il y a eu Teddy et La Nuée, tous deux récompensés à raison pour leur qualité d’objet de cinéma et l’ambition de proposer quelque chose de différent du moule actuel. Bien plus discrètement, un troisième français s’est incrusté à l’écart du concours, en la personne de Baptiste Rouveure et ses Animaux Anonymes. Une œuvre radicale d’une heure au compteur, qui peut laisser beaucoup de monde sur le carreau. Mais qui a le mérite d’être assumée dans son propos de bout en bout, et de montrer qu’un cinéma extrême a toute sa place à l’écran.

Lire la suite de « Les Animaux Anonymes : Man vs Wild »

Ghosts of War : Crade of Duty, Modern Nanar

Il y a les fantômes, une manifestation surnaturelle qui prend sa source dans les croyances et les traditions. Présents depuis la nuit des temps, ils parcourent l’histoire, la culture et font peur aux esprits des plus petits comme des plus grands. Il y a la guerre, une lutte armée entre états aux conséquences  psychologiques et physiques parfois irrattrapables, qui touchent les hommes, les soldats tenus sur le front pour défendre une patrie, se donner corps et âme jusqu’à la mort. Et puis, il y a Ghosts of War.

Lire la suite de « Ghosts of War : Crade of Duty, Modern Nanar »

The Stylist : T’as un beau front, chérie

Récurrence que l’on constate souvent dans le cinéma de genre : le court-métrage développé en long, et le ressentiment qui va avec. On se retrouve souvent face à un objet au postulat passionnant, mais qui peine à étirer son propos sur la longueur et ennuie par son remplissage assez poussif. Une fois n’est pas coutume, The Stylist est de ceux-là, mais propose une immersion attrayante pour qui choisit de se laisser porter.

Lire la suite de « The Stylist : T’as un beau front, chérie »

Host : Connectés-bis

Connectés de Romuald boulanger est un film post-covid qui… Oups, excusez-nous, on se demandait pourquoi Audrey Fleurot et Michaël Youn avaient un si bel accent anglais. Recommençons. Dans la famille films post-covid, on voudrait un film britannique qui profite d’une situation sanitaire exceptionnelle pour faire un long-métrage Unfriended version wish. Première question que nous avons le droit de poser : Pourquoi ? Deuxième question: Non mais vraiment, pourquoi?

Lire la suite de « Host : Connectés-bis »

The Cursed Lesson : Cocoon or not cocoon

Les propositions étrangères, notamment celles issues de la péninsule coréenne, se complaisent à attirer les curiosités de la rédaction, toujours friande de leurs thématiques. The Cursed Lesson aborde un sujet récurrent de leur cinéma, mais sa lourdeur et sa capacité à annihiler toute idée de réflexion en font une bien pénible expérience.

Lire la suite de « The Cursed Lesson : Cocoon or not cocoon »

Impetigore : ni gore ni impétueux

Il faut constater la diversité de la sélection de films du festival de Gérardmer 2021 : les longs métrages se succèdent et on y met en scène des lieux et des cultures de pays très différents. Impetigore, en Hors Compétition, nous arrive d’Indonésie.

Lire la suite de « Impetigore : ni gore ni impétueux »

Sputnik : une symbiose extraterrestre

Sputnik, réalisé par Egor Abramenko, aurait pu être de ces films ratés ou decevants de festival (Gérardmer 2021). Et pourtant, c’est plutôt un film de science-fiction divertissant, efficace et même parfois réjouissant qui se révèle.

Lire la suite de « Sputnik : une symbiose extraterrestre »

The Other Side : de l’autre côté de l’ennui

Ces dernières années, les films d’horreur ont su réécrire certains de leurs codes, les utiliser au profit de messages plus personnels, universels et métaphoriques. Mais évidemment, comme le style marche, plaît et offre un début de carrière des plus prestigieux à l’un de ses nouveaux maîtres Ari Aster, les petits malins n’hésitent pas à s’engouffrer dans la brèche. Pour le meilleur, et aussi pour le pire. Du côté scandinave, le duo suédois Oskar Mellander et Tord Danielsson débarque avec The Other Side qui creuse pour plonger profond dans l’ennui et surtout l’oubli.

Lire la suite de « The Other Side : de l’autre côté de l’ennui »

Sleep : les nazis c’est tabou, on en viendra tous à bout

Proposition allemande, Sleep (Schlaf en version originale) est le premier film de Michael Venus. Il fait preuve d’ambition en abordant la situation politique de son pays au travers d’une intrigue tortueuse mêlant passé et présent d’une même famille. Pour autant, l’enfer est pavé de bonnes intentions, les ratages cinématographiques aussi, et si Sleep est loin d’être une purge, il n’y a pas de quoi en faire une choucroute.

Lire la suite de « Sleep : les nazis c’est tabou, on en viendra tous à bout »

Possessor : Qui veut la peau de David?

Brandon Cronenberg a déjà suscité les curiosités avec Antiviral, son premier essai. Sa mise en scène chirurgicale, aux tons excessivement froids, laisse un sentiment d’inabouti mais dénote également d’une patte d’auteur imparable, celle d’un réalisateur qui trouve progressivement son identité dans cette manière de regarder avec recul et cynisme ses sujets. Possessor nous arrive nourri de bien d’attentes, et s’ancre dans une continuité logique : la patte s’affirme, mais les défauts persistent.

Lire la suite de « Possessor : Qui veut la peau de David? »

Anything For Jackson : Bingo coché

Pour Jackson, on est prêt à tout. Oui, à tout. À renier notre condition de gentil petit couple bien rangé pour se tourner vers le satanisme. À kidnapper, torturer psychologiquement, pactiser avec le malin. Pour que Jackson revienne, on est prêt à libérer d’autres démons en chemin, à sacrifier d’autres vivants, peu importe. Mais la question qu’on s’est pas posé : est-ce que pour Jackson, les spectateur·ices sont prêts à subir notre film ?

Lire la suite de « Anything For Jackson : Bingo coché »