[DEAUVILLE 2019] Bull : Pas si Red que ça

Les errances et affres d’une Amérique oubliée sont monnaie courante dans le cinéma indépendant. Il faut dire qu’il y a souvent matière à dire, à critiquer et à montrer. Il y a deux ans, le film de Chloé Zaho The Rider avait brillé aux yeux du Festival en repartant avec le Grand Prix, le portrait d’un homme en pleine reconstruction au coeur d’une réserve de l’Amérique éloignée. Cette année, Annie Silverstein décide aussi d’aborder le sujet avec, il faut le dire, beaucoup moins d’entrain que ce que nous offrait The Rider.

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[DEAUVILLE 2019] Waiting For The Barbarians : l’attente interminable

Comme on nous l’aura bien vendu, ce Waiting For The Barbarians. Retour inattendu pour un Johnny Depp qui, selon les dires, tente un rôle de composition, présence d’un Mark Rylance qui depuis ses trois collaborations avec Steven Spielberg ne quitte plus les esprits, adaptation d’un livre par un réalisateur reconnu dans les sphères cinéphiles, le projet a tout pour plaire. Dès les premiers instants, la photographie nous entraîne dans une poésie patiente, prenant le temps de la contemplation. 

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[DEAUVILLE 2019] Terre Maudite : Sed libera nos a malo

Il y a de ces mystères à Deauville qui resteront incompréhensibles comme cette séance de Terre Maudite (The Wind en VO)  présenté en Première. Hué à son générique de fin, aucun applaudissement, cette fin de séance semblait absolument improbable tant le film ne méritait pas cette ignorance car oui, le premier film d’Emma Tammi mérite qu’on s’y attarde un peu plus longuement. 

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[DEAUVILLE 2019] Ham On Rye : disparition solaire, puis scénaristique

Le Ham On Rye est un sandwich assez réputé aux États-Unis, consistant en une tranche de jambon disposée sur du pain de seigle, généralement accompagné de salade et de tomates. Évidemment, pour ne pas masquer le goût, les dites tomates doivent être coupées en fines rondelles, et la sauce reste légère, pour n’apporter qu’un accompagnement permettant de savourer le fameux mets. Faites maisons, elles peuvent se composer de mayonnaise ou de ketchup, mais aussi de recettes plus alambiquées telles que…..Bon, vous voyez pas le rapport ? Nous non plus. 

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[DEAUVILLE 2019] American Skin : Des maux et des mots

Ce n’est pas la première fois que le Festival de Deauville met en avant des films engagés. Encore plus des films concernant les violences policières faites envers la communauté noire que ce soit avec Blueprint il y a deux ans ou encore Monsters and Men l’année dernière. À l’instar de ces deux films qui exploitaient ce sujet déjà vu sans grande originalité, American Skin, présenté en Première cette année est une véritable claque par sa façon intelligente d’aborder ce sujet. Une vraie leçon d’humanité.

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Knives and Skin : N’est pas Lynch qui veut

Ce n’est plus à prouver pour personne, David Lynch est une véritable source d’inspiration pour les cinéastes. Certains réussissent à s’en inspirer… pour d’autres nous dirons poliment que c’est un peu plus compliqué. En tout cas avec son Knives and Skin, Jennifer Reeder ne cache pas ses inspirations Twin Peaks, Blue Velvet… Malheureusement, le résultat est loin d’être à la hauteur, très fourre-tout et prétextant la cause féministe pour exister.

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[DEAUVILLE 2019] The Wolf Hour : Fenêtre sur rue pas secrète

New York, le Bronx, fin des années 70. Quartier en effervescence, en proie à une criminalité sauvage, où l’ambiance se mêle à la peur. Là, dans un appartement qu’elle délabre avec laxisme, June, célèbre auteure victime d’un succès qui l’a plongé dans un état de paranoïa total, regarde le monde à travers sa fenêtre, et alimente sa peur de l’extérieur, des autres, des dangers qu’elle constate se mêlant à ceux qu’elle s’invente. 

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[DEAUVILLE 2019] Share : Reconstruction face à l’oubli

2019. Les derniers « Don Juan » et autres êtres abjects qui justifient leur pensée unilatérale par leur amour inconditionnel des femmes peuvent retourner se terrer dans les méandres d’où ils auraient du rester : aujourd’hui, la culture du viol, on en parle. Alors oui, on va se faire marteler par tous les bords les scandes issues de Me Too, des Balance Ton Porc, et de tout ce qu’il faudra pour que le message passe. Parce que visiblement, si les langues se délient, et que tout le monde se retrouve enfin face à ces actes, que l’on soit coupable direct ou complice volontairement aveuglé, rien n’est acquis, et le chemin va être encore long. Et quand on voit le portrait malheureusement réaliste que nous dévoile Share, on ne peut que se sentir encore mal. 

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Skin : L'échappée infernale

À l’heure où la montée des extrêmes atteint une nouvelle apogée bien trop importante, le cinéma est là pour s’approprier le sujet et en parler avec la pertinence aléatoire qu’on lui connaît. On consomme donc cette thématique dangereuse de toute les manières, pour le meilleur et pour le pire : Spike Lee qui oublie d’ajouter le soupçon de gravité nécessaire pour que son Blackkklansman fonctionne ; Daniel Ragussis qui, au contraire, conserve trop de sérieux au point d’en rendre son Imperium imbuvable, parler des suprémacistes est un exercice délicat. Guy Nattiv, avec un angle radicalement différent, compte changer la donne. 

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[DEAUVILLE 2019] Swallow : Souffrir pour vivre

Cette année, le 45e Festival de Deauville a décidé de mettre à l’honneur la femme avec des actrices reconnues telles que Kristen Stewart ou Geena Davis, qui recevront chacune un prix mais également du côté de la compétition avec des films réalisés par des femmes mais également des films sur les femmes. Swallow fait partie de cette seconde catégorie. Véritable cri de liberté envers un patriarcat étouffant pour une jeune femme cantonnée à son rôle de femme de. 

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