Rétrospective Terrence Malick #1: le poète du Nouvel Hollywood

Rebelle parmi les rebelles, révolutionnaire parmi les révolutionnaires, Terrence Malick s’est fait un artisan de la représentation de cet invisible, du mystère, par des œuvres dépassant le stade du simple film pour devenir de vraies expériences sensorielles. Aussi discret pendant ses tournages que dans les médias, on ne sait que peu de choses sur cet artiste cultivant le secret, à la carrière si singulière et passionnante. Grand passionné de philosophie, qu’il a étudiée à Harvard et Oxford, il s’intéresse au cinéma à la fin des années 60. C’est à cette époque que le Nouvel Hollywood voit le jour et s’apprête à dynamiter l’industrie cinématographique. Après avoir été, entre autres, script doctor sur L’inspecteur Harry (Don Siegel, 1971), il sort son premier long métrage, La balade sauvage, en 1973, lequel marque par le style très personnel qu’il révèle, faisant de Malick un cas particulier au cœur du mouvement néo-hollywoodien. Ce film est le point de départ d’une longue et déroutante carrière.

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Rétrospective Tsui Hark #8 – Pour le pire… mais surtout le meilleur

Retour dévastateur à Hong Kong, synthèse du polar ayant fait la gloire de la péninsule à partir des années 80 et baroud d’honneur pour un cinéaste ayant porté une partie de l’industrie pendant deux décennies, Time and Tide est aussi le début d’une remise en cause pour Tsui Hark. Remise en cause de son avenir alors que Hong Kong est officiellement redevenue chinoise, mais également remise en cause de son style expérimental qui façonne ses œuvres depuis The Blade, et enfin de ses ambitions de cinéaste à l’heure où le numérique permet des prouesses jusqu’à l’heure impossibles. Il en résulte une période instable pour le cinéaste, mais heureusement courte.

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Werewolf By Night : Chair de Poule (mouillée)

Profitant de l’arrivée de l’automne et de son cortège de goules, vampires et tueurs psychotiques, Marvel sort de son tiroir à malices Werewolf By Night, une adaptation du comics éponyme de 1972 suivant la vie tumultueuse de Jack Russel, un loup-garou aux prises avec l’univers Marvel. Aux manettes de cette plongée dans l’horreur siglée 16+, c’est le compositeur émérite Michael Giacchino, pourtant très occupé parmi les multiples bandes originales qu’il signe régulièrement, qui tronque sa baguette pour la caméra.

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Le Goût du riz au thé vert : Mariage à ranger

Aparté : Dans un soucis de fluidité dans cette retrospective dédiée au cinéaste Yasujirō Ozu, nous avons décidé de ne pas composer d’article sur le film Eté précoce (1951). En effet, ce dernier – bien que majeur dans l’oeuvre du monsieur – a une histoire, un cheminement narratif ainsi qu’un contexte de production très similaire au précèdent long-métrage abordé : Printemps tardif. Pour autant, nous vous recommandons fortement son visionnage. Déjà car c’est une nouvelle occasion d’admirer Setsuko Hara au sommet de son art dans le rôle d’une autre « Noriko », mais surtout car Eté précoce permet d’élargir le portrait du Japon déjà détaillé dans le film précèdent notamment par une plus grande galerie de personnages délicieux, toujours composés avec l’aide de Kōgo Noda à l’écriture.

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Printemps tardif : Bonheur égoïste

Certains critiques, y compris parmi la rédaction, ont pour habitude de prendre des notes pendant le visionnage d’un film. On place délicatement un petit carnet entre ses deux jambes et on reste à l’affut de chaque petit détail qui aurait l’honneur de trôner sur les pages de celui-ci. On s’attèle à la tâche avec minutie, on y note le nom du film, son année de production, ses acteurs principaux. Son contexte aussi, des réflexions sur le déroulé de l’intrigue, sur l’esthétique de l’œuvre. Un jour, nous découvrons Yasujirō Ozu, et quand, le film terminé, nos yeux se posent sur nos écrits, nous sommes bien embêtés : presque tout les mots ont été balayés par nos larmes.

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Récit d’un propriétaire : Chronique des gens ordinaires

Nous continuons d’explorer la filmographie de Yasujirō Ozu avec son premier film de l’après-guerre, sorti en 1947 : Récit d’un propriétaire. Affublé du sous-titre « Chronique des gens ordinaires » sur notre territoire, le film narre l’arrivée d’un garçon chez une femme âgée après qu’il se soit égaré lors d’une promenade avec son père.

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Il était un père : Il était une oeuvre

Visionner Il était un père juste après Le fils unique est une expérience fascinante. Les films semblent être les deux faces d’une même pièce, d’un diptyque sur le sacrifice parental. Le portrait de la mère dessiné dans le second laisse place à celui d’un homme, figure paternelle essentielle chez Ozu et qui est ici plus-que-jamais au coeur de son récit.

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Rétrospective David Cronenberg #7 : Des espaces et des corps, encore

Attention, cet article a été rédigé par deux de nos rédacteurs. Les crédits sont en fin de texte.

Avec ce qui est communément nommé sa « seconde période », David Cronenberg a dérouté nombre de ses fans, s’attendant à le voir décliner son body horror toute sa carrière. Il a pourtant prouvé qu’il reste un questionneur intéressant sur les problèmes liés à l’humain·e, et continue une route singulière, qui vacille entre espoir et fatalisme. S’il revient à ses premières amours avec Crimes of the future, il continue d’introspecter les psychoses dans ses œuvres précédant son hiatus.

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Rétrospective Hirokazu Kore-Eda #1 : Deuils poétiques

Hirokazu Kore-Eda est un réalisateur japonais connu et reconnu pour ses nombreuses chroniques familiales qui abordent de multiples sujets tels que le deuil, l’abandon ou la notion de famille qu’il remet régulièrement en question. À l’occasion de la sortie prochaine de Broker, retour sur une carrière quasiment irréprochable.

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Rétrospective David Cronenberg #6 : Normalités abusives

Le cadre moins ancré dans le fantastique abordé par Spider voit s’amorcer une suite logique dans le cinéma de David Cronenberg. A history of violence est généralement reconnu comme le film qui amorce sa deuxième période, moins appréciée des fans de la première heure. Pourtant, les œuvres proposées à partir de ce moment sont d’une qualité indéniable, les deux « périodes » possédant chacune sa force, et révèlent d’une volonté qu’il serait idiot de juger, tant l’auteur, à reproduire les gimmicks qu’on lui réclame, aurait pu s’enfoncer dans une forme d’auto-parodie malvenue.

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Rétrospective David Cronenberg #5 : Retour sous le capot

Sulfureux, provocateur, dénonciateur de nombreuses choses liées aux avancées sociales, David Cronenberg continue ses avancées dans ses univers parallèles, aussi éloignés que proches de nos propres réalités. Mêlant ses dérives visuelles à des constatations sur la psyché humaine, il se pose en observateur des déroutes, et continue à magnifier ses mises en scène. La rupture filmographique approche, lui offrant une volonté de s’éloigner de ses tons premiers, mais en attendant, il continue d’explorer ses troubles.

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Rétrospective David Cronenberg #4 : Nus, plus ou moins culottés

Se passionner pour les médecines, les sciences, fait avancer à David Cronenberg des envies de parler de sujets comme les délires psychotiques, qu’ils soient sexuels (on verra rapidement qu’il entretient un rapport très étrange à Freud), ou simplement l’expression de névroses inassouvies. Avant de se « calmer » quant aux invectives visuelles, et ses déformations dominantes, il commence à s’intéresser à d’autres façon d’aborder la psychologie, de manière directe, ou par les voyages de l’esprit.

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Rétrospective David Cronenberg #3 : Images et génétique

Après les sciences qu’il aime mettre en avant, notamment leurs dérives, David Cronenberg reprend les discours politiques de Scanners pour les mêler à son imagerie. Il en propose de nouveaux horizons, où quand les nouvelles technologies, synonymes elles aussi de progrès, sont vectrices des mêmes sévices.

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Rétrospective David Cronenberg #2 : Explosions en tous genre

Ayant constitué son univers graphique et ses thématiques obsessionnelles assez rapidement, David Cronenberg s’impose rapidement comme un cinéaste de genre très présent dans les consciences collectives. Shivers et Rabid, brouillons évidents de ce qui va suivre, lui forgent une identité précise, qui fascine les aficionados autant qu’elle rebute la morale commune. Clairement, le Canadien n’a pas l’intention de s’arrêter là, et entend bien décliner sa patte débordante sur des sujets plus dérangeants encore.

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Rétrospective David Cronenberg #1 : Premiers frissons

C’est officiel : après avoir annoncé qu’il arrêtait le cinéma pour de nombreuses raisons, notamment la difficulté de financement de ses projets, David Cronenberg revient vers le grand écran. Crimes of the future s’apprête à être présenté à Cannes à l’heure où nous terminons la rédaction de cette rétrospective et, déjà, un prochain projet est en pourparlers. Il aurait été difficile d’imaginer nos horizons cinématographiques sans un tel cinéaste, dont l’influence a touché plusieurs générations de créateur·ices. Les plus connaisseur·ses, qui le suivent depuis longtemps, y retrouvent un cinéaste dérangé, aux volontés gores sans égales, qui aime à se concentrer sur la déconstruction des corps. Les autres, qui l’ont découvert plus récemment, ont vu des œuvres plus « académiques » – les guillemets semblent très importants –, présentant un nouvel aspect de la carrière du réalisateur sans en altérer la qualité. Beaucoup de métrages à aborder, se détachant tous par leur excentricité propre, pour tenter de comprendre un auteur bien particulier.

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