P’tit Quinquin : Pas le temps de philosopher

En 2014, Bruno Dumont réalise déjà depuis plus de 10 ans des films empreints de philosophie dans une démarche radicale autant dans son fond que sa forme. Personne ne s’attendait donc à une mini-série de sa part sur Arte et encore moins une comédie, loin des drames sérieux et psychologiquement violents auxquels il nous a habitués. Pourtant, les connaisseurs du monsieur ne seront pas si perdus puisque ce n’est ni sa méthode de travail ni sa mise en scène qui est modifiée mais seulement le genre dans lequel il travaille. Comme un peintre, il ajoute une nouvelle couleur à sa palette en l’adaptant à son cadre, celui du milieu rural de la Côte d’Opale, et à ses sujets, l’inhérente violence de l’Homme autant que sa douceur et sa sensibilité. 

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Marche ou crève : Le bon choix

Le calendrier de l’avent On se fait un ciné x UniversCiné touche à sa fin. Durant 23 jours, chaque rédacteur vous aura fait découvrir un ou plusieurs films disponibles sur cette jolie plateforme qui prône un cinéma d’auteur, un peu plus loin que ce que peut proposer les autres. Et quoi de mieux pour le conclure qu’une belle leçon de vie tendre et solaire ? Pour couronner le tout, c’est un film français, une preuve de plus que notre pays regorge de très beaux talents.

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Saludos, hombre : Una fragancia de revolución

Avec ses deux premiers westerns, Sollima monte une tension crescendo jusqu’à un Dernier Face à face des plus ravageurs et techniquement impressionnant. Son cinéma à la fois coulant dans la veine italienne de l’époque, politique jusqu’au bout des doigts a tout pour marquer dès le premier visionnage. Œuvres plus complexes que la simple idée du western italien classique, ses films sont la marque d’une part d’auteur·ices engagé·es, qui rehaussent un genre en perdition, pour bâtir une vision propre des affrontements de l’Ouest qui font écho à une situation de l’Europe des années 60. Saludos, hombre, troisième film de ce tryptique de Sollima, vient conclure l’arc du cinéaste dans le genre avec moins de virtuosité mais toujours autant de dynamisme. 

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Cure : Qui es-tu ?

Loin des sentiers battus du film policier américain, les contrées japonaises ont toujours révélé une part différente aux films de genre dans des contes moraux. Kurosawa Kiyoshi en est un des grands représentants, que cela soit dans le mélodrame, le film d’horreur ou le thriller, il excelle dans sa représentation des questions philosophiques de notre quête humaine. C’est en 1997 qu’il est révélé au monde entier par ce qu’on pourrait nommer un polar métaphysique, Cure.

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Herbes Flottantes : fraicheur de la mer, chaleur humaine

En fin de carrière, Ozu Yasujirō se lance dans le cinéma en couleur. Entre 1958 avec Fleurs d’Equinoxe et 1962 avec Le Goût du saké, il sort six films, qui servent de testament d’une œuvre débutée en 1927. Pourtant, les histoires que nous racontent Ozu et Kogo Noda, son fidèle scénariste, relèvent souvent des mêmes thèmes, des mêmes ressorts et de la même esthétique. Seulement, Herbes Flottantes, sorti en 1959, la même année que son Bonjour, est à bien des égards assez original dans une immense et riche filmographie.

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Old : éc(r)oulement du sable

Dans une période où les divisions critiques se ressentent de plus en plus par le partage d’avis sur Internet, les longs-métrages de M. Night Shyamalan constituent peut-être le sommet de la pyramide du clivage cinématographique grand public ou n’en sont du moins pas loin. Après une longue période vue comme de disette où le réalisateur a connu de nombreux revers dans le domaine, son retour aux sources avec The Visit puis le succès plus fort de Split et Glass ont redoré les lettres de noblesse d’un réalisateur trop souvent décrié. La sortie de Old aurait pu permettre d’appuyer son statut de metteur en scène sur le retour du traitement fantastique mais la scission d’avis par rapport à ce dernier ne fait que renforcer l’écart entre fans et détracteur·ices

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Adama : Voyage express et turbulences narratives

Le bruit du plongeon, l’agitation de l’eau. Puis le calme, l’absence de l’autre, une forme de solitude apaisante. Les motifs majeurs du film Adama (2015) de Simon Rouby se retrouvent dès les premières secondes de cette scène d’exposition. Au sein de ce film contant l’histoire d’Adama, enfant à la recherche de son frère aîné disparu du village, l’importance des signes prend le dessus sur l’importance du sens. En effet, il ne faut pas chercher ici le sensé, le ressenti primant très souvent sur le rationnel. Cette première scène du film, s’ouvrant sur un écran noir accompagné de ce bruit puissant qu’est celui du choc du corps au contact de l’eau, permet au spectateur d’être immédiatement confronté au thème de la violence. Les corps ne sont ici que peu épargnés. Le fait que ce choc soit suivi de la solitude d’Adama, isolé dans ses pensées au fond de l’eau, ne peut qu’être vu comme le prémisse de la solitude qu’il ressent tout au long du long-métrage. 

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L’illusionniste : comme un souvenir qui s’efface…

Le temps passe, sans repos, sans arrêt, sans compromis. Tandis que les secondes qui s’égrènent deviennent minutes, heures, jours, semaines, mois, années, les destins avancent, bougent et cherchent désespérément à trouver leur place dans un monde en constante évolution. C’est le cas de notre héros, L’illusionniste qui donne son nom au film de Sylvain Chomet. Cette caractérisation ne se faisant que par cette figure appuie une inamovibilité caractéristique qui souligne tout l’enjeu du long-métrage : trouver son rôle dans un univers qui change et semble vouloir peu à peu effacer tout ce qui faisait briller les âges d’avant.

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The Lobster : Dérives malsaines de l’amour

Premier film en langue anglaise du réalisateur grec Yórgos Lánthimos, The Lobster marque une nouvelle étape dans la (jeune) carrière du cinéaste en offrant une expérience intense, immersive, généreuse saupoudrée par le cynisme de son auteur.

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L’avventura : Vague à l’âme

À l’aube de la décennie de toutes les révolutions – les années soixante –, une poignée de cinéastes, européens principalement, a propulsé le septième art dans une autre dimension pour amorcer ce qui fut appelé le « nouveau cinéma ». Parmi eux, Michelangelo Antonioni s’est particulièrement démarqué grâce, entre autres, à son passage à Cannes en 1960 avec L’avventura. Hué pendant la projection, mais récompensé du prix du jury à l’issue du Festival, ce film agit tel un pivot tant dans la filmographie de son auteur que dans l’histoire du cinéma. Comme si, en embrassant une certaine radicalité stylistique, Antonioni embarquait avec lui cet art vers d’autres horizons.

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Ma Loute : quand le ridicule ne tue pas… Ah si !

Petit voyage dans les années 1910 dans la baie de la Slack (Pas-de-Calais), sur fond d’enquête policière, avec des personnages plus extravagants les uns que les autres ? C’est (un peu) ce que propose Ma Loute de Bruno Dumont…

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Ménage : de l’art d’entretenir

Il peut parfois paraître difficile de mettre le doigt sur les motivations d’un auteur, sur ce qui le pousse au cinéma, à la mise en images d’une histoire, de ses personnages et de leurs dialogues. Pourtant, il suffit très souvent de retourner aux premiers films d’un réalisateur pour comprendre les fondations d’une œuvre, aussi variée soit-elle. Parce que la filmographie d’un cinéaste comme Pierre Salvadori nous semble digne d’intérêt, on cherche à cerner dès notre premier visionnage, ce qui peut être – ou non, le fil rouge de tous ses prochains courts ou longs métrages. Et pour cela, quoi de mieux que de se pencher sur son premier essai en tant que metteur en scène : Ménage.

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Blood and Bones : Kitano est un salaud

Blood and Bones, c’est l’adaptation d’un roman coréen semi-autobiographique de Yang Sok-il et réalisée par Yoichi Sai… avec Kitano Takeshi dans le rôle principal. Un film difficile mais puissant.

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My Entire High School Sinking Into the Sea : Eloge de la couleur

Véritable forme hybride de cinéma, le long-métrage animé de Dash Shaw intitulé My Entire High School Sinking Into the Sea (2017) est une œuvre inclassable. Transcendant les styles et les genres, ce film d’animation hors-normes doit sa puissance visuelle au passé de son réalisateur. Auteur incontournable de comics, Dash Shaw a souhaité s‘inspirer de son travail effectué sur les bandes dessinées afin de réaliser de l’animation vidéo. Se refusant strictement l’utilisation de l’animation par ordinateur, le réalisateur découvre la création possible de gifs animés à partir d’After Effect. En scannant succinctement 12 de ses dessins, celui-ci parvient à obtenir 1 seconde d’animation. De cette expérimentation naît le désir, tout en continuant d’utiliser la même technique, de réaliser ce long-métrage.

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Emma. : la quête de l’être aimé

Avec plus de neuf romans à son actif, Jane Austen est une des écrivaines ayant le plus influencé la littérature du XIXe siècle et, si l’on retient Orgueil et Préjugés comme étant son œuvre majeure, ses autres romans ne sont pas à négliger pour autant, en particulier Emma. Dernier roman publié du vivant d’Austen, il englobe les thèmes fétiches de cette dernière : la place de la femme dans la société anglaise du XIXe siècle, le mariage et le dilemme entre raison et sentiment. Le roman fut porté une douzaine de fois au grand écran, de manière fidèle (l’adaptation éponyme de 1996 avec Kate Beckinsale) ou plus éloignée (l’emblématique Clueless d’ Amy Heckerling en 1995), la dernière adaptation en date étant le film d’Autumn de Wilde avec Anya Taylor-Joy dans le rôle principal.

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