Conte d’été : mélodie salée

« Ça cause trop ! » diront les renfrognés, « y s’passe rien ! » enchériront les bornés… Alors bien sûr, si vous voulez du sang, de la bagarre et des cascades enflammées, changez de programme ! Mais diantre, posez-vous tout de même la bonne question : pourquoi faut-il impérativement regarder du Rohmer ? Réponse objective : parce que Rohmer écrit sur nos problèmes existentiels, les vrais, ceux qui charrient notre petit cœur d’artichaut. Sachez donc apprécier l’intime pensée de ces intelligentes causeries et prenez des notes s’il le faut !

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Three Billboards : La force des mots

Après la très forte impression de Bons Baisers de Bruges et le naufrage Sept Psychopathes, n’arrivant pas à trouver un équilibre entre éclairs de génie et beauferie lourdingue, on attendait Martin McDonagh au tournant. À tout moment, et par sa volonté de traiter son sujet par le drame et le comique, Three Billboards pouvait tomber dans l’écueil de son prédécesseur. Heureusement pour nous, ce n’est pas le cas.

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The Grand Budapest Hotel : l’Overlook en folie

Au milieu de l’usine hollywoodienne, de ces réalisateurs qui se copient les uns les autres, il est bon de voir un auteur se détacher par une patte qui plait autant qu’elle divise mais qui offre à ses métrages un caractère unique, que l’on identifie immédiatement. Wes Anderson est ce genre virtuose au travail dont l’attente génère toujours nombre d’émois, il n’y a qu’à voir les réactions face au casting de French Dispatch, son prochain effort. C’est d’ailleurs ce qui fait l’apanage de ses métrages depuis un bon moment : le casting grandiloquent.

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Les Sorcières De Zugarramurdi : Les basques d’Eastwick

Folie, exubérance même, des qualificatifs en réalité bien faibles quand on s’attaque à Alex de la Iglesia. Après l’excellent Balada Triste qui nous malmène dans une chasse à l’homme complètement folle et savoureuse, jouant avec l’univers du cirque – c’est bien simple, on avait pas pris un tel pied depuis Santa Sangre de Jodorowsky, malgré le changement drastique de registre -, le réalisateur du remarquable Crime Farpait décide de s’attaquer au fantastique, et de dépeindre des sorcières bien dangereuses….mais non sans humour !

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Les Quatre Cent Coups : témoignage d’une enfance en France

Dans son film Les mistons, en 1958, malgré sa maladresse de mise en scène et d’agencement, François Truffaut marque déjà son attachement pour la représentation des enfants au cinéma. Il les montre turbulents, farceurs, insolents et insouciants mais surtout incapables de comprendre l’Amour symbolisé par le couple Bernadette Lafont – Gérard Blain. Ce court-métrage révèle l’étendue des thèmes chers à l’auteur et sert, à plus d’un titre, à peaufiner son premier long-métrage, Les Quatre Cent Coups. Ce dernier, s’il est grandement remarqué sur la Croisette – récompensé par le prix de la mise en scène – vient surtout marquer un changement dans le paradigme de la production cinématographique, en lançant plus officiellement le mouvement de la Nouvelle Vague.

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Kiki La Petite Sorcière : Rêve ta vie en couleurs

Toujours dans notre rétrospective Ghibli (qui à ce rythme ne sera pas terminée à la fin de l’année, on espère vivement que Netflix en garde les droits un bon moment sinon vous on vous en suscitera l’envie quand ils ne seront plus disponibles), et toujours dans le cadre des œuvres de ce cher Hayao Miyazaki, nouvelle capsule de douceur avec Kiki La Petite Sorcière. À l’instar de Mon Voisin Totoro, le film est axé vers les tous petits, mais les plus grands peuvent également tomber sous ce charme sans failles.

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L’atalante : de l’importance de (re)découvrir Jean Vigo

Qu’il est difficile de revenir sur un film déjà tant analysé, notamment par François Truffaut, en évitant la paraphrase. Pourtant, alors que ce dernier, Jacques Demy et Agnès Varda envahissent nos plateformes de streaming – Netflix pour les premiers, Prime Video pour la seconde – et que la Nouvelle Vague s’avère plus accessible que jamais, il est intéressant de se replonger dans les prémices de cette belle période. Les années 30 sont alors à prendre en sérieuse considération, ère d’un certain cinéma d’avant-garde, avec un réalisateur à la carrière éphémère mais non négligeable, Jean Vigo, dont L’atalante a marqué plus d’un esprit.

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Memoir Of A Murderer : La mémoire à fleur de peau

Lors de nos déambulations sur la plateforme e-cinema, nous ayant alors permis de découvrir l’exceptionnel A Taxi Driver, notre regard s’est porté sur un autre représentant de la péninsule asiatique, La Mémoire Assassine. Film qui a bien plus fait parler de lui par chez nous, ayant gagné le prix du jury au festival de Beaune. Deux heures et une expérience sensitive plus tard, le constat reste inchangé : le cinéma coréen a définitivement de beaux jours devant lui et il serait grand temps qu’il soit distribué de manière bien plus généreuse sur nos terres.

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