L’avocat Du Diable : Tentations judiciaires

Pour Sidney Lumet, les dénonciations sont l’objet d’obsessions. En parallèle de ses fresques sur la corruption policière – qu’il illustre avec Serpico, Le Prince De New York ou encore Contre-Enquête -, il voue aussi une envie de s’attaquer au système judiciaire américain, où l’individualisme et le carriérisme entravent souvent les volontés de justice. Dès Douze Hommes En Colère, et bien après dans Le Verdict, on y voit un regard sévère quant à un système reposant sur des variantes parfois aléatoires, pouvant biaiser les jugements et, en conséquence, les sentences. Avec L’avocat Du Diable, il pousse cette culture de l’ego dans des enjeux manipulateurs, où les faux-semblants se mêlent à l’aveuglement volontaire.

Continuer de lire « L’avocat Du Diable : Tentations judiciaires »

La jeune fille à l’écho : chronique d’une amitié enfantine éphémère

L’été, c’est souvent la période des premiers émois amoureux, des amitiés temporaires et des sentiments exacerbés. Ceci concerne aussi les enfants, ici au centre du film d’Arūnas Žebriūnas (auteur aussi de La belle), dans une histoire digne d’une fable où pureté, onirisme et déception se mêlent au bord de mer, lors du dernier jour des vacances. Jamais sorti en France, La jeune fille à l’écho fait donc escale sur La Rochelle pour une avant-première, avant sa sortie dans quelques mois.

Continuer de lire « La jeune fille à l’écho : chronique d’une amitié enfantine éphémère »

Retour sur Benoît Delépine et Gustave Kervern : le grand cinéma des petites gens

À l’occasion de la sortie de l’excellent Effacer L’historique, que nous avons déjà relaté dans nos pages, l’envie nous est venue de vous parler de Benoît Delépine et Gustave Kervern, ces deux auteurs hors-normes qui font rayonner le cinéma français depuis deux décennies déjà. Si l’on vous conseille tous leurs films – Louise-Michel, Avida, Near Death Experience et I Feel Good n’ont rien à envier à la sélection du jour -, petite sélection de quatre métrages qui nous ont profondément marqué.

Continuer de lire « Retour sur Benoît Delépine et Gustave Kervern : le grand cinéma des petites gens »

Akira : une claque animée toujours d’actualité

S’il faut chercher des jalons dans l’histoire du cinéma, Akira de Katsuhiro Ōtomo en est un. Adaptant son propre manga, le cinéaste japonais offre en 1988 un film qui a bouleversé l’industrie des « animes » tant localement qu’à l’international. À l’occasion de sa ressortie sur nos écrans, il est primordial de rappeler l’importance d’une telle œuvre, évidence absolue que l’animation n’est pas un genre mais bel et bien du Cinéma.

Continuer de lire « Akira : une claque animée toujours d’actualité »

Milou en mai : éloge fun-èbre

Alors qu’il sort d’un grand succès avec Au revoir les enfants, ayant marqué son retour en France, Louis Malle enchaîne avec une comédie dans laquelle il revient sur un autre événement récent marquant de l’histoire de France. Il s’épaule donc de Jean-Claude Carrière au scénario, avec qui il avait déjà collaboré vingt-cinq ans plus tôt sur Viva Maria ! pour offrir une pure comédie sur les tourments de la bourgeoisie de province durant les révoltes de mai 68. Venant conclure la carte blanche du Festival de La Rochelle, en guise d’hommage à Michel Piccoli, il réunit les spectateurs encore trente ans après pour le meilleur, mais surtout pour le rire.

Continuer de lire « Milou en mai : éloge fun-èbre »

Stromboli : derrière l’éruption, la réalité d’un pays

Pierre angulaire du néo-réalisme, Roberto Rossellini n’a de cesse à la sortie de la guerre d’évoquer les maux de son pays. Alors qu’il sort de sa trilogie de la guerre – Rome ville ouverte, Païsa, Allemagne année zéro – , il reçoit une lettre d’une comédienne lui disant beaucoup aimer ses films et vouloir travailler avec lui. Cette actrice, il s’agit d’Ingrid Bergman, grande star hollywoodienne ayant déjà collaboré avec Michael Curtiz (Casablanca) ou encore Alfred Hitchcock (Les enchaînés). Cette rencontre cinématographique a donc lieu sur Stromboli, monument du néo-réalisme, qui ouvre la Carte Blanche du Festival La Rochelle Cinéma de 2020, dans lequel le cinéaste continue d’explorer l’après-guerre avec cette fois-ci une dimension méta en prime.

Continuer de lire « Stromboli : derrière l’éruption, la réalité d’un pays »

Le Tombeau Des Lucioles : Abandon crépusculaire

Notre rétrospective Ghibli a commencé à s’éloigner des sentiers arborés par Hayao Miyazaki, pour s’intéresser aux autres auteurs de la firme, et surtout son alter-ego tout aussi représentatif des travaux du studio, Isao Takahata. Alors que nous sommes déjà revenus sur Souvenirs Goutte À Goutte, nous nous penchons aujourd’hui sur le premier film que le japonais y a réalisé, Le Tombeau Des Lucioles. Quiconque s’apprêtant à le découvrir se verra souvent entendre la même remarque par les amateurs : « Si tu ne pleures pas devant, c’est que tu n’as pas de cœur ». On aurait voulu leur donner tort, mais une heure trente d’émoi plus tard, le constat est unanime : les larmes sont bien là.

Continuer de lire « Le Tombeau Des Lucioles : Abandon crépusculaire »

Conte d’été : mélodie salée

« Ça cause trop ! » diront les renfrognés, « y s’passe rien ! » enchériront les bornés… Alors bien sûr, si vous voulez du sang, de la bagarre et des cascades enflammées, changez de programme ! Mais diantre, posez-vous tout de même la bonne question : pourquoi faut-il impérativement regarder du Rohmer ? Réponse objective : parce que Rohmer écrit sur nos problèmes existentiels, les vrais, ceux qui charrient notre petit cœur d’artichaut. Sachez donc apprécier l’intime pensée de ces intelligentes causeries et prenez des notes s’il le faut !

Continuer de lire « Conte d’été : mélodie salée »