Une Journée De Fous : Dream Team dans la ville

Sorti en 1989 et réalisé par Howard Zieff, Une Journée De Fous est l’archétype du feel-good movie américain des années 80, malheureusement bien oublié depuis. Ressorti par Rimini Éditions ce 21 janvier, on vous conseille vivement ce petit moment de bonne humeur, servi par des acteurs qui s’éclatent. En ce moment de tristesse et confinement, rien de tel qu’une aventure urbaine légère et sans prétention.

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Les lèvres rouges : morsure culte dans nos veines

La femme vampire a été pendant les années 60/70 une figure très présente dans les salles de cinéma. Que ce soit chez Jean Rollin ou dans les films de la Hammer elle a souvent été utilisée à des fins érotiques, devenant ainsi source de succès commerciaux. Pourtant, quand Harry Kümel, en 1971, se voit confier la tâche de réaliser un film du genre, il décide de délaisser l’aspect purement lubrique pour axer son œuvre sur le ressenti d’une certaine sensualité à travers une imagerie forte, plus expressionniste qu’à l’accoutumée. Le résultat de cette tentative est le culte Les lèvres rouges, un conte de fée gothique et psychologique, sombre et envoûtant.

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Zabriskie Point : la révolte par l'Amour

La révolte, sentiment ô combien difficile à faire vivre à travers un écran de cinéma, a été mise en avant à de multiples reprises pendant le Nouvel Hollywood. On pense évidemment à Dennis Hopper et son Easy Rider, jalon indiscutable de cette période et première capture véritable de cette ère du temps. S’en sont suivies des déclinaisons variées comme le très bon Macadam à deux voies de Monte Hellman et La balade sauvage de Terrence Malick. Pourtant, bien qu’il soit indéniable que ces films empruntent au vent de fraîcheur apporté par Hopper, il ne faut pas négliger l’impact de Michelangelo Antonioni qui, en 1970, a réussi à mêler les thématiques fortes de la société à son style unique dans Zabriskie Point.

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Nuits Blanches : amour pur et tristesse profonde

Adaptant la nouvelle éponyme de Dostoïevski, Luchino Visconti livre avec Nuits Blanches un film romantique dans lequel deux visions de l’amour s’opposent, l’une portée par le charme de Marcello Mastroianni, l’autre par la beauté candide de Maria Schell. Le cinéaste italien continue alors de se détacher du néo-réalisme, mouvement dont il est à l’origine, avec cette œuvre déchirante, finalement peu reconnue, qui rappelle tout son pouvoir de conteur.

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L’éclipse : de la difficulté d’être heureux…

L’expression des turpitudes d’une âme égarée au cœur du monde moderne, tel semble être le défi que s’est lancé Michelangelo Antonioni pour faire suite à La Notte, dans lequel il mettait en scène Jeanne Moreau et Marcello Mastrioanni. Ici, à nouveau un couple italo-français à l’écran. Monica Vitti passe d’amante passagère à personnage principal et Alain Delon vient lui faire la cour inlassablement, en jouant de son charme quasi-irrésistible. Pourtant, ce n’est plus vraiment ça qui intéresse le cinéaste. Cette fois-ci, il compte se tourner davantage vers une observation de la solitude à travers Vittoria, femme forte et complexe, victime de l’incommunicabilité qui englobe la société dans laquelle elle évolue. Incapable de donner ses raisons à l’homme dont elle se sépare, ni de raconter cet événement à sa mère, elle erre dans une Rome déserte, cherchant au coin de chaque architecture, une libération, un moment de folie.

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Conflit : Portrait de(ux) femmes face à la pression sociale

Monteur pour Max Ophüls ou Marcel L’Herbier, Léonide Moguy est avant tout un cinéaste à la filmographie assez courte mais intéressante. Se mettant en marge de ses contemporains très ancrés dans le réalisme poétique, comme Jean Renoir ou Marcel Carné, il opte davantage pour des thèmes assez tabous pour l’époque, une mise en avant prononcée des femmes, sous la forme de mélodrames enjoués. Son quatrième film Conflit en est un très bon exemple.

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Le tango de Satan : De la fin de toute chose…

Prendre le temps de voir les choses. Voilà ce qui résume bien Le tango de Satan, et l’œuvre de Béla Tarr en général, mais cela évoque également le spectateur qui décide de se plonger dans une aventure assez folle, d’une durée de 7h30, de laquelle il ne peut sortir indemne. Cette plongée dans la campagne hongroise du début des années 90, d’une richesse immesurable, reste un des accomplissements cinématographiques des plus notables et, à l’occasion de sa première véritable sortie en France, il est nécessaire de revenir sur ce film unique.

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Autant en emporte le vent : retour sur un géant du cinéma hollywoodien

Autant en emporte le vent, voilà un nom qui suinte le cinéma. Auréolé avec huit oscars à sa sortie et considéré par beaucoup comme la plus grande histoire d’amour jamais projetée dans une salle obscure, il s’agit d’un film à l’aura unique qui symbolise parfaitement une certaine ère hollywoodienne. Épique, dantesque, démesuré et touchant mais aussi révisionniste et raciste, les adjectifs manquent pour évoquer ce monument du septième art, la production David O. Selznick par excellence qui, après 81 ans d’existence, demeure encore aujourd’hui une œuvre incontournable de la culture populaire.

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L’homme du sud : cultiver sa liberté

Alors que la seconde guerre mondiale touche à sa fin, Jean Renoir, illustre cinéaste français retranché outre Atlantique depuis quelques années alors, réalise son troisième film américain, L’homme du sud (The Southerner en version originale). Un film pas forcément très connu dans nos contrées mais loin d’être à oublier dans la carrière du réalisateur.

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