[CRITIQUE] Silence : Martin Scorsese de retour avec un chef d’œuvre 

Il aura fallu attendre 20 ans pour que Martin Scorsese puisse enfin mettre en image ce projet qui lui tenait tant à coeur. Injustement oublié aux Oscars (une seule nomination dans la catégorie Meilleure photographie), Silence signe le retour en fanfare d’un des plus grands réalisateurs que le cinéma ai connu et une éblouissante prestation d’Andrew Garfield.

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A Lisbonne au 17e siècle, deux jésuites Rodrigues et Garupe se rendent au Japon pour retrouver leur mentor qui, selon les dernières nouvelles, aurait été contraint d’apostasier (renier Dieu). Déterminés, les deux jeunes hommes partent à sa recherche dans un pays qui éradique sans pitié toute trace de catholicisme. Un périple qui mettra leur vie et surtout leur foi à rude épreuve.

Silence n’est pas un film sur la religion

C’est bien plus que ça. Scorcese évite de poser un constat donc nul besoin d’être catholique ou autre pour apprécier ce film car il pousse la réflexion bien plus loin que la simple religion. Quelles sont les répercussions lorsqu’on tente d’imposer une religion dans un pays ? Pourquoi et surtout pour qui prions-nous réellement ? Vaut-il mieux refuser de renier sa foi et sauver son âme que sauver celle de centaines d’autres personnes ?

La première partie du film est axée sur le Japon et ses quelques habitants reclus et terrorisés par l’Inquisiteur et qui accueillent les deux prêtres comme le Messie. Cette première partie fait un état des lieux de ce pays où toute trace de christianisme est bannie. Elle soulève également une question cruciale, peut-on vraiment imposer une religion à un pays comme l’a fait le Portugal avec le Japon ?

La seconde partie est beaucoup plus psychologique et tourne principalement autour de Père Rodrigues qui s’est fait capturé par l’Inquisiteur et qui assiste impuissant aux massacres des chrétiens. Un massacre que lui seul peut arrêter seulement s’il accepte de renier son Dieu.

Andrew Garfield brille (une nouvelle fois)

Après une brillante prestation dans Tu ne tueras point, Andrew Garfield confirme une nouvelle fois son talent. Alors que dans le film de Mel Gibson il refusait d’abandonner sa foi envers et contre tous, ici il se retrouve à un dilemme de taille car tant qu’il n’aura pas renoncé à sa foi, des chrétiens continueront à être torturé jusqu’à la mort. S’installe donc petit à petit le doute et la peur chez Rodrigues alors qu’au début de ce périple il se croyait capable de leur inculquer le christianisme, il va devoir se résoudre au fait qu’il est impossible de planter les prémices d’une religion. Le doute s’empare de lui d’où le titre, que faire quand notre dieu est silencieux à nos prières ?

Andrew Garfield est totalement imprégné par son rôle et ses regards sont d’une telle intensité à chaque fois qu’il occupe tout l’espace. Adam Driver et Liam Neeson ne sont pas non plus en reste et donnent à eux trois une dimension spirituelle et émotionnelle assez intense alors qu’au contraire le film se veut très épuré dans sa forme, ses dialogues et sa photographie.

Avec Silence, Martin Scorsese signe un retour magistral dans une oeuvre qui n’est jamais moralisatrice mais qui nous ouvre à d’autres perspectives et des interrogations  qui résonnent en chacun d’entre nous d’autant plus avec le climat actuel. Servi intelligemment par un trio d’acteurs investis corps et âme (c’est le cas de le dire), Silence est certainement l’oeuvre la plus intime et peut-être la plus importante de Scorsese.

Ma note : ★★★★

[FOCUS] Golden Globes 2017 : Le sacre de La La Land et d’Isabelle Huppert !

Cette nuit avait lieu la 74e cérémonie des Golden Globes. Animée d’une main de maître par l’animateur Jimmy Fallon, la cérémonie a couronné sans grande surprise La La Land et cocorico, la France est repartie victorieuse grâce à notre Isabelle Huppert et son Golden Globes de la meilleure actrice.

Découvrez le palmarès sans plus attendre  :

Meilleur film dramatique : Moonlight
Meilleur film comédie/musical : La La Land
Meilleur réalisateur : Damien Chazelle, La La Land
Meilleur film d’animation : Zootopie
Meilleur film en langue étrangère : Elle, France
Meilleure actrice dramatique : Isabelle Huppert, Elle
Meilleur acteur dramatique : Casey Affleck, Manchester By The Sea
Meilleure actrice comédie/musical : Emma Stone, La La Land
Meilleur acteur comédie/musical : Ryan Gosling, La La Land
Meilleur acteur dans un second rôle : Aaron Taylor-Johnson, Nocturnal Animals
Meilleure actrice dans un second rôle : Viola Davis, Fences
Meilleur scénario : La La Land
Meilleure musique : Justin Hurwitz, La La Land
Meilleure chanson originale : City of Stars, La La Land

La La Land est clairement le film de l’année qui amasse tout sur son passage parce qu’avec 7 nominations et donc 7 trophées, Damien Chazelle détrône les six victoires de Vol d’un nid de coucou et ceci à seulement 31 ans. Chapeau l’artiste ! Autre succès et cette fois il est pour nous puisque notre chère Isabelle Huppert repart avec le trophée pour sa performance magistrale dans Elle. D’ailleurs le film a aussi récolté le prix du meilleur film étranger et toc !

Ce qu’il ne fallait pas louper !

Trois choses qu’il ne fallait pas louper ce soir. Tout d’abord cette séquence d’ouverture avec Jimmy Fallon ainsi que Nicole Kidman, Amy Adams ou encore le cast de Stranger Things sur fond de La La Land rendant hommage aux films et aux séries de l’année 2016, brillant !

Même si Andrew Garfield n’a pas eu le Golden Globes qu’il aurait dû avoir, au moins il a pu se consoler, non pas dans les bras d’Emma Stone comme beaucoup auraient espéré mais dans ceux de… Ryan Reynolds oui oui ! Les deux acteurs ont échangé un baiser fougueux au moment de la remise du trophée à Ryan Gosling pour La La Land.

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Et enfin le prix d’honneur remis à la grande Meryl Streep qui nous a offert le plus beau discours de la soirée ainsi qu’un joli fuck à Donald Trump et ça, on ne peut qu’applaudir !

[FOCUS] Pourquoi Andrew Garfield est en passe de devenir un acteur indispensable ?

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Avec sa bouille d’ange adolescent on lui donnerait une vingtaine d’année et pourtant à 33 ans, Andrew Garfield est en passe de devenir une valeur sûre du cinéma -et ce n’est pas trop tôt. Actuellement à l’affiche de Tu ne tueras point de Mel Gibson et bientôt accompagné de Liam Neeson et Adam Driver dans Silence, Andrew Garfield peut enfin dire adieu à son costume de Spider-Man qui lui collait à la peau.

« J’ai dû beaucoup me battre pour ma liberté dans cette histoire. Et j’ai souvent eu des ennuis parce que je disais des choses que je n’aurais pas dû« admettait-il il y a quelques temps au site Mr Porter au sujet de sa période The Amazing Spider-Man entre 2012 et 2014, succédant ainsi à Tobey Maguire. Un costume pas forcément facile à endosser et sans compter les critiques plus que mitigées, la sauce n’a pas pris et le reboot s’est arrêté après le deuxième opus. Un mal pour un bien finalement.

Acteur de théâtre avant tout

C’est en 1983 à Los Angeles qu’Andrew naît d’une mère britannique et d’un père américain avant de grandir au Royaume-Uni. Rapidement, le jeune homme s’inscrit à la City of London Freemen’s School d’Ashtead où il étudie la musique et le théâtre. En 2004 c’est la consécration quand il est diplômé de la Central School of Speech and Drama et dans la foulée, il remporte un MEN Theatre Award pour son rôle dans la pièce Kes. Deux ans plus tard, il obtient le Prix de la révé­la­tion de l’an­née des Evening Stan­dard Theatre Awards.

En 2007, sa carrière d’acteur au cinéma démarre sur les chapeaux de roues quand le très célèbre magazine Variety le nomme numéro un des « 10 acteurs à voir » et le mois d’après il est au casting de Lions et Agneaux puis Boy A pour lequel il remporte le British Academy Television Award du meilleur acteur en 2008.

Il fait une apparition dans L’Imaginarium du docteur Parnassus en 2009 avant qu’on le retrouve dans The Social Network et Never Let Me Go l’année suivante qui lui permettent de remporter quatre récompenses en tout.

Super-héros malheureux

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Puis en 2012, Andrew Garfield touche son rêve du bout des doigts quand on lui propose d’endosser le costume du super-héros qu’il admire depuis son plus jeune âge, Spider-Man. The Amazing Spider-Man produit par Sony sort mais une pluie de critiques vient s’abattre sur le film. Pourtant un deuxième opus est programmé et rebelote en 2014, le film n’est pas mieux accueilli qu’il y a deux ans.

Une expérience qui laisse à l’acteur un goût amer comme il a pu l’expliquer dans un entretien vidéo avec l’actrice Amy Adams : « Ce fut vraiment, vraiment compliqué. J’avais signé pour servir l’histoire et servir cet incroyable personnage en qui je me suis déguisé dès mes trois ans. Au final, on doit faire avec des compromis et ça vous brise le coeur. J’ai eu le coeur brisé à un certain degré« .

En lice pour un Oscar ?

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En tout cas l’année 2017 risque fortement d’être celle d’Andrew Garfield. Dernièrement, c’est dans Tu ne tueras point de Mel Gibson qu’on a pu découvrir une nouvelle facette de l’acteur. Un film acclamé autant par la critique que par les spectateurs si bien que le film a déjà remporté pas moins de neuf récompenses aux Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards soit l’équivalent des Oscars en Australie. Entre le meilleur film, le meilleur réalisateur, le meilleur acteur ou encore le meilleur scénario, Tu ne tueras point commence à s’imposer comme un sérieux concurrent pour les Oscars.

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Et comme si ça ne suffisait pas, un autre film risque de faire pas mal de bruit. Sous la houlette du grand Martin Scorsese, Andrew Garfield est accompagné d’Adam Driver et Liam Neeson pour Silence prévu dans les cinémas américains le 23 décembre prochain et qui pourrait également prendre part à la course aux Oscars alors que le film est déjà annoncé comme un évènement. La bande-annonce dévoilée il y a peu de temps ne laisse d’ailleurs aucun doute sur les répercussions que le film va avoir. Un film qui a nécessité huit mois de tournage pour un budget de 47 millions de dollars et 750 personnes. Des restrictions budgétaires étaient donc à prévoir si bien que le réalisateur a refusé de se verser un salaire et les trois acteurs principaux se sont contenter du salaire minimum. Un film en engagé, prouvant une nouvelle fois que Silence va s’imposer comme le film artistique de l’année. Pour nous, rendez-vous le 8 février dans les salles pour le découvrir !

Une chose est certaine, Andrew Garfield a réussi à s’entourer des meilleurs après la petite baisse de régime Spider-Man et prouve qu’il en a sous le pied et qu’indéniablement, c’est un acteur sur lequel on va pouvoir compter. D’ailleurs le jeune homme ne compte pas s’arrêter en si bon chemin car il est déjà de retour sur les plateaux de tournage pour Under The Silver Lake.

Mise à jour du 12/12 : Ajoutez un Critic Choice Awards du meilleur acteur ainsi qu’une nomination pour les Golden Globes et le tour est joué ! 

[CRITIQUE] Tu ne tueras point : Et si Andrew Garfield tenait le rôle de l’année ? 

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Comme Leonardo DiCaprio dans Titanic, Tom Hanks dans Forrest Gump ou encore Anthony Hopkins dans Le Silence des agneaux, il suffit parfois à un acteur de trouver LE rôle. Celui dont on parlera encore dans vingt ans, celui qui marquera les esprits et il est fort possible qu’Andrew Garfield l’ai trouvé en le personnage de Desmond Doss.

C’est la Seconde Guerre mondiale et comme bon nombre de ses compatriotes, Desmond veut s’engager dans l’armée et servir son pays mais ses croyances religieuses et morales lui interdisent ne serait-ce que toucher une arme tout comme le sixième commandement de la Bible dit « Tu ne tueras point« . C’est donc armé seulement de sa foi que le soldat Doss va mettre les pieds dans l’enfer d’Okinawa et devenir l’un des plus grands héros de cette guerre.

Un héros méconnu

Parce que le cinéma sert aussi à ça, mettre en lumière ces personnes, ces héros qui ont marqué l’histoire sans forcément récolter les lauriers qui étaient largement mérités. Le soldat Desmond Doss est le premier objecteur de conscience a avoir reçu la Médaille d’honneur aka la plus grande distinction que peut recevoir un soldat pour avoir sauvé près de 75 soldats, seul sur le champ de bataille Desmond Doss a fait preuve de plus de bravoure et de courage que n’importe quel homme sur le terrain.

C’est à ce héros, décédé en 2006, qu’est rendu un véritable hommage par Mel Gibson s’il-vous-plaît dans Tu ne tueras point. Un biopic qui pourrait bien faire de l’ombre à des films comme Il faut sauver le soldat Ryan avec quelque chose d’intense et profondément bouleversant autant par le fond que la forme et surtout grâce à son premier rôle tenu par Andrew Garfield.

Un Oscar pour Andrew Garfield ? On y croit !

Jusqu’à ce jour, Andrew Garfield se résumait plus ou moins au mauvais reboot de Spiderman mais balayons donc cette petite erreur de parcours parce que là, la prestation d’Andrew Garfield a de quoi laisser sur le cul. Ce rôle est littéralement fait pour lui, son visage, sa posture et les émotions qu’il arrive à nous transmettre a de quoi nous hérisser le poil jusqu’au plafond. Mel Gibson n’oublie cependant pas ses seconds rôles qui sont tous justes et qui arrivent à nous émouvoir chacun à leur façon notamment quand ils se rendent compte que Desmond Doss n’est pas qu’une simple brindille lâche mais bel et bien un soldat.

Et moi je pose mon billet sur la table, je veux et je sais qu’Andrew Garfield aura un Oscar, tout du moins je l’espère et il serait plus que mérité. Une véritable révélation.

Un film de guerre fort en émotions

Combo gagnant pour Mel Gibson avec l’interprétation magistrale d’Andrew Garfield et un visuel à couper le souffler. La seconde partie du film exclusivement concentrée sur la bataille d’Okinawa a de quoi faire verser quelques larmes et n’a strictement rien à envier à d’autres films de guerre. Des scènes de guerre effroyables, jamais dans la demi-mesure et chargée d’émotion, Mel Gibson nous dessine là un pan de l’histoire qui a de quoi laisser sans voix tant par sa cruauté que par sa violence.

Tu ne tueras point risque de faire parler de lui quelques temps  et quel retour magistral de Mel Gibson derrière la caméra ! Un beau message d’amour, de paix émane de ce film et malgré le contexte rude de l’époque, on ne peut s’empêcher de sourire face à cet homme, Desmond Doss à qui il était vraiment temps de rendre hommage. Allez, en route pour les Oscars moi je dis !

Ma note : ★★★★★