Si Beale Street pouvait parler : un film qui multiplie les genres

Après la claque « Moonlight », récompensée aux Oscars 2017, Barry Jenkins est de retour avec « Si Beale Street pouvait parler », un drame adapté du best-seller éponyme. Avec un duo de jeunes acteurs relativement peu connus que sont Kiki Layne et Stephan James le long métrage est un drame romantique poignant mais qui aurait gagné à être raccourci.

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[CRITIQUE] Moonlight : Barry Jenkins frappe fort

Avec pas moins de 105 prix, Moonlight est le plus sérieux concurrent au superbe La La Land pour la course à l’Oscar du meilleur film. Moonlight c’est l’histoire de Chiron à travers les âges de sa jeunesse tumultueuse à sa vie d’adulte dans un monde où il ne trouve pas forcément sa place. Avec déjà un Golden Globes du meilleur film en sa possession, Moonlight a de fortes chances de rafler aussi l’Oscar avec cette fresque de vie intimiste et magnifiquement interprété. 

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Des interprétations magistrales

La force et la beauté du film réside dans ce casting qui dégage une telle intensité. Notamment les trois acteurs incarnant chacun une tranche de vie de Chiron. Chacun à leur manière, ils apportent une sensibilité à ce personnage que ce soit Chiron surnommé « Little » dans sa jeunesse avec ce visage et ces silences qui en disent long sur son mal-être ou le Chiron adolescent tourmenté par son orientation sexuelle et finalement le Chiron adulte qui s’est peut-être un peu perdu en chemin. Une mention spéciale à Mahershala Ali qui brille dans le film par son interprétation de ce père de substitution mais qui s’avère être aussi dealer de drogue et qui essaie de garder Chiron dans le droit chemin.

Les rôles féminins ne sont pas en reste que ce soit Teresa, cette mère de substitution chez qui le Chiron adolescent se réfugie régulièrement pour échapper à sa mère constamment droguée et qui, quand elle ne l’est pas, se contente de voler l’argent de son fils. Une très grande interprétation de la part de Naomie Harris. Barry Jenkins arrive dans le film à mettre tous ses personnages sur le même piédestal.

Une esthétique à couper le souffle

Mais Moonlight c’est avant tout un film sur la famille, l’amour et comment trouver l’amour, les repères qu’il nous manque pour avancer. Parce que tout le film tourne autour de Chiron qui, dès le plus jeune âge, n’a pas eu l’attention et l’amour qu’il aurait du avoir. Pour seule figure paternelle un dealer de drogue, Chiron a du composer avec une homosexualité qu’il a eu du mal à accepter, des problèmes à l’école et une mère qui n’a pas su l’aimer comme il fallait.

Ajoutez à cela une esthétique sans pareille; délicate, aux couleurs subtiles et sublimes et de magnifiques plans comme celle où Chiron se trouve dans l’eau avec Juan ainsi que les gros plans sur ces visages à la fois inexpressifs et brisés. Et comme pour parfaire le tout, une BO incroyable qui réveille en nous quelque chose qu’on ne saurait décrire.

Une seule chose est sûre, Barry Jenkins frappe très fort à quelques semaines des Oscars avec une oeuvre bouleversante loin du pathos et du blockbuster habituel. Intimiste, discret mais terriblement efficace.

Ma note : ★★★★★