[CRITIQUE] American Honey : Un road-trip enivrant mais un poil répétitif

Récompensée par le Prix du jury lors du dernier Festival de Cannes, Andrea Arnold frappe fort avec son nouveau film American Honey aux allures de road-trip à travers le midwest américain tout en suivant cette jeunesse décalée, décomplexée et avare de liberté. L’occasion de mettre en lumière une actrice en devenir et nous laisser un arrière-goût de fin d’été.

054853-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Sasha Lane envoutante

American Honey c’est surtout l’occasion de découvrir la jeune Sasha Lane. Un visage d’ange, un regard perçant et une innocence vivifiante qui donne un vrai coup de fouet au film. Star a 17 ans et comme toutes les jeunes filles de son âge, elle veut être libre. En coupant les ponts avec sa famille et en rejoignant l’extravagant mais néanmoins charismatique Jake, Star va enfin goûter aux joies de la liberté, les fêtes, les amis jusqu’au moment où elle va tomber amoureuse de Jake.

Une épopée à travers un road-trip où de multiples personnalités se rencontrent et apprennent à s’apprivoiser entre un qui adore montrer ses bijoux de famille, une qui se passionne pour Dark Vador ou encore leur charismatique leader Krystal, impeccablement interprétée par Riley Keough.

Un road-movie qui finit par se répéter

Sur fond de musique country, électro et rap, cette bande de jeunes traverse l’Amérique pour faire du porte-à-porte et gratter quelques dollars. Une chose est certaine, Andrea Arnold arrive à sublimer ces paysages tantôt riches, tantôt pauvres. Le format 1:33 offre une certaine intimité avec ces personnages, comme si l’on faisait partie de cette joyeuse bande malheureusement au bout d’une heure le film se répète inlassablement. De motel en motel, de porte en porte, toujours les mêmes rituels qui deviennent lassant. Sans compter un final moins explosif que le reste film, American Honey nous laisse un peu sur notre faim.

Malgré tout, le film arrive à nous transporter comme dans un autre monde, plus poétique, peut-êter plus amusant à vivre aussi. Avec une totale réussite au niveau du casting et une photo éblouissante, American Honey se démarque du genre.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Les Animaux Fantastiques : Cinq ans après Harry Potter, la magie est toujours là

205295-jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx

C’était l’un des évènements les plus attendus de cette fin d’année. Cinq ans après avoir quitté Poudlard et Harry Potter, l’écrivaine J.K Rowling revient avec Les Animaux Fantastiques qui suit les aventures de Norbert Dragonneau, l’auteur du livre Les Animaux Fantastiques que notre sorcier à lunettes a étudié à Poudlard. Alors à quoi s’attendre avec ce premier « spin-off » ?

Un film fidèle à l’univers Harry Potter

Le film bénéficie d’un atout de taille : David Yates. A l’origine des quatre derniers Harry Potter (et accessoirement aussi le très bon Tarzan), le réalisateur arrive habilement à nous emmener dans l’univers magique d’Harry Potter. En passant par la petite musique du début, l’évocation d’Albus Dumbledore (qu’on verra dans le second volet) ou encore Grindewald. Tous les codes sont là si bien qu’on est transporté immédiatement dans cet univers magique peuplé de créatures plus fantastiques les unes que les autres.

Parlons-en de ces créatures fantastiques d’ailleurs ! Quelle prouesse visuelle, vraiment. Autant sur le plan « magie » on est peut-être un peu faiblard (moins impressionnant que ce qu’on a pu voir dans Harry Potter), autant en ce qui concerne ces drôles de créatures, c’est juste sublime à regarder. Dommage que je ne supporte la 3D sinon je suis certaine que ça doit être de toute beauté. Chaque animal a son caractère, son petit truc qui le différencie des autres et qui le rend forcément attachant.

Eddie Redmayne époustouflant (comme souvent)

Mais où va s’arrêter Eddie Redmayne ? L’un des acteurs les plus talentueux de sa génération nous offre ici une prestation digne de ce nom et digne du personnage de J.K Rowling. A la fois timide et extrêmement drôle, certains scènes sont tout simplement hilarantes. N’oublions pas ses trois autres compères : les soeurs Tina et Queenie Goldstein aussi drôles que parfois insupportables et le Non-Maj’ Jacob Kowalski touchant et maladroit à souhait. Un quator de choc qui fonctionne et nous offre par la même occasion de jolies scènes. On oublie pas la prestation de Colin Farrell qui excelle dans son rôle de gentil-pas-vraiment-gentil et surtout Ezra Miller alias Croyance, un des personnages le plus troublant et complexe du film.

Un scénario un poil simplet

Bon soyons honnêtes, si vous venez voir Les Animaux Fantastiques pour son scénario vous pouvez passer votre chemin gaiement. Rien de nouveau sous le Choixpeau, ce premier volet est plutôt une introduction à quelque chose de plus intéressant et de plus profond. Là on assiste simplement à la chasse aux animaux de Norbert Dragonneau et le pourquoi du comment des curieux évènements qui viennent dévaster petit à petit New-York. Certaines scènes sont un peu prévisibles mais au final ne gâche en rien le film qui nous prend par la main et nous fait entrer dans un monde magique enchanteur.

Avec quelques aprioris sur le film, finalement Les Animaux Fantastiques s’inscrit dans la digne lignée des Harry Potter. Et avec quatre autres films à venir (un peu beaucoup peut-être, j’ai peur qu’on perde en qualité mais bon ça reste à juger), Norbert Dragonneau risque de nous ensorceler encore un bon moment.

Ma note : ★★★★

[CRITIQUE] Festival de Deauville, Acte V : « Eye in the sky »

eye_in-the-sky

Sorti directement en e-cinema, Eye in the sky n’a pas eu le droit à une large promotion qui pourtant aurait pu être méritée. Il n’empêche que Deauville (ainsi que TIFF au Canada) ont misé sur ce film. Lorsque l’armée britannique retrouve un des terroristes les plus recherché et qu’en plus de ça une opération d’attentat-suicide est en train de se mettre en place sous leurs yeux, le colonel Katherine Powell ordonne le tir d’un missile à parti d’un drone mais la donne change quand le pilote refuse de tirer, une petite fille se trouvant dans le champ d’impact.

Et oui ce n’est pas parce qu’un film sort en e-cinema qu’il est forcément moins bien qu’un film qui sort dans les salles obscures. La preuve avec Eye in the sky de Gavin Hood qui a réuni un casting cinq étoiles avec notamment le regretté Alan Rickman à qui le film est dédié.

A qui revient la patate chaude ?

Un colonel impitoyable prêt à tout pour capturer ces terroristes, un général qui fait le lien entre le gouvernement américain et britannique, deux pilotes de drones, des politiciens tiraillés entre décision politique ou militaire et au milieu de ça, la petite Alia. Jeune enfant qui se contente de vendre du pain à sa place habituelle et qui, sans le savoir, se retrouve dans la zone d’impact du missile.

Pendant 1h42, le spectateur est plongé dans un système politique aussi ambigüe que complexe et nous pousse à se poser la même question : qu’est-ce que je ferais à leur place ? Sacrifier la vie d’une innocente pour éliminer de dangereux terroristes ou laisser sa vie sauve et risquer un attentat suicide qui pourrait faire encore plus de dégâts ? Une question épineuse dont les politiques voudraient bien se passer à tel point qu’on assiste tout simplement au jeu de la patate chaude, chacun se rejetant la terrible responsabilité de la suite de la mission.

Aaron Paul saisissant

Le casting entier est à la hauteur du film même l’agent kenyan incarné par Barkhad Abdi, déjà récompensé pour sa performance dans Captain Phillips mais celui qui reste le plus puissant dans ce film est bien le pilote de drone joué par Aaron Paul. Lui seul est derrière les commandes et lui seul peut décider de lancer ce missile ou non. D’ailleurs toute la mission est remise en cause par sa faute, demandant un réajustement de la cible pour éviter de toucher la petite.

D’ailleurs ce rôle contraste énormément avec le colonel Powell qui apparaît comme une personne beaucoup plus froide, prête à tout pour éliminer ces terroristes quitte à mentir auprès du pilote. L’histoire ne nous dit pas pourquoi elle semble avoir une telle hargne envers ces terroristes mais une chose est sûre, elle ne compte pas les laisser partir si facilement.

Un échiquier politique mais aussi médiatique

Le film joue habillement avec les questions militaires, politiques mais aussi médiatiques. En témoigne la conseillère dont la prise de position risque de vous irriter. Alors, mieux vaut-il gagner une guerre militaire ou une guerre médiatique ? Prise de position militaire et les médias font généralement mauvais ménage et Gavin Hood arrive parfaitement à mettre le doigt dessus.

Bien loin de donner une leçon de morale, Eye in the sky laisse le spectateur le loisir de choisir son propre camp, sa propre décision tout ceci dans une tension sans faille et un dénouement qui laisse pantois.

Ma note : ★★★★

Danish Girl : Eddie Redamyne bouleversant

The-Danish-Girl-Poster-1

Danish Girl dépeint l’histoire d’amour entre Gerda Wegener et son mari Einar qui deviendra par la suite Lili Elbe. Adapté du roman du même nom, il retrace avant tout le parcours de la première femme transgenre reconnue au Danemark dans les années 30.

Avec ce sujet sensible, Tom Hooper aurait pu tomber dans la facilité et nous proposer un film militant à souhait et pourtant il n’en est rien. Le réalisateur nous offre un magnifique film, délicat, tout en subtilité avec des décors magnifiques, un cadrage bien précis et une certaine finesse dans la réalisation.
Le film est porté par un Eddie Redmayne qui nous confirme son statut d’acteur caméléon – après sa prestation époustouflante dans Une merveilleuse histoire du temps qui lui a valu un Oscar. D’ailleurs, celui-ci est de nouveau nommé dans la même catégorie cette année. Sans oublier sa « partner in crime » la sublime actrice suédoise Alicia Vikander qui a déjà fait ses preuves dans Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. Parce qu’on se rend compte dans le film qu’au-delà d’Einar qui se découvre en tant que femme, c’est surtout grâce au soutien de sa femme qu’il va se dévoiler et enfin s’accepter tel quel.
Le seul point faible du film serait le « non-contexte » du film. C’est-à-dire que le réalisateur a préféré omettre la pression et les dikakts de la société à cette époque – préférant axer le film sur les sentiments et le ressenti des personnages que sur le contexte historique de l’époque. Hormis deux trois scènes qui laissent deviner l’intolérance envers les transgenres à l’époque, le film ne fait que survoler le véritable problème.

Malgré tout Danish Girl reste un très beau film avec un sujet sensible mais important aujourd’hui qui ne laissera certainement pas indifférent.

Ma note : ♥♥♥♥

Carol : Une histoire passionnelle pour un duo passionnant

Carol-Poster-405x600

Avec 3 nominations aux Golden Globes, 9 nominations aux BAFTA Awards et 6 nominations aux Oscars (dont celui de la meilleure actrice pour Cate Blanchett), Carol est le film à voir en ce moment. Porté par Cate Blanchett et Rooney Mara (vue dans Favelas et Her entre autres), Carol est l’adaptation du roman de Patricia Highsmith qui prend place dans le New-York des années 50 où Carol tombe amoureuse d’une jeune vendeuse, Thérèse alors qu’elle est coincée dans un mariage malheureux. Va s’en suivre une attirance inévitable alors qu’elles vivent dans une société qui réprimande cette histoire naissante.

Todd Haynes s’attaque au sujet de l’homosexualité alors que c’était tabou voir interdit dans les années 50. Dans une société à la mentalité étriquée, Carol et Thérèse vont tout faire pour vivre leur amour naissant. Une histoire passionnelle pour un duo passionnant. Cate Blanchett et Rooney Mara crèvent l’écran de par leur talent et de par cette énergie qui se dégage. Une réelle symbiose se crée entre elles tout au long du film. Loin des personnages caricaturaux, Carol est une mère de famille à qui tout semble réussir en surface sauf qu’on découvre petit à petit à quel point elle est malheureuse. En la personne de Thérèse, elle va retrouver une raison de vivre, une raison d’aimer alors que tout le monde l’interdit.
Le réalisateur aborde l’homosexualité avec délicatesse et justesse. L’interprétation de Cate Blanchett est au-delà de la perfection. D’une élégance sans nom et d’une simplicité incroyable. Pas étonnant qu’elle soit nommée aux Oscars tiens. Quant à Rooney Mara, c’est certainement la révélation de ce film. En jeune femme fragile qui cherche encore de nombreuses réponses, elle y trouve en Carol un point de repère alors qu’elle est opprimée par son petit-ami qui veut absolument se marier avec. Carol la poussera à donner le meilleure d’elle-même et à s’affirmer. Sans parler du final, pas un mot, juste une musique et un regard qui en dit long sur la relation fusionnel qui lie ces deux femmes.

Un film exceptionnel, délicat et touchant. Il y a une véritable sincérité qui se dégage de ce film. Pas impossible qu’il décroche quelques prix et vous le voyez arriver l’Oscars de la meilleure actrice pour Cate Blanchett ? Il arrive à grand pas.

Ma note : ♥♥♥♥♥

My Old Lady : Lorsque la comédie british s’installe à Paris

My_Old_Lady_-_US_Theatrical_PosterPour son premier film, Israel Horovitz signe une belle performance avec un film à l’humour britannique comme on les aime tout en mêlant drames familiaux, tendresse, coups bas mais en laissant toujours le sourire sur le visage du spectateur.
Mathias est un new-yorkais divorcé qui a la quarantaine et qui débarque à Paris afin de vendre l’appartement que son père lui a légué. Seul problème, il est habité par une vieille dame de 92 ans, Mathilde ainsi que sa fille Chloé qui a mit et endroit en viager. Mathias se retrouve alors à devoir lui payer une rente. Lire la suite de « My Old Lady : Lorsque la comédie british s’installe à Paris »

Vu au cinéma : ’71

084916.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Avec ’71, Yann Demange signe ici son premier long-métrage et quel film ! Le pari est osé : plonger le spectateur dans les conflits dune guerre civile entre catholiques et protestants dans la ville de Belfast en Irlande du Nord en 1971. Un jeune soldat britannique Gary est envoyé pour une patrouille qui se transforme en embuscade. Il se retrouve alors seul, pris au piège en territoire ennemi. Il devra alors lutter pour survivre.

Lire la suite de « Vu au cinéma : ’71 »