[CRITIQUE] Sahara : Un joli film d’animation qui manque un peu d’audace

Omar Sy, Louane Emera, Franck Gastambide, Vincent Lacoste, Jean Dujardin, ne sont que quelques noms prestigieux qui prêtent leur voix au nouveau film d’animation Sahara. Une réalisation franco-canadienne de Pierre Coré qui aborde l’exclusion et la discrimination à travers des héros peu conventionnels et souvent oubliés. Considérés comme les bons à rien de leur communauté, Ajar le serpent et son ami Pitt le scorpion décident de partir dans l’oasis voisine où vivent les plus riches. Là-bas Ajar y rencontrera la belle Eva qu’il va devoir sauvé après avoir été capturée.

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Un film d’animation original

Pierre Coré a eu l’intelligente idée de s’intéresser cette fois non pas aux animaux qu’on a l’habitude de voir et d’apprécier même aux marginaux, ceux qu’on oublie, les plus petits et ceux qu’on aime pas tellement. Tout est fait pour rendre ces petits animaux attendrissants que ce soit Pitt ce petit scorpion un brin peureux ou encore Ajar qui tente tant bien que mal de prouver qu’il n’est pas un looser. Avare de liberté tout comme Eva, ce voyage à travers le Sahara sera avant tout l’occasion d’en apprendre bien plus sur eux qu’ils ne l’imaginaient. Une jolie pléiade de personnages entoure nos trois héros notamment le frère d’Eva, Gary amateur de pollen et totalement amorphe toute la journée qui, par son comportement exaspérant, est à hurler de rire.

Pas toujours convaincant visuellement

Malgré des rires très communicatifs, le film pêche sur ses visuels qui peuvent paraître un peu simpliste quand on voit les films d’animations aujourd’hui. Notamment les paysages de désert d’une monotonie assez déprimante. Il aurait mieux valu se concentrer un peu plus sur les personnages et moins sur les décors qui sont beaucoup trop fades. Heureusement que la BO vient donner un petit coup de fouet de temps en temps au film notamment pendant la battle de danse entre deux serpents. Le scénario quant à lui reste plutôt simpliste aussi et aurait pu être un peu plus poussé pour avoir quelque chose de plus abouti sachant que l’idée de base était originale.

Malgré ses défauts, on peut reconnaitre au film un vrai capital sympathie de par ses personnages et de vrais beaux fous rires communicatifs autant aux petits qu’aux grands. Un petit coup de coeur en plus pour Vincent Lacoste, parfait dans le rôle de Garry, à croire qu’il a été écrit pour lui !

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Juste La Fin Du Monde : Une tornade émotionnelle dont on n’en sort pas indemne

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Comme chaque année, on attend fébrilement la sortie du nouveau film de Xavier Dolan, le réalisateur québécois  qui est bien loin de laisser la critique indifférente. Adulé ou détesté, il n’aura jamais autant fait parlé de lui que cette année. Mais trêve de bavardage, il est temps de parler de son nouveau film Juste La Fin Du Monde, adaptation de la pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce ou quand un écrivain retourne dans sa famille après 12 ans d’absence pour leur annoncer sa mort prochaine. Des retrouvailles familiales entre incompréhensions, non-dits, querelles et joutes verbales.

Un casting parfait

Alors oui on a beaucoup parlé de « casting 5 étoiles » et il est vrai que ce huit-clos familial réunit la crème de la crème des acteurs et actrices français mais loin de vouloir faire un coup marketing, Xavier Dolan réunit là tout simplement les acteurs qui étaient fait pour ces rôles comme s’ils avaient été écrits pour eux. Gaspard Ulliel tout en justesse et en retenue face à une famille qui lui est finalement inconnue. Sa soeur Suzanne brille de jeunesse, d’insouciance et de rébellion. Dire que ce rôle m’a même réconcilié avec Léa Seydoux c’est pour dire !

Au milieu de ça il y a Antoine, le grand frère de Louis, désabusé et constamment en colère. Sans concessions, ni pincettes, il mène la vie dure à sa famille et même à sa femme jouée par Marion Cotillard qui a peut-être le rôle le plus discret du film mais qui se rapproche le plus de Louis (la dernière scène entre Louis et Catherine est parfaite, sans aucune parole, juste des gestes) et enfin Nathalie Baye, maquillage outrancier tout comme sa personnalité haute en couleur se dévoile subliment dans son tête-à-tête avec son fils.

Un quintet qui se complète parfaitement dans leurs imperfections et dans leurs caractères pour former un tout qui donne un souffle incroyable à cette adaptation.

Une tragédie familiale déchirante

Pour ceux qui connaissent les films de Xavier Dolan, la famille et les querelles familiales sont un sujet récurrent dans ses oeuvres. Déjà mises brillamment en scène dans le sublime Mommy, le réalisateur réitère et nous prouve une nouvelle fois son génie dans Juste La Fin Du Monde. Outre les dialogues tout en murmures, bafouillages et silences (merci jean-Luc Lagarce pour cette pièce d’exception d’ailleurs au passage), Xavier Dolan sait, et a toujours su, filmer comme personne d’autres. Chez lui l’émotion, l’amour ou la colère peuvent passer par un seul plan, par un seul regard, par un seul geste.

Les joutes verbales entre les différents protagonistes sont violente et prennent aux tripes. Les gros plans mettent l’accent sur chaque petit détail de chaque personnage et les non-dits deviennent évidents aux yeux des spectateurs. On connait Dolan pour son amour du détail et ça se ressent à chaque instant, encore une fois la scène finale est probablement la  scène la plus belle, la plus intense et aussi la plus violente sur le plan psychologique.

Xavier Dolan réhabilite la vraie bonne musique

Et que serait un bon film de Xavier Dolan sans une photographie impeccable et une bande-son digne de ce nom ? D’ailleurs la musique a toujours pris une part importante dans ses films et apporte ce petit truc en plus qui vous fera rire, danser ou pleurer. Après nous avoir réhabilité Céline Dion et son tube On ne change pas dans Mommy (qui est d’ailleurs devenue pendant un temps ma sonnerie de réveil), c’est au tour du groupe (qui fût très éphémère avouons-le) O-Zone et son tube Dragosta Din Tei d’avoir son heure de gloire et je dis MERCI !

Enfin quelqu’un qui reconnait ce titre à sa juste valeur et cette petite séance d’aérobic aurait presque fait danser la salle toute entière, rendant presque cette chanson poétique c’est pour dire ! Bien évidemment ils ne sont pas les seuls sur la bande-son, d’autres pointures et valeurs sûres les accompagnant comme Moby, Blink 182 ou encore Lost Frequencies. Un régal pour nos oreilles !

Je m’attendais à beaucoup de choses avec ce film mais certainement pas cette tornade d’émotions qui vous happe dès le début pour vous laisser à la fin en larmes, subjugué, bref sur le cul, comme toujours avec Xavier Dolan. Parce qu’à 27 ans, celui qui essuie une pluie de critiques injustifiées (oui j’aime Xavier Dolan et alors ?) est doté d’une sensibilité hors-du-commun qui s’exprime dans des films qui vous retournent littéralement. Préparez-vous, notre génie québécois préféré est de retour !

P.S : Xavier si tu passes par là, (quoi ? J’ai le droit de rêver non ?) sache que la prochaine fois que j’écrirai un article sur toi, je serai journaliste et je t’interviewerai, je me le promets !

Ma note : ★★★★★