[CANNES 2017] D’après une histoire vraie : Du petit Polanski

Présenté hors compétition le dernier jour du Festival de Cannes, D’Après une histoire vraie est l’adaptation du roman du même nom de Delphine de Vigan, mise en scène par Roman Polanski avec Emmanuelle Seigner et Eva Green. Quatre ans après La Vénus à la fourrure, le controversé réalisateur est de retour sur la Croisette avec un petit film. Polanski nous a habitué à mieux même si certaines critiques acerbes n’étaient pas justifiées pour autant.

Un huit-clos sans grande pertinence

Après un succès littéraire retentissant, Delphine Dayrieux subit le syndrome de la page blanche alors qu’elle commence à recevoir des lettres anonymes lui reprochant de s’être fait de l’argent sur le dos de sa famille. Retranchée chez elle et apeurée à l’idée de recommencer à écrire, sa rencontre avec le mystérieuse Elle va bouleverser sa vie puisqu’elle va s’immiscer dangereusement petit à petit dans son quotidien.

Eva Green est la valeur sûre de ce film. Sans même parler cette actrice arrive à nous transporter et nous transmettre des émotions par un sourire ou un regard. Aux premiers abords cette simple fan s’incruste dans la vie de Delphine quitte à lui prendre son identité et répondre aux mails à sa place. Eva Green crève l’écran tandis qu’Emmanuelle Seigner semble bien en-dessous comme si elle passait totalement à côté de son rôle.

Le film manque d’ambition, semble faire du sur place et explore plusieurs pistes sans forcément les faire aboutir. Roman Polanski se perd dans un huit-clos un brin simplet où les incohérences s’accumulent pour nous laisser sur une fin bâclée qui a de quoi nous laisser un goût amer.

Pourtant tout était là pour que Roman Polanski nous offre un thriller psychologique digne de ce nom et même si Eva Green sauve un peu le film par sa performance, rien d’autre n’est à retenir de ce film.

[CRITIQUE] Réparer les vivants : Une belle ode à la vie

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Le don d’organe, on en entend souvent parlé mais le sujet est bien trop peu abordé. Par peur ? Par pudeur ? Parce que ça risque de porte malheur ? Pourtant en 2015 ce sont 21 464 malades qui étaient inscrits sur les listes d’attentes et seulement 5 746 d’entre eux ont eu une greffe. La vie de Simon ne tient plus qu’à un fil, qu’à une machine qui le maintient en vie après un grave accident de la route avec ses amis. De l’autre côté, une femme se bat quotidiennement en attendant la greffe de coeur qui pourrait lui sauver la vie car oui, le don d’organe permet de faire des miracles et de réparer les vivants.

Un beau casting touchant

Le couple de parents formé par Kool Shen et Emmanuelle Seigner ne peut laisser personne de marbre face à cette détresse, cette tristesse infinie, celle de perdre un enfant, celle de laisser partir la chair de sa chair mais comment réagir quand le médecin vous parle du don d’organe ? Comment réagir ? Que dire ? Sans jamais tomber dans l’excès ou dans le pathos, Katell Quillévéré offre deux visions entre celle de parents qui dans un certain sens perdent une partie de leur vie et de l’autre une femme qui lutte pour sa vie, la sublime Anne Dorval exceptionnelle comme souvent. Touchante et drôle avec ses deux fils protecteurs. Et le lien entre tout ça, Thomas Remige campé par Tahar Rahim qui est à le docteur mais aussi celui qui accompagne Simon jusqu’au bout et qui apporte cette part d’humanité dans un système médical qui pourrait paraître froid.

Les seconds rôles sont un peu plus inégaux, certains plus utiles que d’autres. Par exemple Alice Taglioni qui joue une amie d’Anne Dorval ou encore Monia Chokri dont la micro-histoire d’amour au sein de l’hôpital n’apporte rien à l’histoire.

Une ode à la vie et au corps médical

Oui parce qu’au-delà de l’histoire humaine, on y découvre aussi et surtout un processus complexe en ce qui concerne le don d’organe et les procédures entamées pour le réaliser. L’occasion d’en apprendre plus notamment cette transition entre le moment où la famille accepte le don d’organe et la redistribution des dits-organes. Une véritable course contre la montre pour récupérer les organes et les greffer sur le patient tout en nageant dans cette incertitude de savoir si ça va fonctionner ou non.

Et parce que Réparer les vivants met en lumière un processus qui peut sauver de nombreuses vies, c’est une véritable ode à la vie, au bonheur malgré tout, celui de vivre, celui d’avoir sauvé quelqu’un; il offre aussi une vision différente de la vie et plus généralement de l’amour même si le film peut souffrir de quelques longueurs notamment en début de film.

Et pour une fois je ne confluerai pas sur le film mais je vous demanderai de faire un tour sur http://www.dondorganes.fr et parlez-en autour de vous. Faites savoir votre choix qu’il soit positif ou négatif mais faites-le savoir parce que ce qu’il a de plus beau que vivre c’est peut-être de sauver d’autres vies et de réparer les vivants, les patients, ceux qui mettent leur vie en parenthèse en attendant un seul appel, celui qui pourrait sauver leur vie.

Ma note : ★★★★