Les Animaux Fantastiques 2 : Endoloris

Dire qu’on attendait ce second opus des Animaux Fantastiques était un euphémisme. Dire qu’on attendait ce second opus des Animaux Fantastiques lorsqu’on est ‘’Potterhead’’ est un putain d’euphémisme. Nouvelle saga qui comptera au final cinq films, le premier opus est apparu sur nos écrans il y a pile deux ans, à ce moment-là on quittait Norbert Dragonneau qui repartait en Europe après avoir bien saccagé New-York tandis que le gouvernement magique américain capturait Gellert Grindelwald et que ce dernier promettait de s’échapper de manière spectaculaire pour se venger. Le second opus s’ouvre donc quelques mois après ces derniers évènements et honnêtement, on a connu mieux.

Par où commencer ? Excellente question tant il y a de choses à aborder sur le cas « Les Animaux Fantastiques 2 » mais comme on est sympa on va commencer par ce qui est bien dans le film parce que oui il y a des trucs biens, pas dingue mais assez sympas pour être relevés. Là où le premier opus se plaçait beaucoup plus dans une dynamique humoristique avec quelque chose de plus léger (tout en gardant quand même une part de sérieux), le second volet gomme presque complètement l’aspect humour – excepté quelques scénettes qui nous font sourire – pour se tourner résolument plus vers quelque chose de dramatique et introduire doucement la bataille épique qui aura lieu entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald tout en se penchant sur les plans machiavéliques de Grindelwald afin de contrôler le monde et détruire les Moldus et plus globalement quiconque se mettrait en travers de notre chemin (un peu un Voldemort extrémiste quoi). L’esprit Harry Potter est toujours aussi présent et les nostalgiques se raviront de la présence d’Albus Dumbledore jeune à qui l’excellent Jude Law prête ses traits et des quelques scènes tournées dans Poudlard. Enfin certaines scènes ont – excusez notre langage – de la gueule notamment l’une des dernières scènes où Norbert et ses compagnons combattent un Gellert Grindelwald plus puissant que jamais et que chacun est obligé de choisir son camp. Visuellement époustouflant, ce combat est probablement l’un des moments phares de ce film et on est loin de bouder notre plaisir face à ce spectacle.

Sauf que cette scène arrive à la fin et qu’entre-temps on est quand même obligé de se taper près de 2h de film par moment indigeste. Décidément les scènes d’actions n’ont pas vraiment la côte au cinéma que ce soit la course-poursuite dans « Venom » ou la bagarre contre le gros méchant alien dans la forêt dans « The Predator », la toute première scène des « Animaux Fantastiques 2 » correspond à la fuite de Grindelwald, le tout filmé (si tenté que ça a été réellement filmé) de manière à ce qu’on y voit que dalle alors que c’était quand même censé être une évasion spectaculaire, tout ce qu’on voit c’est juste beaucoup de flotte et d’éclairs. M’enfin le plus gros problème du film réside surtout dans son scénario aussi mal écrit que mal exploité en faisant revenir des personnages censés être mort en nous offrant une explication aussi évasive qu’inutile et en décidant de condenser quarante plot twist en l’espace de même pas 20 minutes de quoi laisser perplexe et un brin perdu aussi sachant que certains propos ne semblent pas correspondre avec ce qu’on savait déjà à la fin de « Les reliques de la mort partie 2 ». Sans pour autant s’étendre sur ce sujet, la plupart des personnages manquent terriblement de fond de quoi nous faire parfois tourner en rond pour trois fois rien (on retiendra la scène dans les archives tout ça pour que Norbert dise à Tina qu’elle a les yeux d’une salamandre, on est d’accord on a connu plus romantique et surtout plus intéressant sachant que Grindelwald menace un peu de détruire le monde) tandis que d’autres personnages ont décroché le rôle de figurant dans cet opus (coucou Ezra Miller et les dits animaux fantastiques qui sont devenus totalement accessoire dans le film mais dont on est obligé de garder le titre maintenant sinon ça deviendrait un peu le bordel). À trop vouloir de personnages tout en sachant sur quel plot twist se terminera le film on se retrouve avec un film avec beaucoup de monde et finalement pas énormément d’explication sur ce qui se passe. Très mal équilibré dans son scénario, le film ne peut que se raccrocher à ce plot twist de fin (assez fou il faut bien l’accorder) qui laisse présager – espérons-le – un troisième opus beaucoup plus intéressant et peut-être même encore plus sombre.

À plus considérer comme un épisode de transition qu’autre chose, « Les Animaux Fantastiques 2 » nous offre de jolis moments dans sa dernière partie nous rappelant les grandes heures des batailles épiques dans Harry Potter mais souffre considérablement d’un scénario mal écrit et qui n’avait décidément pas besoin de durer 2h14.

Les Animaux Fantastiques : Les crimes de Grindelwald de David Yates. Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler… 2h14
Sortie le 14 novembre

[CRITIQUE] Alien Covenant : Arrêtez le massacre

Attendu par certains, craint par d’autres, Alien est de retour. Après Prometheus qui était un prequel d’Alien, Ridley Scott revient avec donc la suite du prequel avec Alien : Covenant. C’est compliqué à suivre ? On vous comprend nous vous inquiétez pas. Une chose est sûre, à vouloir en faire trop, on finit par détruire une saga qui se portait pourtant très bien jusque là. Et là une seule question nous brûle les lèvres actuellement : Pourquoi Ridley ?

Un film sans fond ni forme

Parfois il faut apprendre à s’arrêter à temps. Déjà moyennement convaincue par son prédécesseur, Ridley Scott nous confirme avec cet opus que la saga Alien est belle et bien enterrée. Mais où est donc passé l’esprit Alien qui nous faisait tant frémir ? Où sont passées ces terribles créatures qui effrayaient nos nuits ? Alien : Covenant s’embarrasse d’un blabla sans fin et inutile sur la reproduction, l’espèce humaine et l’évolution. Ce film manque cruellement d’ambition sans compter le trop peu de scènes d’aliens oh ! Attendre  trois quart d’heure pour enfin voir un micro-alien ressemblant plus à un embryon sur patte qu’autre chose sortir du ventre d’un des protagonistes c’est très long, trop long.

D’ailleurs au final des aliens on en verra peu dans ce film, un comble pour la saga Alien. Heureusement il se rattrape sur certaines scènes notamment celle du sauvetage, intense et efficace.

Dans cette débâcle sans queue ni tête, une seule personne s’en sort la tête haute et c’est notre cher Michael Fassbender. Même si le reste du casting n’est pas en reste, l’acteur a une double responsabilité dans ce film puisqu’il endosse le rôle de Walter et de David. Deux androïdes diamétralement opposés. De quoi nous offrir des scènes plutôt très intéressantes et puis soyons honnêtes, ce sont les seuls personnages un tantinet intéressants. 

Au final Alien : Covenant s’embarque, comme beaucoup de blockbusters, dans les méandres de la simplicité quitte à nous prendre parfois un peu pour des cons surtout pour le final que même un enfant aurait deviné depuis le début. Ridley Scott, il est temps de rendre les armes et très rapidement parce que vous faites subir à la saga est injustifié.