[CANNES 2017] Happy End : Michael Haneke rate la marche

Figure emblématique du septième art français, Michael Haneke est de retour cette année pour présenter Happy End, une satire d’une famille bourgeoise où rien ne va. Avant le début du festival on le voyait déjà repartir avec une troisième Palme d’Or, cette fois c’est sûr que ce ne sera pas le cas. Le réalisateur visiblement en petite forme offre une satire légère, lente et qui n’a de saveur que dans ses vingt dernières minutes. 

Un film qui manque de piquant

Le décor est rapidement posé : l’ennui d’une mère de famille et ses rituels qui se retrouve dans le coma après avoir pris trop de calmants, ces mêmes calmants donnés au hamster pour voir les effets sur lui, le grand-père qui tente de se tuer en fonçant dans un arbre tandis que sa fille essaie de garder sur les rails l’entreprise de BTP avec son fils lui-même alcoolique et je m’en foutiste au possible.

Bref tout est là pour rire mais ça n’arrive jamais. C’est très long, les plans séquences sont interminables et soporifiques même si certaines tirades arrivent à nous faire sourire. Joli casting malgré tout pour Michael Haneke qui réunit là de sacrés noms du cinéma malheureusement ça ne suffit pas pour faire de ce film un bon film excepté peut-être ces vingt dernières minutes qui viendraient presque sauver le film. C’est piquant comme on aime, c’est drôle et là se trouve tout le propos du film. En fait il aurait dû faire un court-métrage on aurait gagné du temps.

Cette nouvelle journée de projections commence à nous conforter dans l’idée que 120 Battements par minute pourrait bel et bien repartir avec une Palme d’Or. Dommage pour Michael Haneke qui aurait pu réaliser un nouveau record en repartant avec une troisième Palme d’Or mais bon, il faut bien en laisser un peu pour les autres.

[CRITIQUE] De Plus Belle : Tout ce que touche Florence Foresti se transforme en or

On a connu la Florence Foresti souriante, amusante, espiègle mais aujourd’hui c’est dans un rôle à contre-emploi qu’on retrouve l’humoriste et une fois encore, elle nous prouve que tout ce qu’elle entreprend est un succès et celui-là c’est peut-être même le plus beau. Le cancer de Lucie n’est plus qu’un lointain souvenir sauf que maintenant il faut apprendre à vivre, à s’amuser, à rencontrer du monde sauf qu’elle a perdu toute confiance en elle. Jusqu’au jour où elle rencontre un certain Clovis qui va bouleverser son quotidien de par son charme mais également son trop plein d’assurance. Et avec l’aide de Dalila, une prof de danse un brin exubérante, Lucie va réapprendre ce qu’est de vivre mais surtout de s’aimer et de s’accepter telle qu’on est.

Un magnifique message d’amour

Au-delà du film, de ses acteurs et de son histoire, De Plus Belle c’est avant un message universel d’amour et d’acceptation. Même que l’on soit malade ou non, le film est là pour nous rappeler constamment qu’il faut s’aimer tel quel et si on est malade alors oui on reste belle, on reste forte et il faut croquer la vie à pleine dent. Ses dialogues, ses situations et cette représentation de cabaret pour clore ce film est un cri d’amour à toutes celles qui doutent, qui ne s’aiment plus et qui ont peur. Parce que dans le film, Lucie a simplement peur de vivre, peur d’essayer, d’oser. Oser aller en soirée, oser avoir une relation avec un homme ou tout simplement oser de changer de coupe de cheveux sans avoir à s’inquiéter de savoir ce que va penser sa mère.

Un duo plein de charme

Ca pouvait paraître étonnant aux premiers abords de découvrir Florence Foresti dans un rôle dramatique. Loin de ce qu’elle avait pu nous proposer auparavant, c’est un véritable défi pour elle puisqu’elle se met à nu – au sens propre comme au sens figuré, sans artifices et tout en émotion sans tomber dans le 100% pathos. Et bien c’est un pari réussi et une nouvelle corde à son arc. Mais y a-t-il encore quelque chose qu’elle ne sait pas faire ? That’s the question !

D’ailleurs c’est même elle qui a soufflé à la réalisatrice le nom de Matthieu Kassovitz et quelle bonne idée qu’elle a eu là ! A eux deux ils forment un duo bourré de charme, tout en timidité et humour (le passage du télé-achat est hilarant) et ce qui nous permet de découvrir une autre facette de l’acteur qui lui réussit plutôt bien. Sans trop prendre de place, il insuffle délicatement un joli côté romantique au film.

D’ailleurs même tous les seconds rôles excellent et apportent chacun ce petit plus notamment Jonathan Cohen qui enchaîne les petits rôles de qualité si bien qu’on ne peut que tomber sous son charme et son humour ravageur (mais à quand un premier rôle bordel de crotte ?)

Anne-Gaëlle Daval réussit le pari d’offrir un film avec une Florence Foresti à contre-emploi, utile et qui fera inexorablement du bien autour de lui. Un hymne à la vie, à la femme et à toutes ces femmes qui se battent quotidiennement, soyez fières et soyez belles.