Rétrospective David Cronenberg #6 : Normalités abusives

Le cadre moins ancré dans le fantastique abordé par Spider voit s’amorcer une suite logique dans le cinéma de David Cronenberg. A history of violence est généralement reconnu comme le film qui amorce sa deuxième période, moins appréciée des fans de la première heure. Pourtant, les œuvres proposées à partir de ce moment sont d’une qualité indéniable, les deux « périodes » possédant chacune sa force, et révèlent d’une volonté qu’il serait idiot de juger, tant l’auteur, à reproduire les gimmicks qu’on lui réclame, aurait pu s’enfoncer dans une forme d’auto-parodie malvenue.

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Hunger : Shame, t’as pas mangé

Avant d’aller violenter un public encore plus large avec son 12 Years A Slave détonant, Steve McQueen faisait déjà bien des siennes dans son île britannique. Le dénonciateur livre d’ailleurs, avec son premier métrage, une oeuvre d’un engagement puissant.

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[CRITIQUE] Alien Covenant : Arrêtez le massacre

Attendu par certains, craint par d’autres, Alien est de retour. Après Prometheus qui était un prequel d’Alien, Ridley Scott revient avec donc la suite du prequel avec Alien : Covenant. C’est compliqué à suivre ? On vous comprend nous vous inquiétez pas. Une chose est sûre, à vouloir en faire trop, on finit par détruire une saga qui se portait pourtant très bien jusque là. Et là une seule question nous brûle les lèvres actuellement : Pourquoi Ridley ?

Un film sans fond ni forme

Parfois il faut apprendre à s’arrêter à temps. Déjà moyennement convaincue par son prédécesseur, Ridley Scott nous confirme avec cet opus que la saga Alien est belle et bien enterrée. Mais où est donc passé l’esprit Alien qui nous faisait tant frémir ? Où sont passées ces terribles créatures qui effrayaient nos nuits ? Alien : Covenant s’embarrasse d’un blabla sans fin et inutile sur la reproduction, l’espèce humaine et l’évolution. Ce film manque cruellement d’ambition sans compter le trop peu de scènes d’aliens oh ! Attendre  trois quart d’heure pour enfin voir un micro-alien ressemblant plus à un embryon sur patte qu’autre chose sortir du ventre d’un des protagonistes c’est très long, trop long.

D’ailleurs au final des aliens on en verra peu dans ce film, un comble pour la saga Alien. Heureusement il se rattrape sur certaines scènes notamment celle du sauvetage, intense et efficace.

Dans cette débâcle sans queue ni tête, une seule personne s’en sort la tête haute et c’est notre cher Michael Fassbender. Même si le reste du casting n’est pas en reste, l’acteur a une double responsabilité dans ce film puisqu’il endosse le rôle de Walter et de David. Deux androïdes diamétralement opposés. De quoi nous offrir des scènes plutôt très intéressantes et puis soyons honnêtes, ce sont les seuls personnages un tantinet intéressants. 

Au final Alien : Covenant s’embarque, comme beaucoup de blockbusters, dans les méandres de la simplicité quitte à nous prendre parfois un peu pour des cons surtout pour le final que même un enfant aurait deviné depuis le début. Ridley Scott, il est temps de rendre les armes et très rapidement parce que vous faites subir à la saga est injustifié.

[CRITIQUE] A ceux qui nous ont offensés : Michael Fassbender tiraillé entre amour et famille

Habitué des séries télés, Adam Smith vient de se lancer dans l’aventure du long-métrage avec un premier film au casting plutôt rêveur et au style qui s’éloigne des cadres imposés par genres si bien que ce film est difficilement classable mais très plaisant à regarder. Chad Cutler partage sa vie entre sa femme et ses deux enfants la journée et des petits cambriolages par ci, par là avec le reste de sa famille et notamment le patriarche sauf que Chad rêve d’une vie rangée, dans une maison et loin des soucis, ce qui n’est vraiment pas au goût de son père.

Un regard juste

Idée originale de placer ce désir d’émancipation au sein d’une famille de hors-la-loi, reclus dans des caravanes et conspués par la police. Des marginaux avec à leur tête le  brut de décoffrage Brendan Gleeson et le charismatique Michael Fassbender, d’ailleurs un petit peu trop charismatique pour ce rôle, un peu trop propre même si son jeu compense largement. Adam Smith marque un premier bon point avec un regard juste posé sur cette communauté marginale, sans complaisance ni jugement, ils font comme ils peuvent pour s’en sortir même si leurs façons de faire sont matière à débattre.

On regrettera une dynamique moins importante quand il s’agit de filmer ses personnages, trop intimiste ou pas assez on ne sait pas trop et cette idée de caméra à l’épaule ne fonctionne pas forcément ici. Cependant les scènes de cambriolages et de courses-poursuites sont magnifiquement filmées, dynamiques et intenses.

A ceux qui nous ont offensés navigue entre plusieurs eaux que ce soit le drame social, le film d’action policier ou parfois même la comédie dramatique et malgré ses quelques imperfections, Adam Smith arrive à nous transporter dans ce qui est tout sauf un film religieux mais au nom hautement poétique.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] Assassin’s Creed : Moins pire que les autres adaptations de jeux vidéos

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Décidément, adapter les jeux vidéos sur grand écran est devenu une mode. Alors on a ceux qui réussissent (c’est-à-dire pas grand monde) et ceux qui ratent la marche (c’est-à-dire pas mal de monde). Assassins’s Creed a le cul entre deux chaises. Pas réussi mais pas non plus totalement raté. Allez courage, visiblement c’est une trilogie qui nous attend.

Callum Lynch provient de la descendance directe d’Aguilar, un membre de la société secrète des Assassins chargé de protéger la Pomme d’Eden face à l’ordre des Templiers. Grâce à une machine capable de libérer la mémoire génétique, l’ordre des Templiers encore présent aujourd’hui vont essayer de le manipuler afin que Callum leur livre la fameuse Pomme d’Eden refermant le code génétique permettant d’éradiquer tout libre arbitre.

Une prouesse visuelle

Pour les aficionados du jeu vidéo (dont j’en fais partie), Assassin’s Creed réussi son pari visuel avec une très belle reconstitution de l’Espagne du XVe siècle ainsi que les scènes de Callum dans l’Animus. C’est vif, ça envoie du steak et le saut de la foi tout simplement sublime. Une très jolie mise en scène qui ne comble cependant pas les lacunes du scénario.

Vous ne connaissez pas le jeu ? Passez votre chemin !

Pour ceux qui connaissent le jeu le film vous semblera familier mais pour ceux qui ne le connaissent pas, ils peuvent vite se perdre entre le passé, le présent, les méchants, les gentils, ceux qui semblent être méchants et qui le sont pas et ceux qui sont censés être gentils et qui ne le sont pas non plus. Pourquoi et comment Callum est mort sans être mort ? Sans compter l’Animus qui aurait pu être un personnage à part entière du film n’est que trop peu exploité.

Sans compter sur ce final, prémices d’une ou plusieurs suites qui s’apparente plus à un pet dans l’eau qu’autre chose. Une fin bâclée et un combat tant attendu qui n’a finalement pas eu lieu.

Décidément, ce n’est pas demain la veille qu’une adaptation de jeu vidéo sera enfin réussie. Même si Assassins’s Creed s’en sort visuellement, il se rétame totalement sur son scénario. Dommage parce qu’il y avait matière à faire un bon film.

Ma note : ★★★★