[CRITIQUE] Monsieur & Madame Adelman : Audacieux et poétique, Nicolas Bedos signe un énorme premier film

Savoir se faire attendre, il est peut-être là le secret de la réussite. Après avoir endossé pendant des années le rôle d’acteur, Nicolas Bedos s’est adonné à un nouvel exercice, celui de réalisateur. Et qui de mieux que la personne qui partage sa vie pour incarner sa femme à l’écran ? Que ce soit à la télé (notamment dans Le Grand Journal) ou au cinéma, Doria Tillier et Nicolas Bedos se complètent parfaitement et c’est haut la main que l’artiste touche-à-tout de 36 ans réalise son premier (beau) long-métrage.

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Sarah Adelman est aujourd’hui veuve suite à la tragique mort de son mari Victor. Un jeune auteur s’intéresse alors à la femme qui était dans l’ombre d’un des plus grands écrivains de son temps. Qui était vraiment Sarah Adelman ? Et c’est à travers ses souvenirs qu’on va revivre les joies, les peines et les doutes qui ont ponctué une relation explosive de plus de 45 ans.

Une histoire d’amour grandiose

L’histoire de Sarah et Victor ne ressemble décidément à aucune autre et c’est là que le film tire sa force. A travers ce film, Nicolas Bedos et Doria Tillier exorcisent toutes leurs peurs concernant l’amour, le couple, la famille, etc… mais c’est également les frayeurs de n’importe qui au final puisqu’on se retrouve tous dans les déboires de ce couple un petit peu hors du commun. De la folie, de sacrés engueulades, des boutades cinglantes et surtout énormément d’amour ressort de ce film.

Telle une fresque, Nicolas Bedos nous fait voyager des années 70 jusqu’à nos jours vaec beaucoup de tendresse. On se complait à rire et sourire de ce petit couple, fougueux à ses débuts, jusqu’à en devenir toxique. On rit de leurs engueulades à répétitions généralement suivies de réconciliations, de leur humour singulier et de leurs petits tracas du quotidien dans une mise en scène dynamique qui ne laisse jamais le spectateur indifférent.

Doria Tillier & Nicolas Bedos, un couple volcanique

On se souvient tous de cette scène mémorable entre l’acteur et la jeune femme alors présentatrice météo à l’époque dans Le Grand Journal : « Alors, je ne savais pas qu’on suçait les potes ! » Désormais inscrite dans les annales de la télévision française, cette séquence montre avant tout ce qu’est ce couple un brin atypique d’ailleurs on ne saura certainement jamais s’ils sont réellement ensembles, s’ils le sont un peu, s’ils l’étaient et qu’ils ne le sont plus, s’ils ne l’étaient plus et le sont de nouveau bref… A eux deux ils forment un duo imprévisible et détonnant que ce soit à la ville comme à l’écran.

Une histoire d’amour sur-mesure qui leur ressemble tellement qu’on se les imagine dans 20 ou 30 ans exactement comme leurs personnages. On connaissait les talents d’acteur de Nicolas Bedos mais alors ceux de Doria Tilliers sont incroyables. Des rires, aux larmes, à l’hystérie, à la joie, cette femme est le couteau-suisse du cinéma français et on est bien content de l’avoir parmi nous.

Monsieur & Madame Adelman ne ressemble à aucune autre histoire d’amour mais une chose est sûre, elle ressemble bel et bien à son réalisateur. C’est beau, c’est poétique, c’est un brin couillu et avec ce final surprenant, c’est surtout un beau message d’amour à la femme.

Ma note : ★★★★★

[CRITIQUE] L’Invitation : Avec plaisir !

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Léo et Raphaël sont amis depuis 20 ans. Quand Léo l’appelle à 3h du matin parce qu’il est en panne de voiture à une heure de Paris, Raphaël hésite et puis finalement poussé par sa compagne Hélène, il accepte finalement. Sauf que Léo n’est pas en panne, non. Il fait un « test de l’amitié »pour savoir qui viendrait ou non. En tout cas avec L’invitation, je viens sans hésiter !

Nicolas Bedos sous un nouveau jour

Tandem de choc composé de Michaël Cohen et Nicolas Bedos, autant amis à la scène qu’à la ville et ça se ressent. Entre éclats de rires, blagues graveleuses, l’un qui ne grandit pas et l’autre qui pense avoir grandit, le duo nous offre une vraie belle vision de l’amitié.

L’occasion aussi de redécouvrir Nicolas Bedos peut-être sous un nouveau jour. Tout en gardant ce petit côté arrogant qu’on aime et qu’on déteste à la fois, Michaël Cohen nous offre une autre vision du personnage, plus touchante, avec ses faiblesses mais toujours avec ce côté blagueur qui nous fait tous craquer (en tout cas moi tout du moins mais chut). Camille Chamoux aurait pu être un petit peu plus exploitée car elle tient un rôle formidable au côté de ces deux grands acteurs.

L’amitié dans toute sa splendeur, sans fioritures

Là où réside la force de ce film est certainement sa simplicité avec laquelle il arrive à nous emmener dans son monde, dans cette bande de potes qu’on rêve tous d’avoir. De ces réunions nocturnes au beau milieu de nulle part à trois heures du matin en train de boire une bonne bouteille de champagne. C’est frais, c’est léger sans être stupide, ça pourrait durer trois heures qu’on ne s’en rendrait même pas compte.

Avec ses petits airs de « bromance », L’Invitation est un peu unique dans son genre en France jouant toujours entre le comique et le mélancolique, il ne nous fait pas éclater de rire mais ne nous laisse pas nous morfondre. Michaël Cohen réussit à dépeindre une belle amitié, tout simplement et finalement c’est ce qu’on demande, rien de plus, rien de moins.

 

L’Invitation fait clairement parti des très belles surprises de ces fins d’années entre les comédies françaises et les blockbusters américains à foison et vous savez quoi ? Ca fait du bien et on ressort de là le sourire aux lèvres.

Ma note : ★★★★