Amsterdam : polar-miroir

David O.Russell, c’est un peu ce voisin sympathique, dont on aime écouter les histoires, mais qui ne nous évoque pas grand chose. Si l’on se souvient de ses films comme d’un bon moment, à l’écriture légère et agréable, on n’en retient rien, et regarder sur nos étagères les copies d’Happiness Therapy, Fighter ou encore Les rois du désert prendre la poussière nous fait remonter un sentiment d’esbroufe, la persuasion d’avoir observé un joli écrin empli de vide. Garant d’un artisanat « bien fait », O’Russell s’accompagne toujours d’un casting étoilé, bien vendu aux côtés de son image de réalisateur rare, dont chaque retour fait l’événement (Joy, le dernier en date, étant passé plus inaperçu). Avec sa promotion axée sur les mêmes artifices, Amsterdam nous promet du glamour, une enquête ambitieuse dans l’Amérique des années 30, qui nous remémore des frissons de Chinatown. Au final, on s’approche plus de Gangster squad.

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[CRITIQUE] Papillon : duo d’acteurs complémentaires et talentueux

Les films en milieu carcéral sont nombreux (Les Évadés, Bronson, Un Prophète, Midnight Express…) et sont devenus un excellent moyen de montrer à la fois la vie en prison, mais également ceux qui la peuplent. En 1973, Franklin J. Schaffner réalise Papillon en s’inspirant du bagneux Henri Charrière. Ce sont deux acteurs talentueux qui passent en 2018 après deux interprètes exceptionnels qu’étaient Dustin Hoffman et Steve McQueen. Ainsi, on retrouve le danois Michael Noer à la réalisation, aux côtés de ses stars Charlie Hunnam et Rami Malek.

(N’ayant pas vu le film de 1973, cette critique sera basée uniquement sur le nouveau.)

Il faut savoir avant tout que Papillon n’est pas à proprement parler un film inspiré d’une histoire vraie. On sait qu’il est adapté de son autobiographie, mais elle est en vérité une biographie romancée. Cela n’empêche pas le film d’être satisfaisant et de raconter une histoire qui nous prend aux tripes, dans un décor carcéral qu’on ne voit pas dans les films habituels puisque nous nous situons en Guyane, on retrouve alors quelques panoramiques sur les lieux (on retient notamment l’arrivée sur l’île du Diable).

Si le film tisse un lien fort avec l’injustice à l’emprisonnement, Papillon ne demeure pas dans un pathos facile. Il montre la réalité (la violence, la corruption…) mais se permet surtout de mettre en avant une amitié qui humanise avant tout les hommes dominés par la monstruosité. Comment parler du film sans évoquer Charlie Hunnam et Rami Malek ? En passant de Sons of Anarchy à la confirmation cinématographique du dernier film de James Gray (The Lost City of Z), Charlie Hunnam joue de son charisme et des gestuelles où il évolue aux côtés d’un Rami Malek flamboyant. C’est ce duo complémentaire qui rend le film, déjà intense, passionnant à découvrir.

Adaptation pas forcément nécessaire mais réussie grâce au duo d’acteurs plongés dans un décor carcéral méconnu dû aux colonies françaises.

Papillon de Michael Noer. Avec Charline Hunnam, Rami Malek… 1h57
Sortie le 15 août